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mardi 11 février 2014
par  Fleuriel Sébastien
popularité : 64%

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Balas Stéphane | Atelier 4, Session C

Le référentiel, un instrument pour manoeuvrer les marges ?
Le travail effectif, celui qu’assument des professionnels des secteurs public ou privé, dans l’industrie, l’artisanat ou les services est marqué par une tentative de rationalisation inscrite dans une logique de new public management (Demailly, 2008) ou encore de Lean manufacturing (Ughetto, 2012).
Parmi les « avatars » de cette normativité dans le travail, justifiée par une recherche de productivité et d’efficience, on peut observer la multiplication des référentiels (d’activités, de tâches, de qualité) qui cherchent à formaliser et à prescrire l’activité des opérateurs. Cependant, cette tentative n’est pas dénuée d’ambiguïtés parmi lesquelles on peut citer la nature exacte de ces référentiels : « sont-ils des artefacts conçus et mis en place pour orienter, cadrer et étayer le travail » (Mayen, 2009) et ainsi permettre aux acteurs de développer leurs activités ? Sont-ils des outils descriptifs du métier (Balas, 2011) ou encore des instruments d’évaluation en situation professionnelle (Tourmen, 2012) ?
La production de ces référentiels est-elle pensée dans une logique de développement du réel de l’activité (Clot, 2008) des professionnels qui sont connus dès la conception ou, au contraire, comme des « dispositifs qui ne s’intéressent pas à ceux qui auront à se débrouiller des produits de leur conception » (Mayen, 2009, op. cit.) ?


Ibáñez Marta, Ballesteros Esmeralda, Belén Fernández Ana Casado, del Mar Maira Vidal María, Narocki Claudia | Atelier 9, Session A

Des femmes dans des mondes d’hommes. Comment surmonter les frontières de la ségrégation sexuelle dans six domaines professionnels, en Espagne ?
La division sexuée du travail, pierre angulaire de la société patriarcale, persiste dans le travail salarié. Après plus de 30 ans de politiques actives pour l’égalité dans l’emploi, la ségrégation sexuelle est toujours présente dans la plupart des métiers et c’est l’un des facteurs qui expliquent le mieux les écarts de salaire entre les hommes et les femmes.

Le groupe de recherche « Des femmes dans des mondes d’hommes » vise à comprendre les parcours professionnels de femmes dans des emplois traditionnellement occupés par les hommes car, grâce à leurs histoires de vie, nous pouvons analyser les facteurs ou acteurs sociaux qui s’avèrent positifs ou négatifs dans ces processus. Concrètement, nous présentons les premiers résultats d’une recherche financée par le Plan National espagnol d’I+D+i (MICINN-12-FEM2011-25228) où sont explorés les parcours professionnels de femmes dans cinq professions très masculinisées : peinture en bâtiment, réparation d’automobiles, réparation d’ordinateurs (hardware), policiers et gardiens de sécurité, pilotes d’avions et conducteurs de trains. Les entretiens détaillés de ces femmes sont accompagnés du point de vue des chefs d’entreprises et des salariés masculins, dans le but de comprendre les processus de changement du patriarcat et, plus spécialement, d’identifier les facteurs qui contribuent à la réussite de cet objectif.

À cette étape de la recherche en cours, nous avons déjà élaboré des parcours professionnels typiques (Idéal-type de Weber) des femmes exerçant ces métiers très masculinisés. Dans ces parcours, les normes de formation et l’accès à l’emploi ont eu une grand importance, différente selon la structure d’entreprise de chaque profession (c’est le cas des femmes pilotes d’avion, employées majoritairement par Iberia, ou des conductrices de trains qui travaillent toutes dans la compagnie de chemins de fer nationale). Au-delà de l’importance considérable des contextes institutionnels, le profil humain de l’emploi est aussi un facteur très explicatif, c’est-à-dire le type de collègues, de chefs et de clients dans chaque activité ; de même que l’ensemble des comportements face au travail et l’attitude visant la conciliation du travail et de la vie personnelle chez ces femmes.


Balzani Bernard, Creusat Eric, Garcia-Bardidia Renaud | Atelier 2, Session C

Entre désir et déni de reconnaissance de la fonction de responsable de SIAE
Notre hypothèse est que le désir de reconnaissance se comprend comme une manifestation des tensions identitaires vécues au sein du groupe dans sa relation à Autrui, engendrées par les reconfigurations des politiques publiques, traduisant un changement paradigmatique de la « société » et de « l’individu ». De même, il exprime l’impossible transgression des cadres culturels et psychosociaux construisant l’identité héritée du « travailleur social », par ces professionnels. L’analyse des discours vise à caractériser les processus sociaux permettant d’expliquer la situation des individus, les caractéristiques structurelles de ces situations et les logiques d’action ou encore identifier les déterminants sociétaux à l’œuvre dans les pratiques individuelles des permanents des SIAE. Etre reconnu comme responsable d’une SIAE n’est pas réductible à la maîtrise de gestes et comportements professionnels liée à l’activité de permanent (responsable ou pas) mais renvoie pareillement à une accréditation d’une qualité normative délivrée par Autrui et à une exigence de justice. Toutefois, cette explication n’épuise pas la question. En effet, ce désir de reconnaissance vise à acquérir un statut social permettant une participation jugée « juste » à la vie sociale. Cette recherche permet de vérifier sur le terrain qu’il est essentiellement une attente d’un acte de confirmation intersubjective par Autrui, des capacités et qualités « morales » que se prêtent les individus ou groupes.
Elle a permis aussi de saisir le sens du déni en en analysant les processus de formation : avec les pouvoirs publics et partenaires locaux, le mépris comme évitement de toutes formes et source de conflictualité interdisant la possibilité d’une lutte pour la reconnaissance, l’ignorance « politique » de l’activité enfin ; la structuration des modalités de concertation et le jeu des réseaux d’élus locaux excluant les professionnels de l’IAE (logiques de clôture) ; et, au sein même du groupe « responsables de SIAE », la dépendance au sentier expliquant le maintien de formes opératoires au détriment de nouvelles plus efficientes et l’absence d’une communauté du fait de l’émiettement du champ entre réseaux non coopératifs et de l’insuffisante construction du « Métier de l’IAE », véritable professionnalisation du secteur. Ces facteurs s’interpénètrent en un enchevêtrement de causes et d’effets. En conclusion, pourra être explorée les pistes pour la reconnaissance.
La communication s’appuie sur une étude qualitative conduite sur un territoire, le département des Vosges, auprès de responsables de SIAE. Elle a pour objectif d’appréhender la nature et les processus de construction du problème.


Barbier Pascal, Seiller Pauline | Atelier 9, Session B

Le salariat intégré exclu de la promotion interne
Cette communication propose d’étudier les conséquences de l’absence de perspectives dans les carrières, au sein du salariat intégré. A partir d’une enquête qualitative sur le rapport à la carrière des jeunes ouvriers et employés de grandes entreprises du secteur privé, nous nous intéresserons à deux aspects. D’une part, nous analyserons les stratégies mises en oeuvre par ces salariés pour faire face à une « carrière contrariée » : remise au coeur de dimensions du travail jusqu’ici considérées comme périphériques (dimension esthétique du travail, ambiance et sociabilité, etc.), valorisation de la relation de service, mobilités horizontales, abandon du statut pour une situation professionnelle moins stable, etc. D’autre part, nous montrerons que ces stratégies doivent être reliées aux trajectoires sociales, scolaires, et professionnelles des jeunes salariés. Par exemple, pour les salariés du commerce, diplômés de l’enseignement supérieur, la fréquentation d’une clientèle étrangère ou la construction d’une expertise sur la marchandise vendue apparaissent comme de « petits » arrangements avec le travail lorsque les perspectives de promotion interne sont restreintes. Cette catégorie de travailleurs (jeunes, dans de grandes entreprises, en CDI) incarne le « salariat stable » et met en exergue l’attractivité toujours effective du « coeur ». Mais, dans le même temps, l’examen de leurs trajectoires et de leurs rapports au travail révèle aussi, chez ces jeunes ouvriers et employés, un sentiment de fragilisation et des déceptions qui donnent lieu à de nécessaires arrangements compensatoires.


Barbier Pascal, Fusulier Bernard | Atelier 1, Session D

Parentalité et rapport au travail. Quelques éléments à partir d’une enquête auprès de jeunes chercheurs en Belgique
L’arrivée d’un enfant produit des effets opposés sur les carrières des hommes et des
femmes. Tendanciellement, la naissance d’un enfant altère le statut d’emploi des femmes (diminution du temps de travail, sortie de l’activité) tout en augmentant leur charge déjà importante de travail domestique (Garner, Méda et Senik, 2005). A l’inverse, ce même évènement favorise les hommes du point de vue du salaire et de la carrière (Singly, 1984 ; Gadéa, Marry, 2000), sans véritablement bouleverser leur investissement en termes de temps de travail domestique. Fondés sur des recherches quantitatives, ces résultats sont désormais connus et participent à la fois au débat sociologique et à l’élaboration des politiques publiques. Toutefois, ils étudient la relation entre parentalité et activité professionnelle sous le seul registre de l’emploi et de la division inégalitaire des tâches domestiques. La relation entre la parentalité et le rapport au travail est en revanche resté dans un angle mort. Or, on sait que ces deux rapports (au travail et à l’emploi) s’imbriquent pour produire un certain type d’intégration sociale (Paugam, 2000). Notre propos est d’explorer cette
interférence famille/travail à partir d’une enquête par entretiens (30 individus rencontrés tous les ans pendant trois ans) auprès de jeunes chercheurs en cours d’insertion dans la carrière scientifique en Belgique. Chez ces chercheurs engagés dans une activité professionnelle « gourmande » en temps et en énergie à un moment de leur existence (29-39 ans) où ils élaborent des projets familiaux, ce lien
apparaît de deux manières. En effet, chez eux, la parentalité affecte, d’une part, le degré et les modalités d’investissement dans le travail. Elle les conduit à intensifier et/ou rationaliser leurs temps passés au travail, à séparer de manière étanche temps travaillés et temps « libres » ou au contraire à perturber durablement leur engagement au travail en fabriquant un tiraillement très fort entre nécessité de produire et nécessité de reproduire. La parentalité affecte, d’autre part, leur expérience
subjective du travail : elle peut les conduire à relativiser les échecs, à mettre à distance les difficultés ou au contraire à dramatiser les enjeux de réussite. Et cela n’est pas sans conséquence dans un milieu hautement compétitif où l’appréciation de sa propre performance est centrale et source de difficultés. Il est évident que la question du genre ne peut-être omise, même si elle n’est pas ici la première posée.
En somme, à travers cette communication nous montrerons, d’une part, que la parentalité n’exerce pas seulement des effets sur l’emploi des individus (temps de travail, salaire, carrière) : elle exerce aussi des effets sur le rapport au travail. Et, d’autre part, que l’arrivée d’un enfant et l’engagement dans une vie de famille n’est pas seulement la source de conflits et de difficultés (jeu à somme nulle
voire négative). Elle peut aussi, en certaines circonstances, être la source d’un enrichissement de la sphère privée et de la sphère professionnelle dans un jeu à somme positive.


Barnier Louis-Marie | Atelier 2, Session D

Sûreté aéroportuaire : logique de reconnaissance dans une position subalterne
L’aérogare est un espace sous contrôle. L’observation spatiale est le premier de ces moyens de contrôle. L’aérogare transparente permet le contrôle visuel de chacun à tout moment, tel le palimpseste de Foucault. Salariés comme passagers y sont soumis en permanence. C’est aussi le contrôle technologique, grâce à la transformation du passager en identité numérique, carte d’embarquement informatisée, borne automatique d’enregistrement ou dépose automatique de
bagage. Mais un élément résiste encore à ce contrôle : le corps du passager. C’est le rôle de l’agent aéroportuaire de contrôler ce corps. La technologie ne peut pas tout... et la fouille corporelle s’impose. La palpation amène à pénétrer l’espace corporel de l’autre, à se confronter à son odeur, son stress. Pourtant, loin d’un contact qui s’inscrirait dans le care, l’agent de sûreté agit ici dans le cadre
d’une activité de police. La posture de l’agent de sûreté, à genoux devant le passager à tâter ses jambes, évoque la différence de classe entre un passager aérien et des employés de service. S’y mêle une relation moins déterminée de domination entre des passagers majoritairement européens (mais pas seulement) et des salariés le plus souvent issus de l’immigration. Mais le piédestal où monterait le passager pour
éviter au salarié de se baisser a été pour l’instant écarté par les autorités aéroportuaires... Ces salariés ignorés et souvent méprisés ont pourtant fait valoir récemment leur statut de salarié à part entière par un conflit social d’ampleur, sortant ainsi de la marginalité leur groupe professionnel. Cette communication s’appuiera sur une série d’entretiens réalisés avec les personnels de la sûreté aéroportuaire de Roissy.


Barisi Giusto | Atelier 2, Session D

La création de « marges » du travail n’est pas toujours favorable aux travailleurs

Les « marges » peuvent être considérées des « espaces de régulation » attribuées à une organisation pour assurer son fonctionnement face aux aléas qui se présentent. Elles peuvent aussi accompagner un projet de changement bien défini, pour faciliter l’adéquation des processus de travail au nouveau modèle. On sait, par ailleurs, qu’en général les marges d’autonomie laissées aux salariés augmentent la qualité de leur travail et la défense de leur santé.
Mais les « marges » sont parfois introduites par un employeur pour dégrader le système en place, avec l’objectif d’en créer un nouveau ou d’augmenter les performances d’une façon illicite. Si un nouveau projet rencontre des résistances des parties prenantes ou est incompatible avec les normes ou les habitudes de la communauté, le changement est introduit d’une façon sournoise, par abandon des procédures ou des feed-back. On voit alors apparaitre des dysfonctionnements, des pertes qui pourront être mis en exergue pour justifier des changements d’envergure. Dans d’autres cas, les marges auront permis l’adoption de pratiques « déviantes » dans une situation définie exceptionnelle, et qu’il sera plus facile de consolider ensuite. Souvent, ces pratiques doivent rester invisibles, parce que illicites ou nuisibles à la santé des salariés ou à l’image de l’entreprise.
Dans la communication, nous allons présenter plusieurs cas d’entreprises où les employeurs ont adopté ce type de stratégie, que nous avons rencontrés à l’occasion d’enquêtes de terrain : le détournement de normes ISO, une réorganisation vers un système plus taylorisé, l’installation d’ateliers clandestins de travailleurs chinois.


Bauvet Sébastien | Atelier 2, Session D

Reconnaissance formelle et invisibilité sociale des travailleurs de la sécurité privée
Les problématiques sécuritaires, qui tiennent une position centrale dans l’espace public depuis une trentaine d’années, ont produit durant la même période un groupe professionnel qui occupe une position marginale dans l’espace social, et dont les membres demeurent stigmatisés. Au-delà du rappel de conditions de travail et d’emploi généralement difficiles, les entretiens avec les travailleurs de la sécurité privée révèlent un sentiment d’absence de reconnaissance, lié à la méconnaissance du travail (pénibilité, isolement, responsabilités, etc.). Ce système de stéréotypes croise naturalisation des catégories d’occupation des emplois (masculine, étrangère/immigrée, reposant sur un capital physique important) et disqualification du travail, éventuellement par la comparaison, juridique et pratique, avec d’autres corps de métiers (policiers, pompiers). Cette dévalorisation est d’autant plus cruelle qu’un système de stéréotypes grève les représentations d’un métier qui, s’il est majoritairement choisi « par défaut », n’est plus censé avoir le statut de « job d’appoint » au regard de l’important travail de légitimation effectué par les porte-parole du secteur d’activités depuis les années 2000. Alors que le nombre et la visibilité des travailleurs de la sécurité privée n’ont cessé d’augmenter depuis le début des années 1980, tout se passe comme si la structuration du corps professionnel avait pour ambition d’opérer une disjonction radicale entre les postes de travail et leurs occupants. Il s’agit alors de comprendre dans quelle mesure les caractéristiques sociales des travailleurs de la sécurité privée sont partie prenante de la gestion de la main d’œuvre du point de vue du travail et de l’emploi, et pourquoi l’importance et la sensibilité des fonctions (affichées ou réelles) n’empêche aucunement l’invisibilité et la précarité dans cet univers professionnel.


Beaumont Amélie | Atelier 1, Session C

La guerre des pourboires : pratiques informelles et implication au travail
Pratique très peu codifiée par la loi, la rémunération directe des employés des services par la clientèle constitue un enjeu crucial pour les salariés, et ce d’autant plus dans les lieux où ses montants sont élevés. Une ethnographie menée pendant 5 mois dans un hôtel de luxe du 8e arrondissement de Paris m’a permis d’analyser la circulation des pourboires au sein du service où j’ai été embauchée (la loge, qui comprend les concierges, les voituriers, les bagagistes et les chasseurs-grooms). J’ai rapidement constaté (et éprouvé) le rôle central de cette forme de rémunération dans le rapport au travail de ces employés, que ce soit dans les discussions entre collègues ou au travers de l’arsenal des tactiques déployées pour en obtenir. Il va s’agir dans cette communication de démontrer que l’investissement dans l’obtention de pourboires permet de maintenir un intérêt au travail toujours intense en dépit des années et de la difficulté de la posture subalterne de service occupée par les employés. En d’autres termes, j’analyserai comment une pratique informelle peut être au cœur de l’implication au travail des employés.
La mise au jour des différentes stratégies d’obtention des pourboires (Davis 1959) permet d’accéder aux ressorts plus profonds des conflits au sein du groupe des employés de la loge. Chaque profession, voire chaque employé, joue pour maximiser ses gains contre les autres dans un contexte de raréfaction de l’argent distribué par les clients. Ainsi, les logiques propres des employés contreviennent parfois aux objectifs affichés par la direction : les classements que les employés font des clients en fonction de leur « générosité » commandent une hiérarchie des tâches en opposition avec l’injonction à servir tous les clients également. Mais symétriquement, cette guerre des pourboires, qui « autonomise » les employés de leur employeur, s’avère aussi un moyen puissant pour la direction de maintenir une tension et une disponibilité constantes sans avoir à les ordonner.


Belkacem Rachid, Kornig Cathel, Michon François | Atelier 10, Session B

Freins et enjeux de la syndicalisation des intérimaires
L’intérim est une forme d’emploi et un secteur d’activité emblématiques des transformations actuelles des organisations productives. La syndicalisation des intérimaires est en ce sens une question clé. On s’appuie ici sur une enquête exploratoire auprès de responsables syndicaux.
La durée moyenne d’une mission d’intérim est très courte, les changements de lieu de travail très fréquents. Cela ne favorise ni une quelconque mobilisation des intérimaires ni la visibilité-même des syndicats aux yeux de ces personnels. Se syndiquer, se lancer dans une activité revendicative comportent des risques importants. Particulièrement pour les intérimaires : la sanction peut être immédiate (ne plus avoir de missions).
Les pratiques syndicales elles-mêmes doivent être interrogées. 1° Les revendications, sans doute trop centrées sur la défense des salariés permanents, gardent un flou certain sur les objectifs mêmes des luttes (défendre les droits des intérimaires et des précaires et/ou défendre l’emploi - sous entendu permanent) et sur les modes d’action capables de mobiliser les intérimaires et plus généralement les précaires. 2° L’organisation des syndicats (largement centrée en France sur le secteur d’activité ou les grands groupes professionnels) paraît peu adaptée à la position des intérimaires entre leur(s) agence(s) d’intérim et leur(s) entreprise(s) utilisatrice(s). 3° L’intérim ne relève pas des mêmes règles que les autres salariés, permanents ou temporaires. Cela exige des syndicalistes des compétences juridiques spécifiques. Les représentants syndicaux expriment clairement le besoin d’une formation plus adaptée à ce droit du travail complexe.
Quelques pistes d’action peuvent contribuer à débloquer ces limites. Outre ce besoin de formation, une organisation en réseau, plus territoriale, un meilleur appui sur les permanents des agences et les intérimaires dits « professionnels »…


Pigeron-Piroth Isabelle, Belkacem Rachid | Atelier 6, Session B

Développement et diversification du travail frontalier : le cas des intérimaires transfrontaliers
En Lorraine, près d’un actif sur dix a son emploi de l’autre côté des frontières (Belgique, Luxembourg ou Allemagne). Les territoires les plus proches des frontières sont les plus impactés, avec dans certains villages parfois trois salariés sur quatre qui sont occupés dans le pays voisin. Au sein de la Grande Région SaarLorLux (espace regroupant le Luxembourg, la Lorraine, la Sarre et la Rhénanie-Palatinat, ainsi que la Wallonie), la progression du nombre de travailleurs frontaliers s’est accompagnée d’une relative diversification des modes d’usage de cette main-d’œuvre (comme le travail intérimaire transfrontalier, ou encore les mini-jobs en Allemagne …). Cette communication commencera par analyser les principales dimensions socioéconomiques du travail frontalier lorrain pour s’interroger ensuite sur l’émergence de formes singulières (ou à la marge) de mobilisation de main-d’œuvre par les entreprises localisées de l’autre côté des frontières. Nous insisterons sur les travailleurs frontaliers occupés au Luxembourg, un pays d’emploi pour lequel nous disposons de données quantitatives et qualitatives actualisées, et plus particulièrement sur le travail intérimaire des salariés résidant en Lorraine et inscrits dans une agence d’intérim au Luxembourg. En raison du caractère triangulaire de cette relation d’emploi et de l’apparition de la frontière entre les trois acteurs (agence d’intérim, travailleur et entreprise utilisatrice), le développement de cette forme d’activité n’est pas sans soulever des questions. Ainsi, les différences de cadres nationaux réglementaires de l’intérim produisent un certain nombre de points problématiques au sein du statut de ces travailleurs. Cette communication se penchera dans un dernier temps sur les implications du développement et de la diversification du travail frontalier en termes de mesure de ces formes de travail, mesure compléxifiée par la multiplicité des pays en jeu (et donc des cadres juridiques et définitions), et par l’hétérogénéité des cas de figures possibles.


Belmont Edgar, Gonzalez Maria, Carillo Marco | Atelier 8, Session B

Ajustements structurels, réponses locales : La réorganisation du secteur électrique au Mexique et la déstructuration du monde des électriciens
En octobre 2009, le gouvernement mexicain a fermé l´une des deux entreprises publiques d´énergie électrique : Luz y Fuerza del Centro, en licenciant un peu plus de 44 mille salariés. En invoquant avec insistance une comparaison des résultats financiers et les impératifs de la compétitivité, ainsi que les prérogatives des salariés et la qualité du service, le gouvernement avait employé un discours technique afin de neutraliser le débat sur les conditions de production du service et de négliger la résistance des salariés qui n´ont pas accepté l’indemnité de licenciement (actuellement, un peu plus de 16 mille personnes continuent « la résistance »). L´objectif de cette communication est de montrer les frontières créées par la réorganisation du secteur électrique et la déstructuration du monde des électriciens. Dans ce but, nous avons observé d´une part la multiplication des entreprises sous-traitantes qui interviennent dans les activités liées à la distribution d´énergie, et d´autre part la mise en jeu des repères avec la perte de l´emploi. Au-delà du sentiment d´injustice, le licenciement est vécu comme une rupture dans la trajectoire individuelle et collective qui place les individus dans des injonctions et des paradoxes contemporains. En ce sens, c´est bien dans ces frontières que vont se créer des conflits entre travailleurs en résistance et travailleurs sous-traités ; que le champ d´action du syndicat des électriciens (SME) et l´adhésion au collectif vont être mis à l´épreuve ; que le passage d´une ressource salariale vers une ressource de subsistance recompose les dynamiques familiales et que la rupture avec l´emploi stable et protégé et la reconversion productive forcée recomposent non seulement les trajectoires individuelles, mais aussi l´espace social dans des communautés comme Necaxa (Puebla), où la mémoire collective et l’avenir même de la communauté vont être remis en question avec la fermeture de l´entreprise.


Benedetto-Meyer Marie, Cihuelo Jérôme | Atelier 1, Session D

Petite histoire d’un réseau de sociologues en entreprise aux marges et à la marge de l’organisation : un révélateur des transformations de la place des SHS en entreprise.
La communication s’intéressera à un réseau de professionnels (sociologues en entreprise pour la plupart), occupant des fonctions variées (chercheurs R&D, pilotage d’études et de recherches externes, animation scientifique, conseil interne), placés à la marge et intervenant aux marges de leur propre organisation. En effet, ils se situent à la marge de leur entité d’appartenance (grandes entreprises et institutions) au regard du caractère hybride de l’activité exercée, de la posture critique adoptée (objectivation et prise de distance) et de la formation en SHS suivie (master, doctorat). Dans le même temps, ils se situent à la marge de la sociologie pratique (consultance et intervention sociologique) de par les conditions organisationnelles (conditions d’emploi et de travail favorables) et professionnelles (administration et conduite de recherches) d’exercice.
L’analyse des formes d’activité de ces professionnels et du réseau auquel ils appartiennent nous amènera à considérer les marges dans un double sens. D’une part, la marge peut se comprendre dans les termes de l’intermédiation (Jamous, 1969 ; Gremion, 1976 ; Crozier et Friedberg, 1977 ; Burt, 1995) au sens de mise en relation et d’ajustement de mondes sociaux différents. Les professionnels occupent ici la position de l’intermédiaire valorisée dans sa capacité de traduction de demandes et d’attentes d’univers éloignés. D’autre part, la marge renvoie aux notions d’extériorité et de décalage (Becker, 1985 ; Alter, 1993). Elle traduit l’action de professionnels cherchant à introduire des conceptions et des pratiques professionnelles aux limites des valeurs et des conventions légitimées. Elle restitue le caractère incertain et précaire de la légitimité de ces professionnels. Or, cette position « à la marge » prend des formes différentes, fluctuantes en fonction des contextes économiques et organisationnels des entreprises, et des modes de mobilisation des SHS envisagés (du pôle de recherche interne au conseil de directions en passant par le financement de thèses Cifre).
Nous proposons ici d’apporter une réflexion sur la manière dont ce réseau professionnel regroupant différentes figures du sociologue en entreprise évolue depuis les années 1980. Il ne s’agira pas, dans la suite de nombreux travaux (Jobert et Sainsaulieu, 1992 ; Meynaud, 1996 ; Piriou, 1999 et 2006, Uhalde, 2001 ; Fossellier et Gardella, 2009 et 2010), de s’intéresser à l’action de sociologues praticiens au sein d’organisations, mais d’appréhender ce réseau comme un révélateur de l’évolution des usages des SHS dans les entreprises. A travers le récit des circulations (entrée / sortie de représentants, remplacement / élargissement des institutions contributrices), des mouvements (disparition, réorientation ou redéfinition des structures utilisatrices des SHS en organisation) et des formes d’action (séminaires, coordination d’ouvrages, collaborations…) de ce réseau, nous montrerons également comment ce dernier constitue un acteur et un espace (de partage et de mise en visibilité) collectifs participant d’un travail de reconfiguration (partielle) des positions, plus ou moins instables, de ses membres.


Klein Nicolas, Benedetto-Meyer Marie | Atelier 4, Session C

Quand mettre le client au centre, c’est mettre la relation client à la marge. Paradoxe des indicateurs de satisfaction client.
Nombre d’entreprises se présentent aujourd’hui comme étant « orientées » ou « centrées client », signifiant par là que leur organisation serait pensée pour répondre aux attentes et demandes du marché. De nombreux travaux en sociologie de la relation de service ont montré comment cette « orientation client » se fonde sur des dispositifs normatifs qui formalisent les activités en contact avec la clientèle (Weller 2012, Ughetto 2006). Ces évolutions ont eu pour effets notamment de favoriser l’emprise du marketing sur les directions commerciales ou techniques, en érigeant une « figure du client » modélisée, idéalisée, qui occulte la singularité des clients « réels », ainsi que les formes d’interactions avec des professionnels de la relation de service (Neuville, 1995 ; Tiffon, 2013 ; Benedetto-Meyer, 2012).
Nous proposons ici, dans le prolongement de ces travaux, de nous intéresser à l’apparition récente de nouveaux indicateurs de satisfaction client (le Net Promoter Score ou NPS) dans une grande entreprise de service. Au travers d’une série d’entretiens réalisés auprès des concepteurs de ces indicateurs, de leurs promoteurs dans différentes entités, et de conseillers clients (évalués et rémunérés aujourd’hui à l’aune de ces nouveaux indicateurs), nous montrerons, dans une perspective classique en sociologie de la gestion (Maugeri, 2006), la manière dont ces outils, loin de servir à comprendre les ressorts de la satisfaction de la clientèle, servent davantage à s’assurer du respect de différentes étapes de la relation entre les clients et l’entreprise, prévues dans les procédures (nommées « parcours client »). Or, assimiler la satisfaction des clients à l’efficacité du traitement organisationnel de leur demande revient à occulter certaines pratiques réelles du personnel commercial, qui sont du registre de l’informalité.
On montrera alors comment l’évolution des dispositifs gestionnaires fait également évoluer les frontières entre centre et marge. En effet, l’intégration des indicateurs de satisfaction client dans l’évaluation et la rémunération des conseillers clients pourrait signifier que la satisfaction est au centre des préoccupations managériales. L’étude montre sur ce point, à l’inverse, que ces dispositifs contribuent à occulter, nier certains pans de l’activité du salarié, qui sont difficilement formalisables, mais visent pourtant, eux aussi la satisfaction des clients.


Bennour Lotfi | Atelier 5, Session C

Chômage, auto-emploi et secteur informel en Tunisie
L’un des objectifs majeurs de la révolution tunisienne en 2011 fut la lutte contre le chômage au point qu’on a tendance à assimiler le printemps tunisien aux initiatives d’insertion professionnelle pour les chômeurs les plus marginalisés.
Toutefois, l’insertion professionnelle ne constitue qu’un volet parmi tant d’autres.
Depuis janvier 2011, les nouveaux dirigeants en Tunisie ont voulu accorder de l’importance à l’économie sociale et solidaire pour lutter contre le chômage. Or, les rapports entre l’économie sociale et la problématique de l’emploi se sont avérés multiples et complexes.
L’Etat en Tunisie demeure un employeur important, souvent au détriment des besoins de l’administration et de la pérennité économique. Après la révolution du printemps tunisien, pour baisser le taux de chômage, l’Etat a fait des recrutements à objectifs sociaux et non pas économiques. Un travailleur sur trois est désormais de trop dans le secteur public soit 33% de l’emploi total de ce secteur.
De leurs côtés, pour lutter contre le chômage, les associations, les mutuelles, les coopératives et les fondations ont tenté de créer certaines formes d’emploi et financer des micro-projets par le biais de la finance solidaire ou l’octroi de micro crédits aux personnes défavorisées exclues du système bancaire classique.
Après la révolution, l’emploi informel en Tunisie a dépassé les 60% de l’emploi total.
Dans cette conjoncture transitoire de la Tunisie post révolution, on pourra se demander ce que révèlent les dynamiques de valorisation ou de dévalorisation de certains groupes ou métiers autrefois marginaux comme le travail de la famille et de la parenté, le travail domestique, de subsistance, associatif, politique, bénévole, d’autoformation, les marchands ambulants, l’artisanat ou le travail de proximité ou centraux comme les employés de l’administration.
Désormais, le secteur informel anarchique a envahi le pays et s’est développé au détriment du secteur formel et les frontières entre eux sont devenues complexes.
D’où la question à laquelle il est difficile de répondre : Comment appréhender les nouvelles régulations socio-économiques qui émergent de cette tension ?


Bernard Sophie, Bessière Céline| Atelier 7, Session C

Les trajectoires de franchisés du commerce : Premières pistes de recherche
Les réseaux de franchises connaissent en Europe et dans le monde une progression régulière depuis le début des années 1970, la France se positionnant au premier rang européen. La franchise permet théoriquement aux franchisés de créer leur entreprise tout en limitant la prise de risque grâce à la notoriété et à l’image de marque de l’enseigne du franchiseur. C’est un accord par lequel une entreprise – le franchiseur – accorde à une autre entreprise – le franchisé – le droit de commercialiser des types de produits et/ou services, en échange d’une compensation financière directe ou indirecte. Il repose sur une collaboration étroite et continue entre franchiseur et franchisé qui se révèle cependant source d’ambiguïté. Aussi, les franchisés peuvent se voir imposer nombre d’exigences et de façons de faire qui compromettent leur liberté de choix et leur autonomie. Ces travailleurs « hybrides » se trouvent donc dans une situation ambivalente puisque, d’un côté, ils ont un statut d’indépendant mais, d’un autre côté, ils s’inscrivent dans un rapport de dépendance avec le franchiseur. En ce sens, on peut considérer qu’ils s’inscrivent dans les marges du travail et de l’emploi : ni salariés, ni réellement indépendants. Le contrat de franchise présente ainsi quelques proximités avec le contrat de travail, tant et si bien qu’il fait parfois l’objet d’une requalification en contrat de travail aux Prud’hommes.
Comment devient-on franchisé ? Les franchisés ont-ils un profil spécifique de créateurs d’entreprise ? Pourquoi optent-ils pour ce statut ? La franchise offre-t-elle des opportunités que n’offre plus le salariat ? Est-ce un vecteur d’ascension sociale ? Ou n’est-ce qu’un leurre menant à la précarité ? Comment distinguer dans la relation entre franchiseurs et franchisés ce qui relève de la collaboration ou de la subordination ? Comment se manifestent des formes de dépendance des franchisés à l’égard des franchiseurs ? Comment y résistent-ils et quels sont leurs marges de manœuvre ? Qu’est-ce qui distingue et/ou rapproche les franchisés des salariés ? Inversement, qu’est ce qui distingue et/ou rapproche les franchisés d’entrepreneurs comme les autres ? Comment perçoivent-ils leur statut ?
Pour répondre à ces questionnements, nous nous appuierons sur les résultats d’une enquête réalisée auprès de franchisés inscrits dans des réseaux de la grande distribution.


Béroud Sophie, Denis Jean-Michel | Atelier 10, Session B

Dynamique et contradictions des Solidaires locaux : quand organiser les précaires change la structure syndicale
En tant qu’union syndicale interprofessionnelle, Solidaires a aujourd’hui consolidé son implantation au niveau local, à l’échelle locale ou départementale. Les Solidaires locaux ne visent pas seulement à rassembler les différentes structures membres de l’organisation, mais aussi à promouvoir de nouvelles implantations syndicales, notamment dans le secteur privé. La réforme de la représentativité, via la loi du 20 août 2008, a d’ailleurs facilité en partie cette stratégie d’implantation, rendant plus facile la désignation de représentants de section syndicale (même si l’apparition de syndicats SUD continue à susciter de fortes répressions patronales). Ce développement s’accompagne de la volonté de renouveler les pratiques syndicales, en renforçant les formes de participation des salariés, et de mener un travail d’organisation dans des secteurs fortement précarisés. Les Solidaires locaux sont ainsi des outils importants pour la création de nouvelles sections SUD dans le secteur du commerce et dans celui des services, en particulier dans des entreprises franchisées. Mais cette stratégie volontariste se heurte à des obstacles importants, dont l’insuffisance des moyens militants, la part prépondérante prise par le conseil juridique et le suivi des dossiers individuels. En nous appuyant sur une enquête en cours dans un Solidaires départemental (dans le cadre d’une étude plus large menée depuis 2008 sur l’évolution de Solidaires), nous essayerons de restituer à la fois la dynamique de cette stratégie d’implantation qui déplace l’action syndicale vers ce qui représente encore ses « marges » et les contradictions dont elle est porteuse. En effet, les actions menées pour organiser les salariés précaires, leur donner plus de pouvoir, conduisent ce Solidaires local à se structurer davantage et à mettre en place des postes de permanents susceptibles d’apporter au jour le jour l’aide nécessaire. Or, ce renforcement suscite des débats internes dans lesquels se confrontent la nécessité de dégager des moyens pour rendre l’action syndicale efficace dans les secteurs précarisés et le refus de donner trop de poids à l’organisation.


Berrebi-Hoffmann Isabelle, Bureau Marie-Christine, Lallement Michel | Atelier 5, Session B

La culture collaborative transforme-t-elle le travail
Il s’agit ici de se demander en quoi certaines formes émergentes d’activités bousculent aujourd’hui les catégories mobilisées habituellement pour penser le travail et les relations sociales qu’engagent les pratiques productives. On s’appuiera pour cela sur les enquêtes de terrain (en France et aux Etats-Unis) que nous menons dans des espaces d’action (hackerspaces, Fab Labs, markerspaces…) qui ont pour point commun de promouvoir une culture collaborative, de rompre avec le modèle hiérarchique vertical, de valoriser la liberté du faire… La communication interroge en particulier les dichotomies héritées de la société industrielle, telles que producteur/consommateur, employeur/salarié, responsable/subordonné… En mettant en évidence, sur une base empirique, la façon dont ces schèmes subissent un processus d’obsolescence accéléré, c’est aussi une réflexion sur l’invention de nouvelles normes de travail et d’organisation que nous souhaitons mettre en chantier.


Berrezaï Cécile, Moulévrier Pascale | Atelier 11, Session A

Quand servir l’intérêt général fait obstacle à la revendication salariale et à la structuration des relations professionnelles
L’adoption en 2012 de la réforme de la filière des sapeurs-pompiers professionnels (SPP) et l’application de la directive européenne d’aménagement du temps de travail induit des remaniements organisationnels des services départementaux d’incendie et de secours (SDIS). Les modifications des modes de gestion qui en résultent font l’objet de protestations au sein de la corporation des sapeurs-pompiers, opposant les SPP indignés aux administrateurs des SDIS. Les défiances envers la hiérarchie, les grèves et sabotages des pompiers insurgés sont corrélatives d’un sentiment de dévalorisation institutionnelle de leur excellence corporelle dans l’exercice de leur métier lié notamment aux possibilités de carrière limitées et menaces de substitution de SPP par des pompiers volontaires. L’adhésion à une éthique syndicale de défense d’un « service public de qualité » reconnue de la direction des SDIS constitue une moyen d’expression des revendications corporatistes susceptibles de légitimer des actes jugés inqualifiables car dérogeant aux principes d’exemplarité et d’abnégation du pompier au service du public. Mais si les SPP disposent en tant que fonctionnaire d’un droit aux mobilisations, celles ci sont en réalité refrénées par des pompiers et acteurs publics pour lesquels la défense du « service public » ne peut troubler « l’ordre public ». L’illégitimité des revendications des pompiers interrogent alors les transformations des services d’intérêt général, leur effet sur l’éthique des pompiers et plus encore le(s) sens accordé(s) à la pratique des secours aux blessés et aux plus démunis. Cette difficile mobilisation des professionnels des secours est ici considéré comme un observatoire privilégié des processus de (dé)légitimation des revendications salariales, dans les secteurs professionnels construits sur l’engagement des travailleurs et sur leur attachement à une cause. Le cas des sapeurs-pompiers permet ainsi au-delà de ses spécificités de questionner la réalité des relations professionnelles, de leur structuration et des formes inédites qu’elles peuvent prendre sur des espaces (des marges) où se côtoient professionnels et bénévoles-amateurs, où le service rendu, le service à rendre supplantent toute velléité d’objectivation des conflits. C’est en ce sens que l’étude des organisations de travail apparentées à l’économie sociale et solidaire (et notamment celle du mouvement des salariés d’Emmaüs en 2010) viendra alors compléter les analyses principales consacrées aux sapeurs-pompiers.


Berthonneau Charles | Atelier 10, Session B

S’engager dans les marges du mouvement syndical. Trajectoires et socialisations militantes à la CGT
Notre contribution se propose d’éclairer les dynamiques de redéploiement de la CGT au sein de nouveaux secteur économiques en expansion depuis les trente dernières année dans le tertiaire (commerce, grande distribution, restauration rapide etc), qui demeurent marginaux en termes d’activité syndicale alors même qu’ils emploient désormais la majorité des travailleurs précaires et non-qualifiés. La CGT est aujourd’hui traversé par une ligne de fracture entre d’un côté, les groupes centraux de son corps militant historiquement ancrés dans les services publics et le monde usinier de l’industrie et de l’autre, des bases syndicales qui émergent difficilement dans ces nouveaux territoires du syndicalisme où travaille une main d’œuvre plus jeune, féminine, immigrée (ou « d’origine immigrée »). Il s’agit dès lors de saisir de quelle manière les clivages au sein du monde du travail se reproduisent dans le champ militant et viennent questionner la capacité du mouvement syndical a pouvoir représenter et mobiliser des groupes sociaux traditionnellement invisibilisés, voire stigmatisés sur le terrain des luttes sociales (femmes, immigrés, enfants d’immigrés etc)

Nous nous appuierons pour cela sur l’enquête en cours menée dans le cadre de notre doctorat en sociologie qui s’articule autour de deux axes fondamentaux. D’une part, une étude biographique des trajectoires sociales des nouvelles générations de militants de ces secteurs de l’emploi non-qualifié et démunis de tradition syndicale nous permettra de comprendre les raisons et les modes d’adhésion à la CGT d’une main d’œuvre pourtant distante des formes de politisation dominantes au sein de l’organisation (largement marquées par l’héritage communiste). Notre travail consistera donc d’autres part à comprendre, par l’observation des sociabilités militantes au sein des structures locales du syndicat (unions locales principalement), le travail que mène la CGT pour encadrer et reformuler ces modes d’engagement selon un sens conforme aux attentes de l’organisation. Nous montrerons ainsi comment ces rapports entre des militants produits selon différents modes de génération et occupant de manière plus large des positions distinctes dans l’espace social, expriment à la fois des formes de solidarités originales que des rapports de domination entre différentes fractions de classes populaires au sein du champ militant.


Besse Isabelle | Atelier 10, Session C

La « modernisation » : victoire ou défaite ? Le cas d’une grève du zèle par un prestataire de service atypique
Je propose de communiquer sur le portait d’un travailleur pouvant être considéré comme « situé en marge des normes dominantes », d’abord parce qu’employé d’une société privée de prestation de service technique « Technix », il travaille chez un client employant majoritairement des fonctionnaires, surtout du fait de son rapport au conflit. Accordant le plus d’importance aux liens sociaux qu’il peut nouer au travail, il n’hésite pas à dire haut et fort son désaccord et à faire une grève du zèle afin de changer la situation de travail pour rester, à la différence de ses collègues qui préfèrent se taire ou partir quand ils ne sont pas d’accord. Atypique, il est le moins bien payé.
Je veux montrer ainsi en quoi les idéaux-types de socialisation wébériens permettent d’interpréter les changements sociaux à la marge : à l’heure où la « bataille identitaire » de la « modernisation » (l’individualisation des relations de travail) semble gagnée, n’est ce pas aussi celle de sa défaite ?
Pour Eric, ce qui compte le plus, c’est « l’humain ». A 30 ans, il a déjà vécu plusieurs expériences professionnelles. L’une d’entre elles l’a fortement marqué, celle de la fermeture de « La Généreuse » : les salariés en pleurs, un premier engagement syndical.
Quand il arrive à Technix, il ignore tout du travail, le chef crie sur tous, le turn over est élevé. Petit à petit, il apprend à résoudre les pannes, notamment en nouant des liens personnels avec les services du client. Surtout il comprend vite qu’il faut stabiliser le collectif de travail. Aujourd’hui, il sait qu’il peut compter sur ses collègues et vice-versa, le client est satisfait de ses services, il devient incontournable. Alors quand son chef lui reproche d’être « trop social », ça ne passe pas, il décide de respecter les procédures à la lettre. Au bout de 5 jours, le chef capitule, il obtient le droit de pouvoir « donner » parfois (c’est-à-dire ne pas facturer tout le temps le client) : sa victoire est symbolique et identitaire.


Bidart Claire, Kornig Cathel | Atelier 7, Session D

Normes, variations et bifurcations. Analyse de figures et de trajectoires de référence au long de parcours d’insertion professionnelle
Les parcours d’insertion professionnelle ne s’inscrivent pas forcément dans des trajectoires « probables » ou « prévisibles » au regard du diplôme ou de la hiérarchie des métiers. Certains s’en écartent par des cheminements « atypiques » ou « imprévisibles ». Les réorientations semblent s’être multipliées au cours des dernières décennies, sans doute en réponse aux difficultés croissantes des marchés du travail et de l’emploi, mais aussi au regard de la diversification des modes de vie.
Quitter un emploi stable, choisir un emploi moins qualifié que le précédent, changer de branche, autant de bifurcations qui réinterrogent les conditions sociétales qui balisent ces parcours, mais aussi les normes à l’œuvre dans les processus de décision. Une enquête qualitative longitudinale par panel qui suit une cohorte de jeunes sur 12 ans permet d’examiner « à la loupe » et dans une véritable diachronie les changements d’orientation, objectifs et subjectifs, que connaissent leurs parcours professionnels (ANR 09BLAN-0301-01 BIPAJE). Les décisions prises lors de ces moments-clés mobilisent des références normatives. Les projections individuelles ne se construisent pas de façon isolée, mais dans le cadre d’une société qui offre aux jeunes différents modèles de réussite professionnelle et sociale. L’analyse des entretiens de ce panel a ainsi permis de dégager des types-idéaux de « figures de référence » (l’image de soi en travailleur) et des « trajectoires de référence » (le chemin à emprunter pour y parvenir) qui se montrent récurrentes. La norme de l’emploi stable dans lequel le salarié gravit les échelons n’est pas la seule en œuvre, loin s’en faut. Les changements analysés sous cet angle des figures et trajectoires de référence montrent que les jeunes s’inscrivent dans des systèmes de normes multiples et parfois complexes. Celles-ci sont parfois concurrentes, ou encore successives, mais restent légitimées socialement et ne relèvent pas d’une irréductible singularité.


Bigossi Fabiela | Atelier 1, Session A

L’invisibilité des retraités dans le travail domestique
Cette comunication s’inscrit dans le cadre de ma thèse de doctorat qui a traité de la longévité dans les villes de Maués (Amazonie) et Veranópolis (Rio Grande do Sul). À travers le travail ethnographique, j’ai cherché à comprendre comment ces deux villes ont construit une « culture de la longévité » en attribuant une place importante à l’identité générationnelle qui est ainsi devenue le principal vecteur de promotion de ces municipalités.
L’émergence de nouvelles compositions familiales montre que, de plus en plus, les personnes âgées accueillent leurs enfants et petits-enfants à leur domicile et fréquemment elles occupent aussi la place de « chef de famille » - catégorie qui se réfère à la personne qui a le revenu le plus élevé dans le foyer. Dans ces petites villes où la génération intermédiaire part à la recherche d’emploi dans les grands centres urbains, les grands-parents deviennent importants dans la vie des petits-enfants et la solidarité intergénérationnelle se développe de différentes manières au sein de la famille.
Ces relations, lorsqu’elles sont appréhendées à travers le prisme de la solidarité entre les générations et le rôle des grands-parents transmetteurs de savoirs, invisibilisent le travail quotidien de ces grands-parents dans la prise en charge de leurs petits-enfants. Dans ce contexte, le travail n’est pas consideré et pas reconnu, couvert par les relations familialles et intergénérationnelles et la situant dans la marge de travailleurs assalariés, puis qu’il est exercé à l’intérieur des frontières de la famille.
Les personnes âgées qui voient leur rôle négligé dans le marché du travail, continuent de contribuer au développement économique, mais ils sont invisibilisés dans une logique économique qui réduit la valeur de l’individu par sa capacité à s’intégrer dans le marché du travail. Ainsi, les personnes âgées, qui souffrent de la stigmatisation de la retraite, sont également confrontés à la dévaluation du travail domestique, dissimulé derrière les relations familiales et la frontière ténue entre la transmission des savoirs, la solidarité et le travail.


Bisignano Mara | Atelier 10, Session B

L’enjeu des formes de résistance collective face au cloisonnement de l’emploi

Les mutations du contexte socio-économique se sont accompagnées d’une déstabilisation progressive des cadres traditionnels et institutionnels de régulation des systèmes d’emploi et des relations de travail auparavant structurés autour de ce qu’on appelle « la norme d’emploi typique » que les acteurs des relations professionnelles ont contribué à édifier. Face à ces incertitudes touchant à la fois l’organisation du travail (restructuration, délocalisation, etc.) et les conditions d’emploi (segmentation des profils et statuts d’emploi), les stratégies syndicales oscillent entre une logique de protection (pour les insiders) et de marginalisation souvent involontaire envers les travailleurs précarisés (les outsiders). Cependant, est-ce que pour autant les termes et les discours qui guident l’action syndicale ont été réellement modifiés face au cloisonnement des situations d’emploi dans l’organisation ? Dans quelle mesure les « contours des formes de résistance traditionnelles » finissent-elles par révéler les limites des revendications portées par les organisations syndicales ou inversement par montrer la capacité de renouvellement et de réaction de ces dernières face au risque d’éclatement des collectifs de travail ?
Cette communication se propose d’appréhender les enjeux liés à la conclusion d’accords portant sur une modulation de l’horaire de travail (enquête qualitative) dans quatre établissements en Italie. Si dans un premier temps, nous chercherons à montrer comment l’objectif de la sauvegarde de l’emploi constitue le leitmotiv de résistance syndicale face aux menaces pesant l’emploi, dans un deuxième temps nous nous proposons de questionner la capacité de renouvellement des répertoires d’action et de justifications mobilisés par les organisations syndicales envers les travailleurs situés aux marges et aux périphéries d’une relation d’emploi typique (intérimaires, CDD etc.).


Blanchard Hervé, Hosking Anne-Sophie | Atelier 1, Session A

Aider un proche âgé à domicile : un travail invisible et indicible
L’aide aux proches âgés par les membres de la famille occupe depuis plusieurs années une place importante dans la littérature, en particulier autour de la notion d’aidant familial (Blanc, 2010). Cette question se pose avec d’autant plus d’acuité que le vieillissement des populations et la faiblesse des dispositifs institutionnels rend, de fait, indispensable cette aide. Elle constitue le principal pilier du maintien à domicile.
De nombreux travaux ont cherché à appréhender l’aide apportée par les proches à l’aune des critères permettant d’évaluer le travail des professionnels : temps passé, nature des tâches (Drees, 2011), compétences développées (Etudes Pixel, 2001-2005). Ces critères ne saisissent qu’une part congrue de l’aide apportée, comme c’est le cas pour les professionnels (Linhart et Moutet, 2005), notamment ceux de l’aide et du soin. Pour autant, cette aide n’est pas appréhendée comme un véritable « travail » (Méda, 2010) – au sens d’activité rémunérée – et est donc plutôt assimilée à une activité, pour partie, domestique et d’ordre privé (Weber, 2013).
À partir d’une enquête quantitative menée sur le territoire des Pyrénées-Orientales, complétée par des éléments qualitatifs (entretiens, observation participante), nous proposons de caractériser le travail d’aidant à partir des critères usuels mais aussi en fonction de ce qui est exprimé ou tu. L’expression sur ce travail apparaît singulièrement différent, quant aux aspects visibles/invisibles, quantifiables/non quantifiables, dicibles/indicibles, en fonction de la nature du lien entre l’aidant et la personne aidée (conjoint, enfant, autre membre de la famille…). Ces résultats permettent d’interroger les référentiels caractérisant les métiers de la relation d’aide (Aballéa, 2012).


Perdoncin Anton, Blavier Pierre | Atelier 9, Session B

Les immigrés aux marges de l’emploi ? Formes d’insertion professionnelles des travailleurs immigrés en France, 1975-2008
Cette proposition s’inscrit dans l’axe IV de l’appel à communication (« Expériences et subjectivités dans les activités aux marges »). Son principal enjeu est de rendre compte des trajectoires professionnelles des migrants en France depuis 1975.
A partir du milieu des années 1970, une série de circulaires et de décrets modifie de manière fondamentale les conditions d’entrée et de séjour des travailleurs migrants (circulaire Marcellin-Fontanet en 1972, suspension « temporaire » de l’immigration de travail en 1974, …). Leur effet est double : précarité administrative d’une part, accentuation d’un processus d’installation des travailleurs migrants et de leurs familles d’autre part. Ce processus a lieu dans un contexte bien particulier sur le terrain de l’emploi, avec la progression du chômage de masse et la montée en puissance progressive de formes atypiques d’emploi, qui ont touché tout particulièrement les secteurs intensifs en main-d’œuvre immigrée. L’immigration, comme objet d’étude, manifeste ainsi sa « fonction-miroir » d’analyseur privilégié des transformations des conditions de travail et des frontières de l’emploi.
Pour aborder cette question des effets de ces mutations des années 1970 sur les trajectoires professionnelles des travailleurs immigrés, nous proposons une analyse du volet longitudinal de l’enquête Trajectoires et Origines (INED-INSEE, 2008), en suivant les trajectoires professionnelles d’immigrés arrivés en France entre 1970 (avant la rupture des circulaires de 1972) et 1984 (avant la création de la carte de résident de 10 ans décidée par le gouvernement Fabius).
L’analyse quantitative sera menée à partir d’une méthode d’appariement optimal (optimal matching) développée par Andrew Abbott, dans le but de repérer des régularités de formes de séquences et d’en inférer (par une classification automatique) des types de trajectoires professionnelles. L’enjeu sera alors de qualifier ces types, et de voir en quoi ils marquent la participation des travailleurs migrants aux formes marginales ou centrales d’emploi.


Boni-Le Goff Isabel | Atelier 2, Session D

L’invisible « sale boulot » du conseil en management
Le fait que les consultants en management participent activement à des actions régulières de « rationalisation » des structures capitalistes, et contribuent notamment à préparer et faciliter les décisions de licenciements et la mise en forme de plans sociaux, est bien documenté. Pour autant, à différents niveaux, cette contribution active et directe à une forme de « sale boulot » (Hughes) apparaît largement euphémisée et invisibilisée : par l’emploi d’une véritable technologie discursive, obscurcissant certaines finalités et certaines conséquences du travail de conseil ou dans la mise en récit de l’activité professionnelle et de la carrière par les professionnel-le-s, par exemple.
Comment s’organise dans les pratiques quotidiennes les plus prosaïques l’invisibilité de ce qui apparaît comme une activité centrale des consultants en management ? Comment ce « sale boulot » se trouve-t-il en partie délégué par les firmes les plus prestigieuses et les plus dominantes économiquement à un ensemble de prestataires et de spécialités occupant une position dominée dans le champ du conseil ? Quelles conséquences les formes de déni du « sale boulot » ont-elles sur le rapport des consultants à leur travail et à leur emploi ? Comment « tiennent » les consultants quand leur travail consiste à supprimer le travail d’autres salariés ?
En s’appuyant sur une longue enquête ethnographique dans trois firmes de conseil, sur 76 entretiens biographiques de consultant-e-s, et sur une enquête quantitative réalisée sur les pratiques et le rapport à l’emploi de 1637 consultant-e-s, la communication s’emploiera à mettre au jour les processus sociaux imbriqués qui, au niveau de la division du travail comme du travail effectué par le langage, invisibilisent les formes de violence inscrites dans les pratiques gestionnaires.


Bonnemaison Fleur | Atelier 9, Session C

Les rapports sociaux de sexe dans un métier "aux marges" : accompagnateur en montagne
Dès sa création, le métier d’accompagnateur en montagne a occupé une place particulière dans le sous champ des professions de montagne en s’instituant comme un métier complémentaire à celui de guide de haute montagne. Le diplôme d’accompagnateur, créé en 1976, pour aider les guides à faire face à la multiplication et l’évolution de la demande touristique, délimite l’espace d’activité des accompagnateurs aux marges de celui des guides de haute montagne. Ce dernier se résume par conséquent à la moyenne montagne. Ce métier se caractérise ainsi davantage par des compétences d’animation et de transmission des connaissances et savoir-faire relatifs au milieu montagnard, que par des compétences techniques et physiques propres au capital spécifique au sous champ des professions de montagne.
Le métier d’accompagnateur semble donc pouvoir être appréhendé comme un métier aux marges des professions dominantes de ce sous champ des métiers de montagne, dont il occupe le bas de la hiérarchie, mais également comme un métier dont la relative précarité le place aux marges du travail.
Dans cette communication, nous proposons d’étudier les rapports sociaux de sexe dans ce métier ‘‘aux marges’’. Pour cela, nous comparerons les trajectoires d’hommes et de femmes accompagnateurs, de façon à identifier les conditions sociales nécessaires à l’engagement dans le métier. Dans cette perspective, nous montrerons comment l’appartenance de sexe joue un rôle dans ce processus.
D’autre part, il s’agira d’analyser plus précisément les pratiques professionnelles et les rapports au métier des accompagnateurs. De ce point de vue, les rapports sociaux de sexe observés diffèrent nettement des processus de différenciation repérés dans des métiers plus prestigieux comme celui des guides de haute montagne, même si ces deux professions se caractérisent toutes deux par une faible féminisation. La position ‘‘à la marge’’ des enquêtés semble ainsi favoriser des modalités d’exercices professionnelles proches quelque soit l’appartenance de sexe. Ce constat n’annule toutefois pas complètement les différences entre hommes et femmes, notamment en ce qui concerne les rapports sociaux de sexe au sein de la sphère privée.


Bonvin Jean-Michel, Martinelli Aris | Atelier 6, Session D

Dynamiques d’entreprise et nouvelle division internationale du travail. Une étude de cas dans l’industrie suisse des machines
La crise économique actuelle a un point commun avec les grandes crises de l’histoire du capitalisme : elle affaiblit certains pôles économiques à l’échelle internationale en même temps qu’elle en renforce d’autres. Ce fait est étroitement lié aux mutations des centres d’accumulation du capital dont l’entreprise constitue l’élément le plus visible. De par son intégration dans un réseau mondialisé de production, elle est contrainte de développer des stratégies permanentes d’innovation pour préserver sa compétitivité. Ces évolutions entraînent une double recomposition des frontières entre marges et centres : d’une part la délocalisation vers les pays où les coûts de production sont moins élevés, d’autre part la restructuration des entreprises situées dans les pays du Nord dans le but de maintenir une production de haute qualité et des coûts de production compétitifs. Ce processus implique le recours accru à la flexibilité ainsi que l’émergence et la multiplication des formes atypiques de travail.
Notre papier vise précisément à interroger ce déplacement des frontières entre marges et centres au sein du salariat des entreprises du Nord, en évaluant l’impact des nouvelles formes de flexibilité à la fois d’un point de vue économique (productivité, rentabilité) et social (bien-être matériel du personnel, statut juridique et reconnaissance symbolique des travailleurs du centre et de la marge). Il s’appuiera sur une étude de cas portant sur une multinationale active dans l’industrie suisse des machines ayant connu une multiplication des statuts atypiques de travailleurs (intérim, payrolling , etc.). A cette fin, nous avons effectué une analyse documentaire détaillée et une trentaine d’entretiens avec des membres du personnel (travailleurs, cadres, directeurs) dans le cadre d’une recherche financée par le Fonds national suisse (FNS) de la recherche scientifique.


Borgo Camilla, Mazade Olivier | Atelier 4, Session C

Des nouvelles formes d’organisation du travail : une étude confrontant l’organisation du travail prescrite par une entreprise française et celle effectivement diffusée parmi ses travailleurs.
Depuis les années 1950, des pratiques comme les travaux en équipes, la polyvalence, la rotation de tâches, la poursuite d’une « qualité totale » et la résolution de problèmes imprévus deviennent communes au quotidien des salariés. Parfois, ces changements n’arrivent pas à tous les salariés, en générant des façons de travailler disparates. Dans ce contexte, le présent travail porte sur l’analyse des écarts entre le modèle d’organisation du travail prescrit par une entreprise française et le modèle effectivement mis en œuvre et diffusé parmi ses salariés, en mettant l’accent sur des possibles facteurs responsables des différences ou des similitudes entre eux. Ce travail consiste en une étude de cas menée au sein d’une entreprise du marché de crédit à la consommation située dans le Nord de la France. Pour l’obtention et l’analyse des données, sont utilisés l’enquête sur le terrain, des entretiens semi-directifs, l’observation directe et des analyses documentaires. D’après des analyses, on observe que l’entreprise en question a comme base le modèle matriciel, en y ajoutant des pratiques développées par elle-même aussi bien que de caractéristiques des anciennes et nouvelles formes d’organisation du travail. L’autonomie dans la cadence de travail est élevée, néanmoins les méthodes de travail sont restreintes et contrôlées. Le travail en équipe est fortement diffusé, la qualité totale est poursuivie par le secteur « contrôle de qualité » et au travers des réunions d’évaluation de performance. En revanche, on souligne des tâches répétitives et une rotation très faible. Ainsi, bien que les tâches portent un niveau relatif de complexité et que l’entreprise espère que ses collaborateurs y réfléchissent, ces dernières caractéristiques, combinées avec un système de contrainte basé sur des normes quantitatives de production, créent une tendance à mécaniser le travail.


Montes Cato Juan, Bosisio Walter, Delfini Marcelo, Picchetti Valentina, Ventrici Patricia | Atelier 11, Session C

Procesos de desindustrializacion y territorio en la ciudad de La matenza Argentinas
El proceso de reestructuración neoliberal dominó las transformaciones socio-económicas durante la década de los noventa en Latinoamérica y en algunos países como en Argentina su impacto fue profundo y desestructurador. A pesar del contexto de hegemonía neoliberal, la movilización obrera logró articular diferentes formas de resistencia y rearticulación de solidaridades tanto en los espacios productivos como por fuera de estos. Para poder dar cuenta de estos procesos de resistencia de los colectivos obreros hemos tomado como caso paradigmático lo sucedido en Argentina –en particular en un territorio empobrecido de Buenos Aires- focalizando el impacto y respuesta de los colectivos desocupados. Estos sectores fueron altamente afectados por el embate de la reestructuración y sin embargo pudieron construir formas alternativas de recomposición de lazos sociales y dar una respuesta desde el mundo del trabajo a los desafíos que el neoliberalismo los enfrentaba en el marco de las relaciones explotación situadas.

La experiencia de estas formas de organización son muestras de la vitalidad y la iniciativa de los sectores subalternos para desplegar respuestas innovadoras a los procesos de reestructuración social y económica de países periféricos.

Esta ponencia busca analizar desde una perspectiva de largo plazo los efectos de las políticas de reestructuración sobre la composición de la fuerza de trabajo en un país latinoamericano y en particular, las respuestas colectivas desarrolladas por los desocupados, en una mirada que permita reflexionar sobre las formas de lucha que llevan adelante estos sectores y el modo en que se despliegan en territorios específicos. El período analizado es 1991-2012, identificando dos sub-fases 1991-2003 y 2004-2012. Las preguntas centrales están destinadas a develar ¿cuáles fueron los modos específicos de recomposición de los colectivos de desocupados frente a la transformación de la relación capital-trabajo de las últimas dos décadas ? y ¿en qué sentido la politización de las clases subalternas en el período de hegemonía neoliberal construyó disposiciones para la acción que se materializaron en conquistas sociales y económicas en el último período de análisis ?


Boudchicha Ahmed | Atelier 1, Session D

Invisibilité des tâches d’enseignants universitaires et l’évaluation de leur travail : l’impact sur la reconnaissance au travail
le monde de travail est devenu concurrent et individualisée avec la montée des exigences des employeurs et la dureté de marché de travail, beaucoup d’employés ou travailleurs dans le secteur privé ou public soit de secteur économique , éducatif ou tertiaire se trouve dans des situations défensives aujourd’hui sont quasiment devenus subordonnés opprimés par les instructions managériales hiérarchique à un point qu’ ils voient et acceptent parfois des conditions et devoirs non rémunérés et une évaluation de travail très injuste parfois.
Cet article tente de saisir l’invisibilité des tâches fondamentaux des enseignants tell que ;
Les préparations des cours, déplacement d’un lieu a un autre, enseignement, encadrement, orientation les étudiants, participation aux activités, la production scientifiques… etc.…) non perçues, non pensées et non reconnues parfois.
ceux qui se déplacent quotidiennement pour effectuent ou accomplir leur tâches ou un volume d’horaire de travail, d’une université à l’autre ou d’un centre universitaire à l’autre, voire d’un institut a l’autre (soit des enseignants permanents ou associés ou vacataires).
Ces enseignants voyageurs (nomades) si j’ose dire se déplacent dans des conditions ou des circonstances parfois difficiles ; les contraintes de transport, le danger de route, de climat, de circulation, le stress et bien évidement l’invisibilité de leur souffrance quotidienne par l’hiérarchie de tant que ces contraintes et leurs stress de déplacement d’un lieu a un autre ne prenne pas dans l’évaluation ou ignorent souvent par la gouvernance administrative
Cette situation des centaines d’enseignants nomades un peu partout , produise chez eux des phénomènes de l’isolement, le non appartenance à l’organisation, faible motivation, perturbation en qualité de travail, le sentiment de souffrance et de stress, une faible participation voire d’intéressement aux activités scientifiques et pédagogiques. Faible production scientifique et un état de. Frustration et déception.
Le résultat de tout ça est que la gouvernance administrative (l’hiérarchie) se croit qu’un enseignant qui se comporte comme s’était indiqué ci-dessous ne mérite pas la prise en considération dans les promotions, prise de responsabilisation ,ou délégation de la responsabilité elle ne s’intéresse pas à comprendre les facteurs de ses aptitudes ou comportements négatives ou les conditions d’aller et retour de leur domicile jusqu’à les lieux de travail ..
Ces situations quotidiennes des enseignants nomades provoquent chez eux le sentiment de négligence de leur souffrance par l’hiérarchie, et manque de reconnaissance au travail, la gouvernance administrative ne prenne que leur activités visible et ne se donne pas de temps ou de réflexion de prendre en considération l’état psychologique des enseignants qui passent plus de 4heure de temps en moyen en voyage soit dans le transport en commun ou dans leurs véhicules personnels avant d’arrivée au lieux de travail et commencent leur tâches d’enseignement ou d’encadrement .
Cette réflexion nous oblige a pensé a la question de votre argumentaire de ce colloque sur de l’écart entre travail prescrit et travail réel, Pourquoi une partie croissante du travail est rendue invisible et ignorée dans les processus d’évaluation ? Pourquoi n’est-elle pas reconnue comme intrinsèquement nécessaire à la tache d’enseigner et encadrer ? est –ce essentiel est d’avoir un emploi ou de travailler ?


Boudchicha Ahmed | Atelier 10, Session D

Les conflits sur les valeurs du travail ; entre employés et sous-traitants de l’entreprise de Prosider
Les sociologues observent ces bouleversements croissants dans le monde de travail d’aujourd’hui d’un angle différent, de ce qui était depuis trente ans, ils préfèrent actuellement donner la priorité a l’étude de la position de l’individu au travail, l’interaction des individus dans les lieux de travail analyser des situations légaux et autres illégaux, dominés et dominants pour mieux comprendre ce qui se passe réellement dans ces lieux qui devenus sombre. Cette interaction conduit certes vers des processus sociaux qui résultent des relations sociales soit de genre coopératif, solidarité ou censuelle, soit de genre conflictuel autour de question d’organisation et la gestion des droits de travail ou sur les valeurs de travail. Ces spécialistes voient et confirment la monté successive de ces conflits individuelle et collective dans les entreprises d’aujourd’hui , il est inutile d’étudie un phénomène tel que les conflits par la vision théorique ( la théorie de Marx sur le conflit des couches sociales et l’apport de la théorie fonctionnaliste sur le conflit industriel, sont devenus des postulats nécessaire pour chaque réflexion autour de ce sujet ), la tendance des spécialistes privilège l’étude empirique pour mieux découvrir la réalité de ce phénomène sur les différents acteurs sociaux dans le monde de travail . L’esquisse nous rappel que les symptômes des conflits peuvent être le Powerlessness selon E.Durhheim, la perte des paramètres selon E. Vroom voire même la privation d’une identité ouvrière selon beaucoup des spécialistes comme J.D.Reynaud.) . la crise des valeurs de travail, les conflits collectives et individuelles ou travail …). Le phénomène des conflits sur les valeurs de travail est très complexe et diverse, a un point que s’est devenu un obstacle de consentement, au cours de cette phase de transition, il me parait très important actuellement, de comprendre cette contradiction entre les valeurs de l’individu et ses actes (comportements, la praxis) quotidiennes dans le travail, cette valeur de travail (est mise en cause) elle n’acquit pas l’unanimité dans l’entreprise, l’organisation ou entre les membres d’un même groupe ou la société comme la société Algérienne d’aujourd’hui.
Le thème « conflits sur les valeurs de travail » est complexe et constitue une problématique de recherche dans les sociétés de travail , s’ exprime en générale par une contradiction ou la divergence entre l’ensemble des employés ou travailleurs de l’entreprise plus visible en ce qui concerne les normes et les valeurs de l’individu qui oriente ses relations avec les autres membres de groupe ou de la société, et ses actes (comportements) dans le travail qui occupe ou le groupe qui dirige. on s’interroge ce sur cette divergence en amont et en aval entre les membre d’un même groupe sur ce sujet , on s’interroge aussi sur les causes et les facteurs qui conduit un travailleur, employée , même des cadres responsable a se débarrasser de sens valeurs pour se comporte d’une manière négative dans travail

Cet article a pour objectif de déterminé ce phénomène et faire découvrir les différentes tendances (attitudes) sur les valeurs de travail dans des entreprises essaimées d’une ex-entreprise publique économique(EPE) Algérienne, dans une culture qui respecte la valeur « travail » et les « valeurs de travail » tandis que le fait « l’acte » ou « le praxis » de l’individu est contradictoire avec les valeurs et la culture elle même et surtout dans l’entreprise.. On s’interroge ici sur les différentes formes d’attitudes et représentations sociales chez les salariés d’une entreprise industrielle (Prosider) et ses collaboratives soit des essaimés ou sous-traitants . Comment nous –expliquons cette contradiction chez l’individu dans ses actes, ses privilèges de valeurs familiales par apport les valeurs de travail ! Quel est le sens « valeur de travail » chez un essaimé, on s’appuie sur un travail de terrain (thèse de doctorat en sociologie de travail) et mainte travaux récente des spécialistes en ce domaine.


Bouffartigue Paul | Atelier 10, Session B

Quelles bases objectives pour les résistances et les mobilisations de travailleurs précaires ou/et informels ?
Cette communication prolonge les travaux antérieurs des auteurs (1), visant, dans une perspective « Nord/Sud », à repenser les catégories de « précarité » et d’« informalité » en mettant l’accent sur les dynamiques contradictoires dont elles sont le lieu, alors-même que ces catégories tendent à y faire écran. Elle s’appuie sur les investigations empiriques que nous avons pu conduire – en France et en Argentine – , ainsi que sur une synthèse critique de recherches récentes sur les formes de mobilisation et d’organisation de groupes sociaux subalternes dont les activités économiques sont précaires ou informelles. On privilégie ici la réflexion sur les « bases objectives » des mobilisations collectives de ces groupes - jugées trop souvent et trop paresseusement « improbables » - sur leurs dimensions plus conjoncturelles, politiques et subjectives.
Nous proposerons un schéma général d’interprétation selon lequel les rôles respectifs de solidarités d’ordre professionnel d’une part, et de solidarités extra-professionnelles d’autre part, varient sensiblement dans les dynamiques de lutte ou de mobilisation. Quand des travailleurs précaires, minoritaires, côtoient, dans les mêmes activités, des travailleurs à statut stable, les premières l’emportent : elles favorisent des revendications d’accès au statut, ou d’unification des statuts. Quand ce sont des secteurs ou des activités entières qui reposent sur du travail précaire ou informel, les secondes dominent : elles tendent à organiser les réseaux des solidarités quotidiennes et peuvent soutenir des mobilisations en faveur de la promotion collective du groupe.
Ce cadre posé, il permet de questionner le rôle propre des organisations – syndicales ou autres – dans la valorisation ou la dévalorisation des différentes identités sociales qui construisent les groupes de travailleurs subalternes, ainsi que les rapports sociaux de domination qu’ils tendent à reproduire ou à subvertir.


Boulayoune Ali | Atelier 8, Session D

L’accompagnement comme nouveau mode de traitement des populations sans emploi
Les pratiques d’accompagnement sont aujourd’hui largement mobilisées par de multiples acteurs institutionnels, professionnels et associatifs, dans des secteurs variés de la société (emploi, éducation, sanitaire, social…). Le succès que rencontrent aujourd’hui ces pratiques questionnent d’autant plus qu’elles ne sont pas récentes. Propre au champ du travail social dans les années soixante-dix quatre- vingt, les mesures d’accompagnement touchent désormais des populations nombreuses et diverses, qui ne sont plus nécessairement définies à partir de la précarité de leurs conditions d’existence . L’accompagnement ne concerne donc pas ou plus seulement les populations reléguées aux marges de la société (les « pauvres de toujours »). Depuis le début des années 2000, cette pratique (démarche ou encore mode de traitement) s’est généralisée aux chômeurs tout en se déclinant sous diverses appellations pour s’adapter aux divers profils de cette population (accompagnement social, accompagnement socio-professionnel, accompagnement individualisé, accompagnement renforcé…). Cette généralisation se présente comme une transformation majeure dans le traitement du chômage, marquant la volonté de renouveler les formes de l’intervention publique sur le chômage en privilégiant une relation de plus en plus individualisée entre l’accompagnant et l’accompagné dans la recherche d’emploi. Dans le discours, l’accompagnement des chômeurs renvoie à une diversité d’acceptions et le terme lui-même souffre d’une relative indétermination, mais semble pourtant devenir un cadre d’action incontournable dans le traitement du chômage. Notre communication cherchera à resituer cette politique de l’accompagnement à l’aune des transformations de l’action publique sur le chômage. Ce mode de traitement, progressivement monté en puissance renvoie selon nous à une conception libérale de la gestion du chômage de masse et peut se lire comme une tendance à un durcissement de l’individualisation dans le traitement des problèmes sociaux, transformant progressivement la physionomie des politiques d’insertion.


Bouquin Stephen | Atelier 6, Session D

Chaînes de valeur et précarisation du travail vivant. Comment penser les liens entre centre et périphérie ?
Le processus de globalisation économique a suscité une réorientation des stratégies des entreprises tant au niveau de la politique produit que du procès de travail. Cette réorientation poursuit en premier lieu un objectif de réduction constante les coûts de production (lean manufacturing) tout en recherchant une augmentation de la productivité du travail sans pour autant perdre le contrôle sur le procès de travail.

Les entreprises du centre ont établi une partie de la production dans des régions ou pays avec des conditions salariales inférieures tandis que les entreprises des pays périphériques représentent des « têtes de pont » pour la conquête de nouveaux marchés. Les stratégies de profit prennent appui sur formes diverses de sous-traitance (externalisation, tertiarisation et modalités de flexibilité contractuelle) qui contournent les configurations corporatives et institutionnelles (conventions collectives, type de relations industrielles). En même temps, les politiques managériales ont investi de nouveaux terrains d’action comme par exemple la subjectivité des travailleurs. Les stratégies des entreprises contribuent à façonner des collectifs de travail hétérogènes socialement, fragmentés par rapport aux conditions d’embauche et de carrière et dispersés par rapport à une organisation syndicale souvent cantonnée à un certain milieu professionnel et/ou un segment générationnel.

L’objectif premier de ce papier est de montrer comment les logiques de fonctionnement des « chaînes de valeur » conduisent à la précarisation du travail et de la condition salariale. Le « centre » construit sa périphérie et contrecarre une dépendance à son égard en démultipliant les sources d’approvisionnement (global sourcing). Le papier développera les résultats d’une enquête de terrain dans plusieurs secteurs (textile confection et micro-électronique ).


Krauss Gerhard, Boutillier Sophie | Atelier 3, Session D

L’entrepreneuriat féminin dans les mutations de la société salariale : crise de l’industrie et émergence d’entreprises dans l’agglomération dunkerquoise (Nord-France)
La création d’entreprise est depuis plus de trente ans un sujet d’actualité majeur. Face à l’augmentation du chômage, elle représente une alternative à l’emploi salarié pour accéder un marché du travail. En effet, une majorité des créateurs d’entreprises d’aujourd’hui se compose de personnes connaissant des discontinuités ou difficultés sur le marché du travail. Cet aspect a été peu abordé dans les travaux sociologiques portant sur la création d’entreprise. Les problématiques intéressant les sociologues en premier, dès les années 1980, concernaient l’entrepreneuriat ethnique, la création d’entreprise par des minorités et/ou immigrés, l’influence du réseau de la communauté, ainsi que la mobilisation du réseau personnel par l’entrepreneur pour réussir son affaire.
En revanche, il manque aujourd’hui des recherches sociologiques analysant la création d’entreprise comme processus de construction d’une reconnaissance sociale, plus précisément pour des catégories d’individus se trouvant dans une situation professionnelle incertaine et instable, à la marge du cœur du marché du travail, manquant de visibilité et de reconnaissance sociale.
Afin de combler cette lacune, nous étudierons une catégorie particulière d’individus aux marges du travail et de l’emploi, celle des femmes entrepreneures vivant dans une agglomération anciennement industrialisée (Dunkerque) qui sont en majorité issues d’un milieu ouvrier. Depuis le début des années 1960, l’économie dunkerquoise s’est développée sur un emploi salarié et ouvrier, principalement masculin et peu qualifié. La crise de l’industrie lourde, qui débute à la fin des années 1970, remettra fondamentalement en question cette dominance de l’emploi masculin et contribuera à donner aux femmes un nouveau rôle économique et social dans le secteur tertiaire émergeant.
Nous interpréterons ce processus de visibilisation de l’activité féminine comme émergence de nouvelles institutions, processus qui ne peut être compris sans prendre en compte la trajectoire des institutions existantes et l’histoire socio-économique de la région. Ce processus en cours est encore fragile, malléable, ouvert et reste incertain concernant ses aboutissants à venir.


Brasseur Pierre | Atelier 3, Session C

L’assistance sexuelle aux personnes en situation de handicap : entre illégalité et métier du care. Essai d’une comparaison internationale
Depuis une dizaine d’années émergent en France de nouvelles mobilisations autour de l’instauration d’une assistance à la sexualité des personnes les plus lourdement handicapées. Certains y voient une forme de prostitution déguisée . D’autres vont insister sur l’importance de « l’assistance érotique et/ou sexuelle » de la personne en situation de handicap, afin que celle-ci puisse accéder à une pleine citoyenneté . Si le projet est assez conflictuel en France, les façons de penser cette assistance sont différentes selon les pays. Pour ne donner que quelques exemples : en Suisse, un statut spécifique a été crée dans le canton de Genève, afin de les distinguer assistance à la sexualité des personnes handicapés des prostituées ; aux Etats-Unis, il existe une assistance à la sexualité qui vise à travailler sur la santé sexuelle de tous les individus (handicapés ou non) ; en France si la prostitution n’est pas interdite, l’organisation d’un système d’assistance sexuelle est rendue impossible au nom de la répression contre le proxénétisme.
C’est autour des différentes façons d’aborder l’assistance à la sexualité des personnes en situation de handicap que va porter cette communication. A travers le développement d’une typologie (« Un statut » ; « Une prostitution spécialisée » ; « Une assistance généralisée » ; « Illégalité » ; « Le vide ») je regarderai ce qu’il se passe dans une dizaine de pays (Allemagne, Belgique, Canada, Etats-Unis, Espagne, France, Grande-Bretagne, Israël, Japon, Pays-Bas, Suisse) . L’idée est ainsi de mieux comprendre, par ce décentrement, les questionnements français actuels sur la possible législation en faveur de l’assistance sexuelle, et d’apporter ainsi une contribution aux débats autour de la reconnaissance de la catégorie du « travail du sexe ».
Cette communication rentre dans le cadre plus global de mon travail de thèse autour d’une sociohistoire de l’assistance à la sexualité de la personne en situation de handicap depuis la fin du 19iéme siècle. Il est intitulé provisoirement Sens interdits : une enquête sociologique sur Amour et Handicap (sous la codirection de Geneviève Cresson (Lille 1) et de Jacques Rodriguez (Lille 3)).


Bregeon Philippe | Atelier 9, Session C

Les positions différenciées de jeunes peu qualifiés et en situation de précarité sur le marché du travail
Cette proposition s’inscrit dans le 4e axe de l’appel à communication « Expérience et subjectivité dans les activités aux marges ». Elle est issue d’une enquête qualitative et longitudinale auprès de jeunes sortis précocement du système scolaire et sans diplôme publiée chez PUR en 2013 : Parcours précaires. Enquête auprès de la jeunesse déqualifiée.
Ces jeunes sortis du système scolaire depuis 7,5 ans en moyenne (en début d’enquête) ont été confrontés à une mosaïque de situations et connaissent des changements de statuts professionnels fréquents entre chômage, emplois aidés, intérim, stage d’insertion, formation, etc. en moyenne, soit en moyenne tous les 4,5 mois environ.
Pour autant, contrairement à certains stéréotypes, l’emploi symbolise pour la plupart l’expérience du mouvement, une certaine maîtrise de soi, une utilité sociale, le moyen d’affirmer son existence. A contrario, le chômage renvoie plutôt à une certaine forme d’immobilisme.
Comme nous l’avions indiqué précédemment, quelques-uns ont accédé depuis quelques années à des situations professionnelles relativement pérennes, le plus souvent parce qu’ils ont pu à un moment ou l’autre se qualifier. Ce sont « les intégrés ».
A contrario, une petite minorité des enquêtés se maintient durablement hors du marché du travail. On peut les qualifier comme « les déconnectés ». Il s’agit en particulier de jeunes femmes qui reproduisent à leur insu le modèle traditionnel de la femme au foyer, pour élever les enfants en bas âge. Il ne s’agit pas réellement d’un choix, mais plutôt d’un repli.
Entre les deux positions précédentes, on trouve, entre autres « les attentistes » : ceux qui ont appris à mettre à distance la question de l’emploi tout en restant connecté, à leur manière, au marché du travail. Entre les périodes de recherche d’emploi sans grande conviction, ils s’octroient « des respirations » prolongées.
La quatrième position est celle des « Hyper volontaristes », avec des discours suspendus à un certain idéal de l’engagement dans la recherche d’emploi. Il s’agit de se donner à voir comme un bon demandeur d’emploi et de mettre en avant, comme essentielles les attitudes personnelles.
La cinquième position correspond à celle « des autonomes ». S’ils sont aussi investis, leur rapport avec le marché du travail apparaît plus cohérent et plus lucide en comparaison avec les deux positions précédentes, c’est-à-dire « les hyper volontaristes » et « les attentistes ».
Malgré la précarité, ils ne sont pas autant obnubilés par la question du chômage et de l’emploi et s’autorisent des phases de relatifs relâchements entre des périodes de recherche d’emploi.
Les enjeux de l’accès à l’emploi n’altèrent pas totalement d’autres investissements, en particulier dans des relations amicales et une vie sociale souvent autour de rencontres informelles.
Cette vie sociale semble entretenir leur capacité à se projeter dans l’avenir et leur donne une certaine énergie pour leur recherche d’emploi. Il s’agit en quelque sorte d’un effet vertueux.
Cette proposition a comme ambition d’analyser les positions différenciées de jeunes depuis plusieurs années en situation de précarité sur le marché du travail et de montrer comment certains jeunes réussissent à maintenir une dynamique relationnelle, une certaine autonomie par rapport aux institutions et un relatif épanouissement.


Bresson Maryse | Atelier 7, Session A

Travailleur non titulaire dans la Fonction publique en France : vers une nouvelle norme d’emploi ?
Si la précarité est parfois présentée comme une caractéristique « normale » des mutations de la société moderne, le terme a cependant une connotation largement négative, associée aux risques ou aux craintes qui accompagnent le tournant néolibéral des économies et des politiques publiques depuis les années 1980.
L’objectif de cette communication est de contribuer à une grille d’analyse des expériences et de la subjectivité des salariés en emplois dits « atypiques », à partir de l’exemple particulier et emblématique de la Fonction publique en France. Dans le contexte des transformations du marché du travail, ces expériences invitent à réinterpréter l’idée de marge comme un « d’entre-deux » ; et simultanément, à souligner l’enjeu des transformations de la norme sociale d’emploi.
Pour le développer, nous mobilisons les résultats d’une enquête longitudinale par entretiens menée entre 2009 et 2011 auprès de plus d’une trentaine de salariés des 3 Fonctions publiques ; Etat (notamment, recherche et enseignement supérieur) ; territoriale (surtout, agents de service et professions du social) ; hospitalière (la moins représentée de l’échantillon). Nous analyserons alors ce qui, dans les témoignages recueillis, accrédite l’idée que ces travailleurs se situent dans un « en-deçà de l’emploi » – soit, une vision négative, liée à la peur de vivre au jour la journée (Castel, 1995). Mais, nous poserons également la question d’un « au-delà de l’emploi » qui intègrerait les aspects plus « positifs » des évolutions, et le sentiment parfois exprimé de préfigurer ce qui, de toute façon, « va advenir », dans la société de demain. Enfin, nous interrogerons la pertinence de cette idée d’un « au-delà de l’emploi » en interrogeant, du point de vue des travailleurs concernés, les conditions d’acceptabilité individuelle et sociale du travail et de l’emploi précaires.


Brodersen Meike | Atelier 6, Session D

Divisions du travail routier – tensions dans un métier en transformation
La recherche prend son point de départ dans la transformation profonde du secteur du transport routier de marchandises (TRM) par plusieurs évolutions récentes à échelle nationale et européenne : la libéralisation du marché du transport, la réorganisation du système logistique, les réglementations relatives aux temps de travail et l’introduction des technologies embarquées (qui permettent la planification et la surveillance du travail). L’ouverture du marché et le « cabotage » ont permis aux firmes de transport de « délocaliser » le transport routier international, travail mobile par définition, vers les nouveaux pays membres de l’UE en y créant des filiales fictives, profitant ainsi d’un moindre coût de la main d’œuvre.
La communication, basée sur des entretiens avec des acteurs du secteur en Belgique ainsi que sur des terrains d’observation et l’analyse de documents, met en lumière les implications, dans le métier de chauffeur routier, d’une division qui s’opère entre le travail en international, conçu historiquement comme le plus prestigieux et effectué aujourd’hui en grande partie par des chauffeurs provenant d’Europe de l’Est et les activités de transport local. Le « dumping social » a constitué le sujet central de la mobilisation collective et syndicale des dernières années. Dans l’optique de protéger les emplois « locaux », les syndicats revendiquent l’application plus rigoureuse des règles et des contrôles plus conséquents, alors même que des chauffeurs plus expérimentés dénoncent la multiplication des contrôles et des leviers de surveillance comme un facteur de dégradation du travail. Pendant que les chauffeurs routiers doivent assumer la contradiction entre une planification spatio-temporelle et l’injonction du « just in time » d’une part et les aléas de la route et des transactions d’autre part, les syndicats doivent concilier la demande d’un encadrement plus stricte du secteur avec celle d’une plus grande marge de liberté dans l’exercice du métier. Ces tensions participent à des processus de redéfinition des conceptions du métier de chauffeur routier dont la communication esquissera un certain nombre d’éléments.


Brugière Fabien | Atelier 4, Session B

Diffusion des marges productives et double mouvement de formalisation et d’informalisation des régulations du travail et de l’emploi au sein de l’assistance aéroportuaire
Suite à la libéralisation du marché du transport aérien au cours des années 1990, on observe le développement de l’externalisation des activités aéroportuaires annexes – l’assistance au sol en l’occurrence - et la diffusion de l’emploi précaire selon une tendance à la « généralisation du modèle « cœur-périphérie » » (Durand, 2004). Cette dynamique conduit ainsi à l’expansion au niveau du secteur des marges productives relatives à la sous-traitance, mais aussi transversalement, au déplacement de la frontière entre centres et marges par le biais des conditions inégales d’emploi au sein des collectifs de travail. L’instabilité économique et la déstabilisation des groupes professionnels qui en résultent, suscitent l’évolution des processus normatifs régulant le travail et l’activité selon un double mouvement de formalisation et d’informalisation.
Afin d’organiser la coordination du travail fragmenté entre une multiplicité de sous-traitants, les compagnies aériennes élaborent des procédures formelles de plus en plus précises, ce qui se traduit par une inflation de la « régulation de contrôle » formelle sur le travail de piste (Reynaud, 1989). Une réglementation institutionnelle concernant la « sécurité » et la « sûreté » aéroportuaire se superpose au corpus de règles formelles et de surveillance.
A l’inverse, on observe le progrès de l’informalité dans la gestion de la main d’œuvre au sein des sociétés d’assistance aéroportuaire. La précarisation de l’emploi, par le biais du recours à l’intérim et aux CDD et par le risque de marché sur les travailleurs stables, renforcent le poids des loyautés informelles sur les trajectoires professionnelles (Jounin, 2006) définissant des critères d’employabilité (capital social, ethnicité). De même, la polyvalence et la flexibilité horaire sont régulés par des arrangement informels et accroissent la mobilisation contrainte et subjective au travail, empiétant sur la vie hors travail.


Bucaite-Vilké Jurga | Atelier 9, Session C

Fighting Precarious Life ? Unemployed Young Men, Self-construction and the Images of Social Exclusion in Lithuania
La présentation, qui se fonde sur les résultats du projet de recherche " l’Exclusion sociale et la participation sociale en Lituanie", poursuit les études multidimensionnelles de l’exclusion sociale en Lituanie. Par ailleurs, cette recherche aborde aussi des aspects nouveaux : outre l’examen des causes structurelles ou matérielles d’exclusion, elle identifie aussi les différentes dimensions subjectives de l’exclusion sociale par des groupes sociaux variés, comme les jeunes chômeurs. La présentation porte sur le niveau microsociologique d’exclusion et tente d’intégrer les expériences des jeunes chômeurs pour appréhender la multi-dimensionnalité de l’exclusion sociale, fondée sur l’expérience de la routine quotidienne et la variété des perceptions de travail. Question de recherche porte sur l’analyse d’un groupe particulièrement vulnérable et à risque, celui des chômeurs masculins de moins de quarante ans, en accordant une attention considérable à l’expérience subjective des personnes qui sont socialement marginalisées. Des aspects tels que la construction d’identité professionnelle, les attitudes à l’égard du travail perçu comme un pouvoir symbolique, et les résistances pratiques contre la stigmatisation et la marginalisation dans la société, sont également analysés. Cette analyse se base sur des données empiriques qualitatives sous forme d’entretiens, réalisés de juin à septembre 2013, qui contribuent à révéler d’expériences subjectives des chômeurs et leur perception du travail et de la vie professionnelle. L’analyse empirique se concentre sur les thèmes suivants : la perception du chômage par les chômeurs, la manière dont ils s’excluent eux-mêmes et se sentent exclus d’un point de vue social, politique et économique, mais aussi le processus par lequel les chômeurs se sentent aliénés, « autres », dans une société du travail, ainsi que les routines et efforts quotidiens qu’ils déploient pour y faire face.


Marie-Christine Bureau, Antonella Corsani | Atelier 11, Session D

Fabriques instituantes à la marge du salariat
Si l’on considère le regain du travail indépendant dans les pays anciennement industrialisés et le brouillage des frontières entre salariat et indépendance, l’émergence de nouveaux acteurs collectifs au sein de ces « zones grises », entre travail salarié et travail indépendant, constitue un enjeu majeur. De nouvelles formes d’action collective ont ainsi pu être mises en évidence : coordination d’intermittents et précaires, syndicats de free lancers, associations et coopératives de travailleurs/producteurs, réinventant des formes de mutualité tout en expérimentant différents modes d’organisation horizontale.
Dans cette contribution, nous proposons de mettre en regard, à partir d’enquêtes et d’observations menées à l’occasion de notre participation à des partenariats de recherche , deux expériences d’action collective en France : la coordination des intermittents et précaires, d’une part ; le chantier lancé par une coopérative d’activité et d’emploi pour évoluer vers une mutuelle de travail, d’autre part. Très différentes au regard de leurs origines et de leurs moyens de mobilisation, ces expériences présentent néanmoins deux traits communs significatifs :
-  elles constituent des « fabriques instituantes », au sens où elles élaborent et proposent de nouvelles règles du jeu pour des situations et des pratiques mal prises en compte par une architecture institutionnelle basée sur la distinction binaire entre travail salarié et travail indépendant ;
-  elles expérimentent des formes non hiérarchiques de prise de décision, d’organisation et de coordination.
Nous nous efforcerons de mettre en lumière les contextes singuliers d’émergence de ces deux expériences d’action collective nées au sein de situations professionnelles à la marge du salariat, ainsi que les déplacements qu’elles opèrent dans le monde du travail en réinterrogeant les formes de la démocratie.


Berrebi-Hoffmann Isabelle, Bureau Marie-Christine, Lallement Michel | Atelier 5, Session B

La culture collaborative transforme-t-elle le travail
Il s’agit ici de se demander en quoi certaines formes émergentes d’activités bousculent aujourd’hui les catégories mobilisées habituellement pour penser le travail et les relations sociales qu’engagent les pratiques productives. On s’appuiera pour cela sur les enquêtes de terrain (en France et aux Etats-Unis) que nous menons dans des espaces d’action (hackerspaces, Fab Labs, markerspaces…) qui ont pour point commun de promouvoir une culture collaborative, de rompre avec le modèle hiérarchique vertical, de valoriser la liberté du faire… La communication interroge en particulier les dichotomies héritées de la société industrielle, telles que producteur/consommateur, employeur/salarié, responsable/subordonné… En mettant en évidence, sur une base empirique, la façon dont ces schèmes subissent un processus d’obsolescence accéléré, c’est aussi une réflexion sur l’invention de nouvelles normes de travail et d’organisation que nous souhaitons mettre en chantier.


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vendredi 27 juin 2014

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