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lundi 10 février 2014
par  Fleuriel Sébastien
popularité : 53%

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N’Djambara | Narocki | Naulin | Negroni | Nizzoli | Noiseux | Nosbonne |


N’Djambara Mahamondou | Atelier 9, Session B

Des gardiens des esprits au Togo et des médiums en France : une activité (presque) invisible
Lorsqu’on pense aux activités liées aux arts divinatoires, on pense souvent à l’Afrique ou d’une manière générale aux pays du Sud où ni l’Église, ni l’Islam et encore moins la Science n’a réussi à éloigner les croyances aux esprits des morts, des arbres, des astres, des animaux, etc. Et pourtant ce "monde de pensée" n’est pas propre aux pays du Sud. Toutes les nations ont connu et connaissent encore des croyances qui engendrent des formes d’activités diverses dont certaines se professionnalisent de plus en plus, quoique souvent vues comme étant en marge des normes dominantes de l’emploi. Au Togo, les activités de maraboutage sont fréquentes et investissent tous les domaines de la vie : religieuse bien sûr, mais aussi professionnelle, familiale, scolaire, politique, juridique, etc. Pour des motifs aussi divers que variés, les tiyou, bokono, alfa, karamo(ko), djiba … sont consultés.
En France, environ 20% des femmes et 10 % des hommes consulteraient chaque année des médiums. En 2012, plus de 100.000 cabinets de voyance auraient été répertoriés et entre 1994 et 2011, les consultations à caractère divinatoires seraient passées de 8 à environ 15 millions. Il s’agit pour la plupart de professionnels, commerçants et même des traders. Cela constituerait un marché d’environ 3 milliards d’euros. Chiffres assez surprenant au pays de Descartes et paradoxe d’un métier qui n’est toujours pas considéré comme tel (on aura du mal à trouver par exemple sa classification dans la Nomenclature d’Activités Françaises. Il va falloir aller chercher dans "Autres activités pour la santé humaine", et encore ce n’est qu’une approximation). Au-delà des questions de légalité, de légitimité ou de reconnaissance, c’est surtout le caractère de ce métier qui donne à voir un autre aspect des catégories de pensée de la société togolaise et française que je compte interroger à partir de l’analyse de la vie quotidienne d’un Tiyou que j’ai suivi de 2008 à 2011 sur le terrain de ma thèse de doctorat en socio-anthropologie.


Ibáñez Marta, Ballesteros Esmeralda, Belén Fernández Ana Casado, del Mar Maira Vidal María, Narocki Claudia | Atelier 9, Session A

Des femmes dans des mondes d’hommes. Comment surmonter les frontières de la ségrégation sexuelle dans six domaines professionnels, en Espagne ?
La division sexuée du travail, pierre angulaire de la société patriarcale, persiste dans le travail salarié. Après plus de 30 ans de politiques actives pour l’égalité dans l’emploi, la ségrégation sexuelle est toujours présente dans la plupart des métiers et c’est l’un des facteurs qui expliquent le mieux les écarts de salaire entre les hommes et les femmes.

Le groupe de recherche « Des femmes dans des mondes d’hommes » vise à comprendre les parcours professionnels de femmes dans des emplois traditionnellement occupés par les hommes car, grâce à leurs histoires de vie, nous pouvons analyser les facteurs ou acteurs sociaux qui s’avèrent positifs ou négatifs dans ces processus. Concrètement, nous présentons les premiers résultats d’une recherche financée par le Plan National espagnol d’I+D+i (MICINN-12-FEM2011-25228) où sont explorés les parcours professionnels de femmes dans cinq professions très masculinisées : peinture en bâtiment, réparation d’automobiles, réparation d’ordinateurs (hardware), policiers et gardiens de sécurité, pilotes d’avions et conducteurs de trains. Les entretiens détaillés de ces femmes sont accompagnés du point de vue des chefs d’entreprises et des salariés masculins, dans le but de comprendre les processus de changement du patriarcat et, plus spécialement, d’identifier les facteurs qui contribuent à la réussite de cet objectif.

À cette étape de la recherche en cours, nous avons déjà élaboré des parcours professionnels typiques (Idéal-type de Weber) des femmes exerçant ces métiers très masculinisés. Dans ces parcours, les normes de formation et l’accès à l’emploi ont eu une grand importance, différente selon la structure d’entreprise de chaque profession (c’est le cas des femmes pilotes d’avion, employées majoritairement par Iberia, ou des conductrices de trains qui travaillent toutes dans la compagnie de chemins de fer nationale). Au-delà de l’importance considérable des contextes institutionnels, le profil humain de l’emploi est aussi un facteur très explicatif, c’est-à-dire le type de collègues, de chefs et de clients dans chaque activité ; de même que l’ensemble des comportements face au travail et l’attitude visant la conciliation du travail et de la vie personnelle chez ces femmes.


Naulin Sidonie | Atelier 2, Session A

L’invisibilité à géométrie variable du travail des journalistes gastronomiques
L’étude des interactions du groupe professionnel des journalistes gastronomiques avec d’autres groupes professionnels (les journalistes non gastronomiques et les attachés de presse) permet de mettre en évidence la relativité des phénomènes d’invisibilisation du travail. Le journalisme gastronomique, en raison de son éloignement des enjeux intellectuels, de sa proximité avec le monde commercial et de la trivialité de son objet, constitue, au sein du monde journalistique, une spécialité dominée. La rubrique gastronomie est généralement reléguée à la fin des publications et le budget qui lui est alloué est faible. L’invisibilisation du travail des journalistes gastronomiques, assimilé à une activité de loisir, n’est toutefois pas uniquement le produit d’une domination imposée par les journalistes de spécialités plus prestigieuses (politique, économie, etc.). Elle est aussi le fruit des journalistes gastronomiques eux-mêmes qui semblent avoir intériorisé la disqualification de leur activité. En témoigne la fréquence du rappel qu’ils font de l’origine collaborationniste (en réalité plus ou moins avérée) de leur rubrique. Pour autant, le travail des journalistes gastronomiques n’est pas systématiquement invisibilisé. Cela dépend du contexte. Ainsi, lorsque les journalistes gastronomiques sont en contact avec les attachés de presse, ils ne se définissent plus comme journalistes gastronomiques dont le travail est assimilé à un loisir, mais comme journalistes dotés de compétences propres, par opposition aux communicants dont les compétences sont déniées. L’invisibilisation du travail des communicants et liée aux propriétés des personnes (ce sont dans le domaine de la gastronomie, presque exclusivement des femmes dont les compétences sont renvoyées à leur genre) et à celles de l’activité (routinière) (Naulin, 2010). L’invisibilisation ou la reconnaissance du travail des journalistes gastronomiques apparaît donc comme fortement liée au contexte d’interaction.


Negroni Catherine | Atelier 9, Session B

Travail aux marges de prostituées transsexuelles équatoriennes
Notre entrée est celle des transgenres, à partir d’une communauté équatorienne de prostituées exerçant à Lille depuis 10 ans. Trente quatre personnes de 26 à 45 ans ont été rencontrées, suivies pendant une année, nous avons recueilli un peu plus d’une dizaine de récits.
Les trajectoires migratoires des prostituées transgenres équatoriennes sont à peu près similaires. Venues de Guayaquil ou de Santa Rosa, elles suivent un circuit classique qui les conduit à migrer vers l’Europe pour exercer le travail prostitutionnel. Evoluant dans un contexte socioéconomique extrêmement difficile dans leur pays d’origine, marquées par un quotidien fait d’expédients et de précarité, elles côtoient l’exclusion et la marginalité, ne parvenant pas à trouver une place dans la société équatorienne en raison de leur homosexualité. Le départ vers l’Europe est présenté dans les récits comme la seule issue à des situations de pauvreté endémique et d’exclusion.
Nous montrerons tout particulièrement que le travail prostitutionnel des transsexuelles équatoriennes est à la tension de différents espaces la migration, l’identité de transsexuelle et la pratique prostitutionnelle. Ainsi en raison de leur activité prostitutionnelle, univers marginalisant mais aussi en regard de leur situation de migrantes, elles contournent constamment restrictions et contrôles, ce qui les placent entre les frontières du licite et de l’illicite.
Nous verrons comment le contexte politique et sécuritaire Français considéré en regard d’autres pays européens dans le traitement des migrants vient contraindre le travail prostitutionnel. Nous mesurerons aussi les effets du nouveau cadre législatif de pénalisation des clients.


Nizzoli Cristina | Atelier 10, Session D

Remettre les marges au centre. Réflexion autour des concepts utilisés pour l’étude des travailleurs précaires
Cette contribution vise à questionner, au prisme de la relation entre marges et centres, les résultats d’un récent travail de recherche sur les syndicalismes et les travailleurs du nettoyage industriel. Il s’agit d’endosser une posture réflexive pour comprendre comment nous employons les concepts de marges et de centres pour étudier les dynamiques qui touchent les travailleurs précaires. En effet, parler d’emploi atypique, de temps partiel ou de travailleur racialisé conduit le chercheur à situer, sans toujours questionner sa démarche, son objet au sein d’un espace marqué par la présence des marges. C’est cette définition de marges et de centres, ainsi que ses conséquences sur nos analyses que nous souhaitons interroger. Il ne faut pas négliger qu’une marge se définit toujours par rapport à un centre, ce qui nous amène à expliciter les dimensions qui participent à définir ce rapport.
La relation entre marges et centres peut ainsi être appréhendée à partir de deux niveaux. Le premier rend compte des rapports de domination. De ce fait, l’on mettra dans la boîte des marges les éléments caractérisant le statut de dominé et dans celle des centres ceux propres au statut de dominant. Le deuxième niveau est d’ordre quantitatif et il permet de définir les marges et les centres par rapport à la fréquence dans le temps. Les marges, peu fréquentes, constituent une exception à la règle (les centres) qui est, quant à elle, consolidée. Nous considérons fondamentale la distinction entre ces deux niveaux car elle permet d’identifier et de nommer des rapports de domination sans qu’ils soient considérés comme des cas isolées et peu fréquents dans nos sociétés. Ces deux niveaux seront appliqués, par la suite, à notre terrain d’enquête. Quelles sont les définitions de marges et de centres qui ressortent de la relation entre syndicalistes et salariés du nettoyage ? Quel est l’impact de ces définitions sur le fait syndical ?


Noiseux Yanick, Mayer Stéphanie | Atelier 10, Session D

Les luttes syndicales des travailleuses de Wal-Mart au Québec : Qu’est-ce qu’elles nous apprennent ?
La multinationale du commerce de détail Wal-Mart, installée au Québec depuis 1994, propage un modèle d’affaires basé sur des bas salaires, des heures de travail écourtées et par un déni agressif du droit à la représentation collective. Notre communication examinera les différentes campagnes de syndicalisation menées chez Wal-Mart par le syndicat des Travailleurs et travailleuses unis de l’alimentation et du commerce (TUAC) au Québec à partir des années 2000. Deux types de matériaux de recherches seront utilisés afin de procéder à un « travail de traduction des pratiques et des savoirs » portés lors de ces luttes collectives : une revue de la littérature journalistique et scientifique ainsi que les résultats d’une enquête menée entre 2010 et 2012 auprès de onze travailleuses de succursales québécoises de Wal-Mart.

Parce que notre échantillon est constitué exclusivement de femmes et que les travailleuses interrogées assument bien souvent le rôle social de mère et de cheffe de famille et subissent ainsi des réalités particulières découlant de la flexibilisation des conditions de travail et de la précarité, notre enquête cherchera à poser un regard nouveau sur les forces et les limites des différentes stratégies syndicales mises en œuvre dans le cadre de ces luttes chez Wal-Mart. Plus largement, en nous appuyons sur la démarche que propose Boaventura de Sousa Santos, l’étude de cas cherchera à rendre visible les pratiques et revendications des travailleuses atypiques sur les marchés périphériques du travail à partir desquels il est possible d’alimenter autant un « langage syndical renouvelé » que des propositions de matrice organisationnelle (des répertoires d’actions) permettant l’adaptation du syndicalisme à la nouvelle donne.


Nosbonne Christophe | Atelier 6, Session A

La centrifugation des organisations de l’action publique au prisme du management public

Dans un contexte caractérisé par une certaine forme de recul de l’Etat, les réformes du secteur public apparaissent aujourd’hui comme un enjeu majeur. Ce phénomène est d’ores et déjà manifeste au sein des grandes entreprises de réseaux (postes et télécommunications, énergie, transports, etc.) mais aussi dans d’autres services, notamment aux échelons infra nationaux, où se développent des situations de délégation et d’externalisation qui induisent un déplacement lent et progressif des frontières entre le secteur public et le secteur privé.
Cette communication se propose d’interroger ce glissement par le biais de l’analyse des principales transformations de la chose publique en matière d’organisation des activités et des emplois. Pour ce faire, la situation française sera mise en perspective avec les transformations observées en Allemagne, en Angleterre et en Italie. Certes, nous ne pouvons conclure à une totale convergence des situations nationales tant elles sont diverses et spécifiques, toutefois les faits nous conduisent à formuler l’hypothèse que s’opère, dans le contexte européen, une évolution des modalités de production, de gestion et de prestation de l’action publique, orientée vers la sphère privée et ses modes « classiques » de gestion, légitimée par des principes managériaux et articulée autour d’une double segmentation des services et des emplois selon une schéma cœur/périphéries.
Aussi et après un retour sur les évolutions et les transformations des conceptions nationales du service public, cette communication se propose également de traiter de la cohérence des discours et des pratiques dans le contexte européen qui conduit à une réforme des manières de gouverner et d’administrer les affaires publiques sous le prisme des discours managériaux inspirés du new public management avant d’essayer de caractériser les évolutions du secteur public et la transposition à la sphère publique du modèle de la centrifugation.


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vendredi 27 juin 2014

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