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lundi 10 février 2014
par  Fleuriel Sébastien
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Ollivier | Ostau | Parent | Parisot | Perdoncin | Perez-Sepulveda | Perrin-Joly | Petit | Petraki | Pette | Peyrard | Picchetti | Pigeron-Piroth | Pillon | Pinto | Plancherel | Plantard | Poblete | Pochic | Prévot-Carpentier | Prokovas | Pudal


Chadoin Olivier, Ollivier Carine | Atelier 5, Session A

Indépendance et salariat : front renversé et fragmentation. Les formes d’emploi du marché des métiers de l’architecture
Le marché du travail des architectes est traditionnellement caractérisé par une emprise très forte de l’indépendance ou des « emplois atypiques » (CDD, stages, intérim), ces derniers fonctionnant comme des variables d’ajustement sur un marché de services marqué par une très forte irrégularité économique. A cet égard, il s’offre comme un poste d’observation privilégié pour comprendre les transformations des formes du salariat et ce d’autant plus que là où certains avancent que les recompositions à l’œuvre dessinent la figure enchantée d’un nouveau professionnel dépris de toutes contraintes, l’enquête empirique montre au contraire comment les trajectoires professionnelles de ces acteurs sont surdéterminées par l’exposition permanente aux tensions marchandes. Toutefois, le marché du travail de l’architecture présente un autre intérêt au regard d’une interrogation sur les marges de l’emploi. Depuis plusieurs années en effet, on y observe une montée en puissance de formes d’emploi plus pérennes, en particulier dans des domaines d’activités qui offrent aux architectes de nouveaux débouchés. Ces formes d’emploi ont tendance à déstabiliser les professionnels de l’architecture habitués à penser leur identité sur le modèle du professionnel libéral. A cet égard, le marché du travail de l’architecture fonctionne comme un négatif du marché du travail en général : les emplois atypiques y constituant depuis longtemps la norme tandis que la stabilité salariale y est plutôt vue comme une situation marginale ou temporaire (en début de carrière notamment). Dès lors, la situation paradoxale de l’architecture permet penser la dialectique des marges et du centre sur les marchés du travail en montrant dans quelle mesure cette dichotomie est le fruit d’une construction sociale et normative.


Ostau Francisco | Atelier 1, Session C

Analyse des marges du monde du travail : la relation d’affaires - droits de l’Homme
Mener des recherches à partir de la méthodologie des marges dans le domaine de la relation d’affaires - droits de l’homme par rapport aux normes établies dans le cadre des Nations Unies Ruggie, permettre frontières méthodologiques de la sociologie du droit et de la sociologie le monde du travail, d’analyser le traitement des droits de l’homme dans le secteur du charbon colombien, affaire : Drummond multinationale.
La méthodologie est devenu le vingt et unième siècle, la science qui recueille tous les aspects multidisciplinaires afin de construire de nouveaux arguments qui lui donnent la capacité d’établir et construire des objets de recherche à partir d’une nouvelle perspective de sciences sociales pour répondre à la question : « Quel genre de méthode est nécessaire pour analyser la complexité du monde du travail dans le XXIe siècle ?".
Il est proposé de répondre à la question posée, le système et les principes d’organisation conduisant à une théorie et la pratique. Par conséquent, l’analyse de l’objet visé par l’enquête est le monde du travail devient une analyse des réalités pré-construits de faire un "tour d’ivoire", comme dans le cas de (I) investigateur (s) diplôme (s ), puisque ce type de recherche perd sa critique de la réalité sociale.
D’où la méthodologie de la recherche dans le domaine du monde du travail lors de l’analyse de l’idée que toute connaissance est une action d’auto-champ, en cherchant à obtenir des réponses sociales à l’homme. La science du monde du travail, avec ses éléments sui generis (travail humain comme un phénomène social et juridique), permet l’utilisation de différentes sciences sociales à travers la méthodologie de recherche de l’expression de la norme et de ses lectures, ainsi que la lecture de la situation sociale, économique et historique dans lequel le monde du travail a sa réalité.
La méthodologie sera essentiellement aborder la méthodologie appelée « construction du cadre interprétatif » de la sociologie du monde du travail qui permet d’identifier, interpréter et classer le travail du monde du travail, en tenant compte de la nécessité d’organiser une expérience individuelle et les stocks ou collective, de sorte que d’eux, innombrables questions se posent quant à l’objet de la recherche, à savoir le développement d’une nouvelle méthodologie de la sociologie à donner un sens au monde du travail et de la compréhension.
De même, du droit de la sociologie du droit est conçu comme un système de relations sociales qui s’est développée dans un ordre social. En ce sens, offres Current Sociology avec l’étude de la dimension sociale de la vie humaine, des groupes sociaux et des associations de toutes sortes, et reconnaît qu’ils sont tous constitués d’individus, mais ils ne sont plus que la somme de ces éléments .
Pierre Bourdieu déclare :
(...) La base scientifique de la sociologie est de comprendre le monde social en commençant par le mode d’alimentation n’est pas socialement neutre et qui répond sans aucun doute une fonction sociale. Entre autres raisons, parce qu’il n’y a pas de pouvoir qui n’a pas besoin d’une partie et non la moindre, son efficacité à l’ignorance des mécanismes qui la sous-tendent .
Ainsi, le cadre conceptuel de la sociologie du droit est liée à la relation entre le droit et la société, de sorte que l’analyse du monde du travail, compte tenu de la complexité des phénomènes d’aujourd’hui dépasse les conceptions traditionnelles des sciences sociales qui cherchent attribuer un caractère d’universalité et de vérité absolue que ses lectures linéaires et binaire.
Une telle transformation serait conçu pour répondre à un rôle critique sur la réalité, en acceptant que son objet est de lire les bâtiments réalités construites, avec toutes les limites que cela implique, et la nécessité d’envisager différentes perspectives qui contribuent et enrichissent l’objet d’étude .
Le présent document vise à analyser l’impact du traitement des droits de l’homme par les entreprises engagées dans l’extraction du charbon en Colombie. C’est la façon dont il entend aborder la question du papier d’environ Quel est l’impact des entreprises colombiennes du secteur du charbon par rapport au traitement des droits de l’homme ?, En utilisant à cet effet, les normes Cadre Ruggie des Nations Unies.
Pour cela, il est important de noter que l’un des temps forts dans le cas de la Colombie est la faiblesse de l’Etat contre les acteurs privés pour prévenir les violations de la loi dans un Etat de droit, ce qui implique nécessairement la génération des conflits sociaux par des acteurs privés tels que certaines entreprises de charbon. Renforcer l’état de droit et comme un contrôle efficace de résultat sur la politique et la législation publique, est l’une des questions les plus controversées que soulève, dans lequel vous pouvez voir clairement la complexité de la relation entre l’État, d’une part, la transnationale et le secteur privé d’autre part, et enfin, entre les communautés et la société civile.
Pour répondre à la question posée, on utilise des critères méthodologiques mentionnés ci-dessus, et l’analyse d’images , concept inventé par Erving Goffman qui le définit comme un système d’interprétation que nous percevons, identifier, étiqueter et définir les situations dans un espace de la vie et le monde en général. Vous pouvez également appliquer la méthodologie de cas comme un outil de recherche dans les sciences sociales, qui permet l’analyse sur la base des réalités qui sont conceptualisés dans le domaine théorique et des outils argumentatifs utilisés dans le cas des sciences sociales nous relie à la réalité dans l’analyse du cas sélectionné .


Parent Fanny | Atelier 3, Session D

Visibilisation/invisivilisation de pratiques en marge de la médecine officielle : le cas de la professionnalisation de la médecine chinoise en France
Depuis le XIXe siècle, les mobilisations d’un groupe de médecins en France permettent progressivement à l’acupuncture d’obtenir le statut d’ « orientation médicale », un remboursement par la sécurité sociale et une capacité d’État. Cette institutionnalisation se poursuit aujourd’hui tout en étant confrontée à un phénomène nouveau : la perte d’effectifs des médecins acupuncteurs s’accompagne d’une visibilité croissante d’acteurs se revendiquant du statut de « praticiens en médecine chinoise ». Ceux-ci ne détiennent pas de diplôme de médecine mais sont formés à la pratique chinoise dans des écoles privées et même s’ils exercent en cabinet leur pratique ne font pas l’objet d’un remboursement par la sécurité sociale. Ils évoluent donc en marge du système de santé officiel, dans des cadres officieux. Néanmoins, depuis une cinquantaine d’année ils s’organisent en plusieurs fédérations, associations et syndicats afin de prétendre à une reconnaissance professionnelle et étatique (à la fois en termes de légitimité et de légalité). Cette démarche de professionnalisation s’appuie sur la construction d’un référentiel commun (guide de « bonnes pratiques ») et d’un travail de lobbying politique. Ces praticiens se retrouvent alors dans une position ambivalente : continuer à exercer une pratique dite « de bien-être » afin d’éviter les poursuites pour « exercice illégal de la médecine », tout en construisant une identité professionnelle suffisamment solide et suffisamment proche des préoccupations de santé pour pouvoir prétendre à une reconnaissance par le ministère de la Santé. En effet, comment faire reconnaître son activité de travail, la rendre « visible », tout en évitant de trop dévoiler ses pratiques pour ne pas rentrer dans l’illégalité ?
Cette communication s’appuie sur un travail de recherche en cours auprès de « praticiens en médecine chinoise » qui s’investissent dans une pratique professionnelle de la médecine chinoise en France. L’enquête empirique est fondée sur un corpus d’entretiens (14 entretiens avec des praticiens non-professionnels de santé), d’observations directes (au sein de congrès professionnels, d’associations et d’instituts), et d’une « participation observante » dans une école privée de formation à la médecine chinoise.

Nous examinerons donc les processus d’invisibilisation et de visibilisation des pratiques de la médecine chinoise dans un contexte de professionnalisation et d’institutionnalisation de celles-ci. Pour cela nous confronterons la multiplicité de ces acteurs et les différents espaces de mobilisation concernés : l’espace administratif, l’espace de formation universitaire et les espaces de travail (Le Bianic, 2013), afin de rendre compte d’une part du travail juridique et définitionnel (entre le soin et le « bien-être ») pour se fondre dans les interstices de la loi, et d’autre part le travail des frontières de leur propre groupe (la construction de l’identité professionnelle passant alors par l’exclusion ou du moins la stigmatisation d’un certain nombre de pratiquants).


Parisot Sophie | Atelier 1, Session D

Le travail en pratique des agents des services de formation continue universitaire ou une forme d’invisibilisation professionnelle
L’institution universitaire, davantage connue pour l’orientation et l’enseignement délivrés aux étudiants n’étant jamais sortis du système éducatif, est beaucoup moins visible pour la formation continue, fait social hybride à la jonction du monde de l’éducation et du monde du travail , pour laquelle elle s’emploie. Ainsi sous le poids académique de sa mission de service public principale sont opacifiées les pratiques professionnelles des agents de service de formation continue universitaire (FCU) en termes d’accompagnement et d’accueil d’adultes en reprise d’études. Ainsi le déni de reconnaissance qu’E. Renault présente comme une forme de méconnaissance caractérise ici l’invisibilisation des activités professionnelles des agents de la FCU. C’est sous cet angle que ses pratiques seront interrogées à la marge de la formation et des administrations de l’Etat : la formation continue ici étant mise à l’œuvre par des agents dont l’appellation de leurs fonctions sont en adéquation avec leur activité mais sans que leur compétences, qualifications et expériences professionnelles ne soient pour autant reconnues pas l’institution universitaire. Des enquêtes empiriques de ces services FCU ont permis de rendre compte de l’invisibilisation de leurs pratiques professionnelles dans une organisation subventionnée par l’Etat occultant une partie de ses acteurs. Les activités réalisées par ces agents peuvent donc être considérées comme des métiers flous . Sous un autre aspect des entretiens formels d’étudiants en formation continue sont venus confirmer les représentations de ces agents invisibles pour le public au sens large . Des observations d’actions promotionnelles de la FCU sont venues étayer l’hypothèse que les médias sont devenus une nécessité pour faire fonctionner ces services et accroître l’activité des agents ; faits permettant de cerner l’utilité lucrative et formative de la FCU au regard des universités et de potentiels bénéficiaires dans notre société contemporaine.


Perdoncin Anton, Blavier Pierre | Atelier 9, Session B

Les immigrés aux marges de l’emploi ? Formes d’insertion professionnelles des travailleurs immigrés en France, 1975-2008
Cette proposition s’inscrit dans l’axe IV de l’appel à communication (« Expériences et subjectivités dans les activités aux marges »). Son principal enjeu est de rendre compte des trajectoires professionnelles des migrants en France depuis 1975.
A partir du milieu des années 1970, une série de circulaires et de décrets modifie de manière fondamentale les conditions d’entrée et de séjour des travailleurs migrants (circulaire Marcellin-Fontanet en 1972, suspension « temporaire » de l’immigration de travail en 1974, …). Leur effet est double : précarité administrative d’une part, accentuation d’un processus d’installation des travailleurs migrants et de leurs familles d’autre part. Ce processus a lieu dans un contexte bien particulier sur le terrain de l’emploi, avec la progression du chômage de masse et la montée en puissance progressive de formes atypiques d’emploi, qui ont touché tout particulièrement les secteurs intensifs en main-d’œuvre immigrée. L’immigration, comme objet d’étude, manifeste ainsi sa « fonction-miroir » d’analyseur privilégié des transformations des conditions de travail et des frontières de l’emploi.
Pour aborder cette question des effets de ces mutations des années 1970 sur les trajectoires professionnelles des travailleurs immigrés, nous proposons une analyse du volet longitudinal de l’enquête Trajectoires et Origines (INED-INSEE, 2008), en suivant les trajectoires professionnelles d’immigrés arrivés en France entre 1970 (avant la rupture des circulaires de 1972) et 1984 (avant la création de la carte de résident de 10 ans décidée par le gouvernement Fabius).
L’analyse quantitative sera menée à partir d’une méthode d’appariement optimal (optimal matching) développée par Andrew Abbott, dans le but de repérer des régularités de formes de séquences et d’en inférer (par une classification automatique) des types de trajectoires professionnelles. L’enjeu sera alors de qualifier ces types, et de voir en quoi ils marquent la participation des travailleurs migrants aux formes marginales ou centrales d’emploi.


Perez-Sepulveda Sébastien | Atelier 10, Session D

Déplacer les frontières matérielles et symboliques du travail. Enjeux politiques et normatifs des luttes des travailleurs en sous-traitance de l’économie exportatrice chilienne
Le monde du travail chilien contemporain se caractérise par une forte flexibilité de la main-d’œuvre et une fragmentation « forcée » de l’action syndicale, dont la marge de négociations collectives est réduite au niveau de chaque entreprise, selon les dispositions actuelles du Code du travail. Ces caractéristiques se superposent de manière critique dans le régime de sous-traitance, système de travail régulé en 2006 et qui atteint aujourd’hui plus d’un tiers de la force du travail.
Paradoxalement, c’est au cœur de ce régime que se sont développées récemment les expériences d’action collective les plus importantes du monde du travail dès le retour à la démocratie en 1990, particulièrement dans le contexte de l’économie exportatrice. Ces expériences portent des traits assez spécifiques. D’une part, elles sont développées par l’action syndicale des travailleurs en sous-traitance eux-mêmes, parfois en contraposition aux syndicats des travailleurs « internes » des entreprises et où la présence du central national de travailleurs est la plupart du temps problématique. D’autre part, elles cherchent à imposer des négociations collectives auprès des entreprises principales, articulant les syndicats des entreprises intermédiaires des chaînes en sous-traitance et dépassant ainsi le cadre de négociations admit par la loi du travail.
Ces expériences ont alors cherché à déplacer les frontières matérielles et symboliques de l’action syndicale et du travail en sous-traitance, déplacement qui n’est pas évident, mais toujours conflictuel. Dans cette communication je propose donc d’analyser les enjeux politiques et normatifs de ces expériences et leurs déplacements, surtout dans les cas de l’industrie minière, forestière et le secteur portuaire, lesquels correspondent aux terrains de ma recherche doctorale actuelle.


Sarfati François, Mignot-Gérard Stéphanie, Perrin-Joly Constance, Vézinat Nadège| Atelier 7, Session C

L’alternance aux marges de l’emploi. Expériences de cadres de la banqueRetour ligne automatique
Selon les termes de la loi du 28 juillet 2011, les apprentis sont des salariés. A ce titre, ils occupent un emploi et effectuent un travail qualifié puisqu’ils signent un contrat de travail d’une durée d’un à trois ans avec un employeur et suivent concomitamment une formation dans un établissement diplômant habilité. L’alternance est-elle alors perçue, conçue et vécue comme un emploi précaire, comme une modalité d’un parcours de formation et/ou comme un moyen de cumuler études, expérience professionnelle et salaire ? A partir d’une enquête quantitative et qualitative réalisée entre 2011 et 2013 auprès de trois Masters en finance, nous considérerons l’apprentissage comme un dispositif public de formation aux marges du travail et de l’emploi. Retour ligne automatique
Soucieux d’apprendre le plus de choses possible au cours de cette expérience, les apprentis sont amenés à travailler un nombre d’heures dépassant celui indiqué sur leur contrat de travail. Ils réalisent ainsi une socialisation anticipatrice (Merton, 1957, p. 233) au sens où ils se projettent dans le statut de cadre auquel ils aspirent et se conforment aux normes de ce groupe de référence. Ainsi, être diplômé d’un bac+5 dans le domaine de la finance et envisager d’y obtenir rapidement une position valorisée les conduit à s’engager de manière intense dans l’activité de travail.Retour ligne automatique
Cependant, dans le Master étudié, au-delà de l’investissement fourni, un clivage s’installe entre les étudiants selon leur expérience sociale. Les jeunes d’origines populaires, selon leur expérience (direct ou indirecte) de la précarité, prioriseraient l’emploi quand ceux issus des milieux plus favorisés favoriseraient le travail. Les premiers disent vouloir se battre pour rester dans l’entreprise et pour que la proposition qu’on leur fera corresponde bien à leur aspiration, tandis que les seconds, ceux dont le parcours nourri d’autres modèles de carrière, sont plus prompts à candidater dans un second Master, s’investir dans la recherche d’un VIE ou partir une année à l’étranger. Ce projet de report de l’entrée définitive dans la carrière professionnelle est toujours pensé comme un moyen de garnir un CV déjà bien rempli. Ces deux types d’aspiration (insertion immédiate ou prolongation de l’indétermination) ont alors des conséquences directes sur le rapport entretenu avec l’entreprise et le travail effectué en son sein. Pour les uns, la flexibilité offerte aux entreprises est une opportunité d’expérience supplémentaire, tandis que les autres ont conscience de l’existence d’un rapport de force en faveur des entreprises et d’un risque de précarité associé. C’est en ce sens que ces expériences de jeunes cadres de la finance nous permettent d’appréhender dans quelle mesure l’alternance se situe à la marge de l’emploi et du travail et comment la subjectivité des étudiants détermine le sens qu’ils donnent à leur passage par ce dispositif qu’est l’alternance.


Petit Sébastien | Atelier 4, Session C

La production de la marge dans un cadre de travail gestionnaire. L’informalité dans les processus de conception industrielle
Le travail de conception a connu ces dernières décennies un double mouvement de rationalisation : d’une part, un élargissement des fonctions organisationnelles, de l’autre, un renforcement des systèmes de prescription des tâches à travers les outils informatiques et les processus associés. Avec la conception assistée par ordinateur, le management par projet et l’organisation en réseau, les concepteurs font face à d’étroites normes techniques, organisationnelles, financières, commerciales et professionnelles.
Certes, le travail collectif flexible et simultané invite les concepteurs à adapter constamment leur travail à celui de l’ensemble des personnes œuvrant sur un même projet. D’ailleurs, les manageurs ne manquent pas d’insister sur la créativité et l’innovation dont doivent faire preuve les concepteurs dans ce contexte. Pourtant, si le travail de conception emprunte la voie de l’informalité par rapport à la prescription, c’est avant tout parce ce qu’il est confronté à des contraintes organisationnelles et à des contradictions productives. De situations de sous-effectif à la coopération entre des équipes dispersées, en passant par le respect des objectifs financiers et l’affaiblissement des identités de métier, les concepteurs tendent à rechercher dans la marge les ressources matérielles et symboliques dont ils sont privés par ailleurs.
On peut ainsi se demander comment se réalise la dialectique entre les normes formelles de production et le travail dans la marge et que signifient ces tensions concernant l’évolution du travail de conception industrielle. En partant de l’hypothèse selon laquelle le développement de l’informalité dans le travail de conception est une part peut visible mais entièrement solidaire du procès de production, nous examinerons comment les politiques managériales cherchent à entretenir un travail et une coopération informels indispensables à l’efficacité productive tout en s’exerçant à contrôler ceux-ci à travers le constant renouvellement des dispositifs de gestion.


Petraki Géo | Atelier 6, Session B

Le travail intérimaire en Grèce : certains cas de travail intérimaire dans la fonction publique
Le modèle prédominant d’organisation du travail, pendant les décennies de la forte croissance, a gravité autour de ce qu’il est convenu d’appeler l’emploi typique, c’est-à-dire celui qui est caractérisé par une relation de travail binaire, à temps complet, pour un seul employeur, pour une durée indéterminée, s’étendant parfois sur toute la vie et s’exerçant sur les lieux de travail de l’employeur. Puis, se sont développées et multipliées diverses formes d’emploi s’écartant de ce modèle fondé sur l’unicité d’employeur et de lieu et sur la continuité dans le temps.
Le travail intérimaire n’est pas quelque chose de nouveau pour les pays européennes la Grèce y compris. Cependant nous pensons qu’en Grèce au cours des dernières années il y a de changement importants concernant le volume du phénomène, sa pénétration élevée dans tous les domaines de l’économie, ainsi que ses caractéristiques. Plus spécifiquement la législation introduite en 2001 a pousse la croissance du phénomène dans le secteur prive de l’économie mais seulement dans certains catégories (nettoyage, gardiennage) dans le secteur publique. Or depuis la mise en place de la « dévaluation intérieure » la fonction publique au même temps qu’ elle débauche/mets en chômage/ disposition/ou en mobilité ses fonctionnaires ou ses employé(e)s au même temps de larges campagnes de recrutement sont mises en place a travers des ONG ou diverses types d’ institutions –qui en plus sont remboursées avec le 5% de budget par projet- pour « louer » du personnel aux diverses instances de la fonction publique (administration, territoire, sante) Nous nous proposons : D’examiner l’envergure du phénomène en Grèce au cours des dernières années qui sont des années de déstructuration générale du droit du travail, à travers des ressources quantitatives et qualitatives disponibles. D’examiner plus spécifiquement la pénétration du phénomène d’intérim dans la fonction publique à ses diverses formes. D’effectuer des interviews qualitatives auprès du personnel d’une entreprise ETT (Entreprise de Travail Temporaire) fournisseur de la fonction publique. D’examiner certains éléments comparatifs du phénomène dans d’autres pays européens. Notre démarche va essayer donner des éléments de réponses pour certaines de questions générales de cet colloque : Si nous définissons l’emploi dans la fonction publique en tant que « centre du travail » (ou plutôt un de centres) et les intérimaires en tant que « marges du travail » comment marges et centres s’articulent-ils et ou se combinent-ils dans de nouveau rapports socio-économiques ? Quels rapports au travail entretiennent les catégories d’acteurs situées aux marges ? Quelles capacités de résistances et de mobilisations ont-elles ?
Notre hypothèse de travail sous forme de jeu de mots est que en Grèce a nos jours il y a un déplacement total de frontières entre les centres et les marges et que ce qui auparavant constituer les marges est en train d’obtenir une centralité, et de imposer une normalité-violente qu’elle soit- qui se veut légitimée par les ordres de troica.


Pette Mathilde | Atelier 1, Session B

Travail militant et associatif : des pratiques invisibles au cœur de l’application de politiques publiques. Le cas de la cause des étrangers.
À partir d’observations directes d’une commission préfectorale de réexamen de situations administratives d’étrangers sans-papiers dans laquelle siègent des représentants d’associations, nous nous attacherons ici à étudier une forme de travail militant et associatif, habituellement invisible, qui se déroule en partie dans un cadre formel et institutionnel.
Nous montrerons d’abord dans quelle mesure le travail militant dans la cause des étrangers entretient une relation ambigüe à l’État, ses institutions et ses représentants. Destiné à influer sur les politiques migratoires et à accompagner et défendre les étrangers, le travail militant se trouve dans le même temps façonné et conditionné par ces mêmes politiques. Les associations adaptent leurs activités en fonction du contexte politique qui structure leur cadre d’action. De ce fait, c’est la nature du travail militant qui évolue : il devient plus routinisé, se juridicise, s’individualise et se formalise. Les militants associatifs adaptent leurs pratiques ainsi que l’organisation, les outils et les supports de leurs activités militantes.
Nous montrerons ensuite comment ce processus de juridicisation participe à une diminution de la distance constatée entre les associations et l’État. L’application des politiques migratoires par les administrations compétentes se fait dans ce cas avec, et en partie par, les associations de la cause des étrangers. On observe ainsi que la mise en place de ce type de dispositif formalisé permet aux représentants de la Préfecture d’externaliser une charge de travail vers les associations tout en influant sur le potentiel de conflictualité de l’espace militant étudié. La possibilité de participer à ces réunions constitue en effet pour les militants une occasion de faire reconnaître leur travail et leur expertise dans le domaine.
Plus largement, cette communication permettra d’interroger les phénomènes de brouillages des frontières entre travail militant et associatif d’une part, et travail administratif d’autre part en étudiant les évolutions du travail militant à l’œuvre dans une cause spécifique.


Peyrard Catherine | Atelier 7, Session D

Face à l’emboitement des marges : rapport au travail et parcours d’insertion professionnelle de personnes handicapées du fait de troubles mentaux.
Notre objet de recherche porte sur le rapport au travail et l’insertion professionnelle d’une population de personnes handicapées du fait de troubles mentaux. La population de notre dispositif d’enquête a été reconnue dans ce statut par la Commission des Droits et de l’Autonomie des Personnes Handicapées (CDAPH), installée au sein de chaque Maison Départementale des Personnes Handicapées (MDPH) en Île de France. Puis elle a été orientée vers une association proposant un stage de pré-orientation qui débouche sur des projets individualisés d’insertion professionnelle. Nous suivons des volontaires pendant trois ans après le départ du stage.
Avant même de se trouver dans les marges de l’emploi et du travail, ces personnes se trouvent de fait mises aux marges de la vie, de leur vie. Dans le cadre de leur nouveau statut, elles obtiennent une RQTH (Reconnaissance de la Qualité de Travailleur Handicapé). Ce statut est là pour les protéger mais de fait il les installe également dans une nouvelle marge. Alors que sont mises en place des mesures de discriminations positives, le taux de chômage des personnes handicapées est le double des autres et celles dont le handicap est dû à des troubles mentaux subissent encore plus durement la discrimination. Nous verrons comment ces personnes installées dans des marges « dures » tentent de construire leur chemin en tension entre le désir de conformité et le fait de ne pas faire uniquement ce que les autres, à savoir les institutions familiales, sanitaires ou médico-sociales, attendent d’elles. Nous verrons comment certaines, face à la nécessité de « prendre soin » d’elles-mêmes, construisent une figure du travail à distance de la figure, plutôt masculine, du travail salarié à temps complet mais également de la figure, plutôt féminine, d’un travail à temps partiel dans les services marchands. Cette autre figure du travail donne une place et un sens au travail qui déplace largement la construction de la vie et son centre de gravité.


Montes Cato Juan, Bosisio Walter, Delfini Marcelo, Picchetti Valentina, Ventrici Patricia | Atelier 11, Session C

Procesos de desindustrializacion y territorio en la ciudad de La matenza Argentinas
El proceso de reestructuración neoliberal dominó las transformaciones socio-económicas durante la década de los noventa en Latinoamérica y en algunos países como en Argentina su impacto fue profundo y desestructurador. A pesar del contexto de hegemonía neoliberal, la movilización obrera logró articular diferentes formas de resistencia y rearticulación de solidaridades tanto en los espacios productivos como por fuera de estos. Para poder dar cuenta de estos procesos de resistencia de los colectivos obreros hemos tomado como caso paradigmático lo sucedido en Argentina –en particular en un territorio empobrecido de Buenos Aires- focalizando el impacto y respuesta de los colectivos desocupados. Estos sectores fueron altamente afectados por el embate de la reestructuración y sin embargo pudieron construir formas alternativas de recomposición de lazos sociales y dar una respuesta desde el mundo del trabajo a los desafíos que el neoliberalismo los enfrentaba en el marco de las relaciones explotación situadas.

La experiencia de estas formas de organización son muestras de la vitalidad y la iniciativa de los sectores subalternos para desplegar respuestas innovadoras a los procesos de reestructuración social y económica de países periféricos.

Esta ponencia busca analizar desde una perspectiva de largo plazo los efectos de las políticas de reestructuración sobre la composición de la fuerza de trabajo en un país latinoamericano y en particular, las respuestas colectivas desarrolladas por los desocupados, en una mirada que permita reflexionar sobre las formas de lucha que llevan adelante estos sectores y el modo en que se despliegan en territorios específicos. El período analizado es 1991-2012, identificando dos sub-fases 1991-2003 y 2004-2012. Las preguntas centrales están destinadas a develar ¿cuáles fueron los modos específicos de recomposición de los colectivos de desocupados frente a la transformación de la relación capital-trabajo de las últimas dos décadas ? y ¿en qué sentido la politización de las clases subalternas en el período de hegemonía neoliberal construyó disposiciones para la acción que se materializaron en conquistas sociales y económicas en el último período de análisis ?


Pigeron-Piroth Isabelle, Belkacem Rachid | Atelier 6, Session B

Développement et diversification du travail frontalier : le cas des intérimaires transfrontaliers
En Lorraine, près d’un actif sur dix a son emploi de l’autre côté des frontières (Belgique, Luxembourg ou Allemagne). Les territoires les plus proches des frontières sont les plus impactés, avec dans certains villages parfois trois salariés sur quatre qui sont occupés dans le pays voisin. Au sein de la Grande Région SaarLorLux (espace regroupant le Luxembourg, la Lorraine, la Sarre et la Rhénanie-Palatinat, ainsi que la Wallonie), la progression du nombre de travailleurs frontaliers s’est accompagnée d’une relative diversification des modes d’usage de cette main-d’œuvre (comme le travail intérimaire transfrontalier, ou encore les mini-jobs en Allemagne …). Cette communication commencera par analyser les principales dimensions socioéconomiques du travail frontalier lorrain pour s’interroger ensuite sur l’émergence de formes singulières (ou à la marge) de mobilisation de main-d’œuvre par les entreprises localisées de l’autre côté des frontières. Nous insisterons sur les travailleurs frontaliers occupés au Luxembourg, un pays d’emploi pour lequel nous disposons de données quantitatives et qualitatives actualisées, et plus particulièrement sur le travail intérimaire des salariés résidant en Lorraine et inscrits dans une agence d’intérim au Luxembourg. En raison du caractère triangulaire de cette relation d’emploi et de l’apparition de la frontière entre les trois acteurs (agence d’intérim, travailleur et entreprise utilisatrice), le développement de cette forme d’activité n’est pas sans soulever des questions. Ainsi, les différences de cadres nationaux réglementaires de l’intérim produisent un certain nombre de points problématiques au sein du statut de ces travailleurs. Cette communication se penchera dans un dernier temps sur les implications du développement et de la diversification du travail frontalier en termes de mesure de ces formes de travail, mesure compléxifiée par la multiplicité des pays en jeu (et donc des cadres juridiques et définitions), et par l’hétérogénéité des cas de figures possibles.


Pillon Jean-Marie, Vivès Claire | Atelier 4, Session A

La formalisation de l’accompagnement des demandeurs d’emploi et ses transgressions.
Les évolutions des politiques d’emploi à la fin du XXe siècle ont conduit à faire de l’accompagnement des demandeurs d’emploi un levier jugé déterminant du retour à l’emploi. En France, l’accompagnement fait l’objet de prescriptions précises dans les textes législatifs et conventionnels et au sein des opérateurs publics et privés. Cette formalisation témoigne du rôle assigné aux intermédiaires du marché du travail et aux demandeurs d’emploi par les pouvoirs publics. Dans le cadre de différents programmes « d’activation », les opérateurs publics et privés de placement sont commandités pour mettre en œuvre un encadrement des demandeurs d’emploi fondé sur l’aide et sur le contrôle de la recherche d’emploi. En retour, il est attendu des demandeurs d’emploi qu’ils s’approprient ces dispositifs pour construire une recherche d’emploi « positive », qui n’est pas nécessairement synonyme de « retour à l’emploi ».
La prescription du volume d’activité (corrélée au nombre de demandeurs d’emploi) se double d’une prescription de la qualité attendue de ce travail d’accompagnement (personnalisation, mises en relation, prestations etc.). Ces injonctions sont contrôlées par des indicateurs de performance pour l’opérateur public et par des mécanismes d’encadrement marchands pour les opérateurs privés.
Notre communication analyse conjointement la formalisation de l’activité d’accompagnement par les prescripteurs et les transgressions de ces prescriptions par les accompagnateurs. Ces derniers – aussi bien privés que publics – en réponse aux dispositifs de formalisation de la quantité et de la qualité de l’accompagnement des demandeurs d’emploi, élaborent des procédures destinées aussi bien à prouver à leurs tutelles qu’ils mettent en œuvre les prescriptions, qu’à contourner cette formalisation et mettre en place un suivi des demandeurs d’emploi plus approprié à leurs moyens humains et matériels.
Ce travail montre finalement la difficulté pour l’Etat de rationnaliser le traitement des franges marginales de la population des chômeurs, ceux dont l’employabilité est jugée la plus faible.


Benoît Pinto | Atelier 2, Session B

En dehors de l’école, un temps pour le travail ?
La Docherie est un quartier de la ville de Charleroi dont le destin est lié au dynamisme industriel local. A l’heure actuelle, le tissu industriel s’est fortement transformé et de nombreux sites sidérurgiques ont fermé leurs portes. Face à la progression des situations de pauvreté liée à la perte d’emploi, différentes initiatives psycho-médico-sociales ont vu le jour dans le quartier. Pour certains professionnels, le cadre de travail, le mandat ou la relation singulière avec l’usager ne permet pas de prendre connaissance des activités extrascolaires des jeunes du quartier. Que font-ils ? Que vivent-ils ? La communication se propose d’évoquer les formes variées de travail auxquelles prennent part les jeunes Dochards. De fait, pour nombre d’entre eux, le temps en dehors de l’école ne correspond pas à un temps inactif, qui se résumerait à « rester cloué sur un banc ». Entraide familiale, travail étudiant… sont monnaies courantes mais pas toujours perceptibles de prime abord. Pour ce faire, il est avantageux de pouvoir bénéficier d’un angle de vue singulier, offert dans le cas présent, par le centre de jeunes local au sein duquel j’ai l’opportunité de réaliser de l’observation participante. Je ferai appel à ce qui m’est rapporté lors d’entretiens individuels, des heures de permanence ou ce que nous entreprenons avec les jeunes par l’intermédiaire de notre double positionnement de travailleur social et chercheur au sein d’Espace Jeunes, projet multi-partenarial qui s’adresse aux 12-25 ans qui résident à La Docherie.


Queiroz Allan Souza, Plancherel Alice Anabuki | Atelier 5, Session C

Travail salarié des coupeurs de canne à sucre dans le Nord-est du Brésil : visibilités et invisibilités
Cette communication analyse la dynamique actuelle du travail salarié dans l’agro-industrie du sucre dans le nord-est du Brésil, plus particulièrement dans la région de Alagoas. La production de sucre, dans l’Alagoas, repose sur la récolte manuelle de la canne à sucre. L’article vise à analyser les effets de la restructuration récente de la production de sucre sur la reconfiguration du marché du travail. A partir des années 1990, on assiste en effet à un processus de formalisation de l’emploi des coupeurs. Pourtant, nos recherches empiriques récentes (2012-2013) révèlent une configuration dans laquelle une quantité significative de coupeurs jusqu’alors soustraits au regard des sociologues, est constituée de travailleurs informels employés dans les plantations des fournisseurs de canne à sucre. En ce sens, l’analyse souligne la complexité et l’hétérogénéité du travail dans cet univers professionnel, hétérogénéité qui tend à se renforcer sous l’effet du processus de mécanisation de la récolte de canne à sucre. Le point commun entre les salariés formellement embauchés (les fichados) et les travailleurs au noir (les clandestinos) réside dans la diversité des formes d’embauche flexibles (travail intermittent), dans la précarisation et l’intensification d’un travail soumis à des exigences variables de productivité qui déterminent la rémunération salariale. Si le travail formel se présente comme un univers visiblement jeune et masculin, dans un secteur informel jusqu’alors ignoré par l’État lui-même, ses organes compétents en matière de travail et de protection sociale, et la représentation de classe (les syndicat de travailleurs), les variables de genre et de génération sont sans effet, ce qui donne lieu à un marché spécifique dont cette recherche rend compte. Nous analysons ainsi la coexistence de formes contemporaines et traditionnelles dans l’univers du travail de la récolte de canne à sucre.


Plantard Guillaume | Atelier 7, Session A

Etre jeune diplômé et allocataire du RSA : des modes de vie en périphérie du salariat, entre conflictualités et négociations.
Cette communication s’appuiera sur une recherche doctorale,en cours, qui analyse les modes de vie et les trajectoires sociales des jeunes diplômés allocataires du Revenu de Solidarité Active (RSA) habitant dans le département du Bas-Rhin. Les modes de vie et les trajectoires sociales de certains jeunes diplômés rencontrent des problèmes existentiels, économiques et sociaux dans la construction d’un devenir adulte. Celui-ci est dominé, par une adaptation à un mode de vie qui passe d’abord par le placement des personnes sur le marché de l’emploi. Toutefois, des jeunes diplômés se questionnent, se mobilisent ou bien se distancient par rapport à l’institution salariale. Ils décident alors, plus ou moins contraints, de recourir au RSA. Les jeunes diplômés allocataires utilisent ce droit social pour agir sur leurs expériences, sur leurs identités et sur leurs interactions sociales et faire face à différentes injonctions sociales. Ils sont alors contraints de négocier avec leurs entourages proches et avec les professionnels du dispositif RSA. Ainsi, la problématique de notre recherche vise à questionner et à saisir les formes de conflictualités et de négociations qui traversent les modes de vie et les trajectoires sociales des jeunes diplômés dépendants du dispositif RSA.

Cette communication nous permettra de rendre compte essentiellement des modes de vie, c’est à dire des formes de pratiques et de représentations sociales des jeunes diplômés allocataires du RSA par rapport au domaine de l’emploi mais aussi aux différentes activités qui se déroulent hors du salariat. Cela afin de mettre en évidence des processus de socialisation et de singularisation qui se développent avec la pratique du RSA et en marge de l’emploi. Pour cela, nous avons défini, à partir d’une recherche empirique, trois formes de modes de vie appelés « disqualifié », « légitime » et « nomade » qui seront préciser lors de la communication.


Poblete Loréna | Atelier 5, Session D

De la formalité du travail informel. Le cas du monotribut social en Argentine
Depuis les années 70, le débat sur l’informalité en Amérique latine tourne autour de deux concepts d’informalité qui ont été rarement utilisés de manière conjointe. L’informalité est présentée d’une part comme un mode de contractualisation qui reste en dehors de régulations du travail. Le travail informel est donc conçu comme travail non enregistré. D’autre part, l’informalité est présentée comme une manière de produire caractérisée par des unités productives à bas échelle situées dans des milieux urbains, ayant peu de travailleurs, une très bas productivité, bas ou nul niveau technologique, ainsi qu’une faible division du travail.
Les politiques de formalisation du travail généralement ont essayé de combattre l’informalité selon la première définition. Cependant, en Argentine, depuis 1998, grâce à la création de la catégorie « monotributaire », l’État s’engage dans un projet beaucoup plus ambitieux : formaliser les rapports de travails informels selon la deuxième définition. Dans le cadre d’une réforme fiscale qui donne naissance à la catégorie « petit contribuable » (plus connue comme « monotributaire »), s’instaurent un ensemble de dispositifs permettant la régulation des activités développées dans le dit marche secondaire. Il s’agit particulièrement des activités réalisées à domicile et dans le secteur rural.
L’objectif de cette communication est d’analyser la genèse, évolution et implications de deux catégories de monotributaires particulières : monotributaire-social et monotributaire social-rural. La première catégorie permet la formalisation des activités de travailleurs inscrits dans de programmes d’aide à l’emploi et coopératives de travail. La deuxième concerne les travailleurs engagés dans l’agriculture familiale. En analysant ces catégories, on peut se demander qu’est-ce que veut dire formalisation du travail. S’agit-il du droit aux protections légales et sociales ? S’agit-il d’un véritable accès à ces protections ? S’agit-il d’un simple enregistrement ? Est-elle une forme nouvelle de régulation du marché du travail ?


Chappe Vincent-Arnaud, Guillaume Cécile, Pochic Sophie | Atelier 11, Session B

Les dispositifs négociés de « sécurisation des parcours militants » : reconnaissance ou invisibilisation des discriminations syndicales ?
Jusqu’aux années 2000, la discrimination syndicale, au sens de représailles des employeurs contre les représentants des salariés dans l’entreprise, n’était pas un terme utilisé par les sociologues pour décrire les relations sociales en France. L’hostilité des employeurs était souvent banalisée par les syndicalistes eux-mêmes qui considéraient la "placardisation" en entreprise comme le prix à payer de leurs convictions. Si les syndicalistes peinent encore, pour beaucoup, à se reconnaître comme discriminés, l’aménagement de la charge de la preuve en matière de discrimination syndicale dans la loi en 2001 a contribué à une prise de conscience et une croissance des contentieux en la matière, notamment du coté de la CGT. Parallèlement, la loi de 2008 sur la réforme de la représentativité syndicale a instauré une obligation de négociation sur la "sécurisation" des parcours des militants syndicaux pour les entreprises de plus de 300 salariés. Selon le Ministère du Travail, on compte environ 2.300 accords d’entreprise signés par an. Au-delà de la mise en conformité avec la loi, quelles sont les raisons qui poussent les entreprises et les organisations syndicales à négocier des accords ? Quelles sont les formes d’appropriation de cette injonction à négocier selon les contextes ? Quelles articulations avec d’autres usages du droit anti-discriminatoire ? Quels sont leurs effets ? Autant de questions que nous traiterons dans le cadre d’une enquête par monographies en cours auprès de six entreprises, certaines connues pour la générosité de leur droit syndical et leur forte syndicalisation, d’autres réputées pour leur faible taux de syndicalisation, voire leurs pratiques anti-syndicales. Comme pour d’autres types de discriminations, nous faisons l’hypothèse que l’articulation des différents usages du droit collectifs ou individuels (négociation collective, action en justice, tractation individuelle) peut s’avérer complexe et joue non seulement sur la conscience du droit des personnes discriminées, mais également sur l’effectivité du droit.


Prévot-Carpentier Muriel | Atelier 2, Session D

Individus et collectifs producteurs de marges : quels processus d’obstruction et d’invisibilisation ?
Dans une perspective à la croisée de l’épistémologie et de la philosophie sociale, nous considérons que les marges du travail lui sont d’abord internes et considérées comme résiduelles. Or leur invisibilisation prive les entités productives de potentialités fécondes à la fois socialement et économiquement. Le travail apparaît défini stricto sensu et rabattu sur l’emploi, dans son usage courant dans les institutions et dans l’entreprise, quelle soit publique ou privée, comme nous le montrons à travers notre rapport de l’Observatoire des Conditions de Travail de l’ANPE paru en 2005.
En identifiant des marges internes à l’activité et déployées en catimini, qui correspondent à ce que les individus et collectifs mettent d’eux-mêmes dans les processus productifs afin de les faire aboutir, nous interrogeons la capacité de nos sociétés à intégrer ce que les personnes, multitudes de centres agissant dans le milieu, apportent de singulier et différencié pour le vivre ensemble. Cette question impensée de nos démocraties dans lesquelles l’espace de l’entreprise est en droit soustrait à l’espace public démocratique, apparaît indispensable pour la mise en visibilité des gestions de soi négociées individuellement et collectivement.
Car l’invisibilisation du travail comme activité est celle des normes, et des valeurs qui les sous-tendent, faisant débat dans l’activité quotidienne des sujets, par des prescrits corsetés et descendants. Ce processus organisationnel tend à une hétérodétermination étroite de l’activité humaine c’est-à-dire une limitation de la capacité à être des individus qui alimente le développement de pathologies, symptômes de cette asphyxie institutionnalisée. Cet aspect vital et social de l’activité humaine est un enjeu central du débat social, propre à émerger par des modélisations renouvelées de concepts, tel celui de « conditions de travail », pour faire apparaître les multiples entités de débats de normes à l’œuvre dans le milieu auquel chacun apporte une part.


Matus Murielle, Prokovas Nicolas | Atelier 7, Session B

Pourquoi devenir aide à domicile ? Une interprétation de la mobilité professionnelle à l’issue du chômage
Problématique
Se réorienter professionnellement n’est pas une décision anodine, surtout si elle intervient dans le cadre d’une rupture du parcours professionnel pour cause de chômage ; dans ce cas, où se situe la frontière entre une mobilité délibérée et celle qui s’effectue sous contrainte (financière, personnelle, autre) et qui concerne, tout de même, près d’un chômeur sur cinq qui trouve un emploi ?
Au-delà des caractéristiques individuelles et du parcours au chômage – notamment la pratique d’activités réduites qui repousse plus loin les marges de l’emploi et rend « encore plus problématique la signification du terme chômeurs » (Demazière, 2006) –, le métier de provenance participe de manière primordiale à définir la trajectoire et la mobilité professionnelles qui s’effectuent suivant la dynamique en œuvre sur le marché du travail (Duhautois et al., 2012).
Un cas emblématique de la mobilité professionnelle est celui de l’essor d’une nouvelle domesticité autour des services aux personnes (Devetter et al., 2009), métiers par excellence peu qualifiés, moteurs de la silver économie (CGSP, 2013) et réservoirs de main-d’œuvre également peu qualifiée que la crise actuelle a contribué à mettre au ban de l’activité industrielle.
Méthode
À partir des données qualitatives et quantitatives issues de deux enquêtes récentes sur les mobilités professionnelles des chômeurs, nous testerons les causalités qui relient caractéristiques individuelles, emplois actuel et précédent (métier, durée de travail, rémunération…) et nature de la mobilité. Nous porterons un regard particulier aux emplois relevant des services aux particuliers. Nos résultats seront mis en perspective grâce à des données provenant du fichier historique des demandeurs d’emploi.


Pudal Romain | Atelier 3, Session A

Précarisation des professionnels et professionnalisation des précaires, les sapeurs pompiers
A partir d’une enquête ethnographique chez les pompiers français et d’une analyse de documents multiples (textes parlementaires et législatifs, rapports de services d’incendie et de secours (SDIS), publications syndicales…), je souhaiterais analyser les formes d’invisibilisation du travail dont ce service public me semble exemplaire. Loué pour son professionnalisme, il est en effet largement assuré par des non-professionnels (volontaires salariés, étudiants ou bien précaires et chômeurs) dont le statut ne cesse d’évoluer, suscitant critiques et tensions, le problème central étant la « crise du volontariat » (6000 SPV de moins en six ans) sans que les raisons de ce désengagement ne soient sociologiquement analysées. On assiste en réalité à un phénomène de « professionnalisation des précaires et de précarisation des professionnels » (V. Boussard) comme je souhaiterais le démontrer dans une communication en trois temps.
1/ Je m’intéresserai à la coexistence de statuts radicalement différents (« pros », militaires, volontaires, saisonniers, CDD, service civique…) et au « brouillage des frontières » entre professionnels et non-professionnels ainsi que leurs effets sur les collectifs de travail.
2/ J’aborderai la « syndicalisation paradoxale » des SPV en interrogeant les tensions qui caractérisent des mobilisations « improbables » de SPV adhérant largement aux « idéaux » de la vocation et du dévouement. Faire coexister ces représentations et un engagement syndical est source d’incompréhensions, voire de conflits.
3/ J’en viendrai aux mobilisations des pompiers professionnels, en analysant d’une part les politiques des SDIS pour enrayer la chute des effectifs de volontaires ou comment reconnaître les volontaires comme des pompiers comme les autres sans leur accorder le même statut ? Enfin, je m’intéresserai aux revendications et aux manifestations collectives souvent violentes de pompiers « pros », loin de l’image policée qui reste une face publique du métier.


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vendredi 27 juin 2014

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