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lundi 10 février 2014
par  Fleuriel Sébastien
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Tallon | Tcholakova | Teffe | Tekin | Thalineau | Thoemmes | Thunus | Tia | Tillard | Tilman | Torres | Touahri | Trabut | Troin | Tropia | Ubbiali


Tallon Hélène | Atelier 7, Session B

La pluriactivité des espaces ruraux, nouvelle marge du travail ou nouveau modèle ?
Si dans les années 70/80 de nombreux espaces ruraux enclavés et peu aptes à entrer dans le nouveau jeu de la compétitivité territoriale ont pu être considérés par les services de l’État comme des zones en déshérence dont il fallait définir de nouvelles vocations, c’est que les activités de leurs populations suscitaient au mieux l’indifférence, au pire la méfiance. La pluriactivité, cet ordinaire séculaire des espaces ruraux, ne cessera d’être marginalisée par la société moderne, alors même qu’elle se maintiendra fermement dans le secteur agricole et progressera même significativement ces dernières décennies dans les autres secteurs d’activité, parallèlement au mouvement de revitalisation des zones rurales. Or la pluriactivité reste une activité dans l’ombre, se nourrissant de bricolages du quotidien et d’un agencement subtil de ressources individuelles et collectives. Les politiques publiques à son égard sont ambigües et contradictoires.
Nos travaux menés en Languedoc-Roussillon de 2008 à 2011 auprès de pluriactifs, agriculteurs ou non et pour la plupart « néo-ruraux » , et depuis octobre 2013 dans les Hautes Alpes auprès de pluriactifs membres d’une coopérative d’activité , font ressortir une double difficulté : celle pour les pluriactifs de se définir dans une sphère professionnelle donnée, et la nécessité pour cela de choisir une activité de référence, l’arbitrage nécessaire étant alors tout sauf neutre, et celle pour les organismes de soutien à l’activité économique d’élaborer des politiques cohérentes face aux multiples formes et enjeux de la pluriactivité. La pluriactivité est en effet plus qu’une simple stratégie d’adaptation à un contexte contraignant. Les pluriactifs que nous avons rencontrés font état de leur rapport existentiel au territoire, de l’impératif de sens et de lien placé au cœur de leur travail, et de leur distance aux stratégies classiques de développement et d’accumulation, qui se traduisent par des conduites d’activité très éloignées des modèles normés du travail et de l’entreprise. La contrepartie pouvant être le recours au travail informel ou une précarité elle-même à interroger en tant que telle . Ces résultats nous amènent à questionner directement les politiques territoriales de l’emploi et de l’activité, et les marges dont disposent les dispositifs institutionnels pour prendre en compte les signaux faibles contenus dans ces pratiques qui font évoluer à bas bruit nos modèles de travail.


Tcholakova Albena | Atelier 1, Session C

Le travail des réfugiés, analyseur de sociétés
La présente proposition de communication s’appuie sur une recherche empirique sur l’expérience de travail des femmes et hommes réfugiés dits reconnus ou statutaires. Parmi les immigrés, appelés aussi les minorités visibles, ou invisibles, les réfugiés sont considérés, à tort, comme des privilégiés, devenant sans doute par là encore moins un objet d’attention. C’est ainsi qu’ils sont peu étudiés par les recherches académiques, y compris au sein des études migratoires. Pourtant, ils forment une catégorie spécifique qui mérite d’être étudié de manière spécifique. De par leurs parcours faits de bifurcations biographiques souvent très éprouvantes, ils sont caractérisés par l’impossibilité du retour dans leur pays d’origine. Une fois reconnus, ils bénéficient certes d’un statut protégé mais ce statut fait naître des attentes généralement déçues qui sont à l’origine de difficultés particulières.
Nous nous demanderons ainsi en quoi cette catégorie minoritaire et marginale de migrants peut éclairer tant la question de la migration que les normes et le fonctionnement de nos sociétés et de leurs institutions, notamment relatifs à la question du travail et de l’emploi, et plus directement des marchés du travail.
Nous nous proposons d’éclairer la spécificité de l’expérience sociale des réfugiés en l’analysant à la fois du point de vue de la dynamique de leurs carrières professionnelles, du point de vue des différents types d’effets que les institutions et les politiques publiques produisent sur elles, et du point de vue de l’expérience du déclassement.
L’expérience du déclassement social et professionnel apparaîtra ainsi comme étant déterminant et l’analyse compréhensive à partir d’entretiens se doublera d’observations de la relation de service qui caractérise le travail d’accompagnement vers l’emploi, qui mettent en lumière les négociations, les attentes de reconnaissance et les remaniements identitaires qui affectent les réfugiés.


Teffe Robert, Yomb Jacques | Atelier 5, Session A

Le marché de la transformation du rotin a Douala au Cameroun, entre informalité et formalisation
Cette recherche a pour objectif majeur d’analyser le marché urbain de la transformation du rotin. Elle s’attelle à mettre en exergue les modalités de construction sociale de ce marché en isolant son historique, son organisation, les réseaux d’acteurs, le processus de construction des identités et les perspectives de formalisation. La problématique majeure repose sur la question suivante : comment à travers les pratiques dispersées des acteurs opérant dans le marché informel de transformation du rotin naissent de manière tacite des nouvelles identités de métier alors que l’appareil des normes institutionnelles demeure tacite voire inopérant dans certains secteurs d’activités ? La méthodologie repose sur une logique inductive issue des biographies et des trajectoires de vie des travailleurs du rotin. La méthode compréhensive est retenue et traite les données qualitatives concentrées dans les entretiens réalisés auprès des travailleurs du rotin dans un cadre théorique qui privilégie le constructivisme social et l’ethnométhodologie. Les résultats montrent que : a) l’activité de transformation du rotin a connu une impulsion avec la crise économique qui a frappé le Cameroun dans les années 1980. Ce marché se construit autour des chaînes de réseaux interdépendants basées sur une division de travail entre des fournisseurs, des transformateurs et des distributeurs. b) Ce marché qui se greffe autour de l’offre et de la demande est socialement encastré. C’est un véritable marché de travail qui fonctionne comme un système d’échange local, une agence d’emploi servant de soupape d’échappement et de sécurité aux pouvoirs publics locaux. c) Ce système d’échange local laisse entrevoir dans la dynamique des acteurs des échanges sociaux diversifiés qui s’expriment dans des chaînes de sociabilité, de solidarité, des dispositifs de confiance, de calcul, d’utilité économique susceptibles d’impulser le développement local. La conclusion montre que dans des conditions sociales jamais définitives, mais toujours en construction, le marché de transformation du rotin est porteur de dynamiques sociales et des logiques de recompositions économiques favorables à la naissance de nouveaux métiers structurants et structurés par la formalisation.


Tekin Nial | Atelier 6, Session D

Les enjeux de la sous-traitance au sein de l’industrie de l’automobile en Turquie
En parallèle du processus de l’industrialisation en Turquie, nous remettons en cause la problématique de la sous-traitance dans l’emploi en générale et dans l’industrie de l’automobile en particulier. Nous nous servirons l’étude de terrain réalisé au sein du site de la production Renault en Turquie. A la suite d’une série d’entretien avec les salariés (les salariés interne et les sous-traitants), nous interrogerons le vécu des précaires dans une entreprise internationale. L’émergence d’une nouvelle stratification sociale entre les salariés, la non-reconnaissance, la concurrence éventuelle entre ces deux groupes non-homogènes et les conditions de travail seront nos points de départ pour une analyse sur les marges du travail et de l’emploi.


Thalineau Alain, Hot Florian | Atelier 7, Session D

Etre aux marges du travail avant même d’avoir accédé au premier emploi : Rapport à la norme « emploi » de jeunes en lycée professionnel
Différents travaux de recherche ont montré que les postures d’éloignement vis-à-vis de la norme « emploi » (CDI à temps plein) sont liés aux caractéristiques du marché de l’emploi et dépendent du milieu social, du genre, des caractéristiques des activités professionnelles exercées et du moment de la trajectoire professionnelle (Schehr, 1999, Paugam, 2000 ; Eckert H., Mora V., 2008 ; Drancourt, 2009). Peu de recherche s’intéresse à la façon dont des jeunes en formation initiale se situe vis-à-vis de cette norme « emploi ».
Dans le cadre d’une recherche en cours, nous nous sommes intéressés aux différentes projections dans l’avenir de jeunes scolarisés en lycée professionnel ou ayant arrêté depuis moins d’un an la formation (enquête par questionnaires auto-administrés (n= 536) et entretiens biographiques auprès de 30 jeunes scolarisés et de 30 jeunes ayant arrêté leur formation à n-1). Pour la plupart d’entre eux, ils aspirent à trouver un emploi stable après leur formation secondaire ou après une formation courte post-baccalauréat. Cependant, une partie d’entre eux (n=77) ne souhaite pas accéder à l’emploi à temps plein. D’autres jeunes ne veulent pas quitter leur territoire d’habitation pour trouver un emploi à temps plein après le baccalauréat. Notre communication vise à montrer que ces postures spécifiques vis-à-vis de l’emploi s’inscrivent dans une histoire individuelle et sociale dans laquelle se combinent les vulnérabilités sociales au sein des deux pôles d’intégration que sont le marché de l’emploi et la famille, et qui se déclinent différemment selon le genre du jeune, la configuration familiale et la position sociale des parents (Thalineau, 2004). Pour ces jeunes, il s’est élaboré une frontière entre l’intérieur du groupe familial et l’extérieur de celui-ci, qui tend à limiter l’étendue des relations au sein des territoires habités, et à réduire sur le plan professionnel les espaces du possible.


Thoemmes Jens | Atelier 6, Session C

Les marges du travail en Europe, un salariat détaché
Depuis 1996, l’Europe a codifié l’existence d’un salariat détaché en son sein. En effet la directive 96/71 définit le détachement provisoire d’une main-d’œuvre se déplaçant entre deux Etats européens. Cette situation conduit depuis les années 2000 à une mobilité importante de travailleurs des pays de l’Est et du Sud de l’Europe vers le Nord et son centre. La majorité de ces travailleurs se trouve sans certains secteurs (bâtiment, tourisme, agriculture) où les abus en matière de droits sociaux sont flagrants au point que plusieurs rapports français et internationaux pointent la nécessité de reformer la directive européenne pour mettre un terme au « dumping social » et à la surexploitation. Ces marges du travail en Europe ne sont donc pas un phénomène « marginal », mais bien une dynamique centrale du marché du travail européen dans certains secteurs. Le terme de « marge » s’entend ici comme une manière de rendre compte des règles du travail détaché. Le salariat détachée se trouve « en marge » des règles en vigueur dans le pays d’accueil en ce sens qu’il ne bénéfice pas des mêmes protections que la main-d’œuvre recrutée localement (étrangère et autochtone). Il s’agit d’un statut d’emploi qui comporte des règles effectives dégradées du travail. Pour discuter des ces réalités européennes nous mobiliserons un projet de recherche en cours sur le travail détaché des Portugais dans le secteur du bâtiment en France. Nous montrerons que les marges du travail sont les marges de manœuvre des employeurs portugais et français afin de bénéficier d’un salariat bon marché. Seule une réorientation de la politique européenne visant à garantir le respect des accords collectifs et la législation dans les pays de destination permettrait d’éviter la dégradation des conditions de travail et une situation concurrentielle entre salariés détachés et recrutement local.


Thunus Sophie | Atelier 2, Session C

Projets exploratoires dans le champs de la santé mentale en Belgique
Cette communication se base sur ma recherche doctorale consacrée à la réforme des soins de santé mentale en Belgique. Entamée en 2010, cette réforme repose sur des projets exploratoires locaux au sein desquels les acteurs professionnels et institutionnels définissent de nouvelles modalités de travail.
Ces projets confrontent directement les professions et institutions dominantes (ex : psychiatres et hôpitaux psychiatriques) à d’autres services et professions intervenant « à la marge » (ex : assistants sociaux et services de santé mentale). Leurs rencontres sont destinées à définir des modalités de travail compatibles avec un modèle de soins défini par les autorités publiques. Prenant acte de changements des problèmes de santé mentale, ce modèle promeut la psychiatrie communautaire et le travail en réseau. Il questionne donc l’organisation institutionnelle du champ, dominé par la psychiatrie hospitalière.
Le matériau empirique utilisé a été récolté au cours de la recherche européenne « Knowledge and Policy in Education and Health Sectors » (FP7) et de ma recherche doctorale. Il est issu d’une analyse documentaire, d’entretiens réalisés entre 2009 et 2013 (n=75), et d’observations réalisées depuis mai 2012 (n=45).
Cette communication mobilise les apports de la sociologie interactionniste (construction de sens) et des organisations (construction de l’organisation du travail). Elle analyse les négociations entre les différents acteurs au sujet de la signification de leur travail commun et des formes organisationnelles correspondantes. Elle met notamment en évidence les ressources, en termes de connaissances, dont disposent les professions non dominantes en vertu de leur expérience de modèles de soins proches du modèle communautaire. Elle met finalement en exergue la production collective et locale (située) d’une organisation du travail définissant de nouvelles marges (ex : territoriales) en vertu d’une signification négociée du travail commun.


Tia Pierre-Cédric | Atelier 7, Session B

Vivre et travailler en marge de son secteur initial de formation : le cas des exapprentis footballeurs
L’apprentissage du métier de footballeur nécessite inéluctablement, sauf exception, un passage au sein du Centre de Formation de Football (CFF) d’un club de football professionnel. Les jeunes (entre 15 et 21 ans) pensionnaires de ces centres, au statut d’apprenti, travaillent chaque jour à leur perfectionnement footballistique dans l’expectative d’embrasser une carrière professionnelle.
Néanmoins, ils sont pour la plupart rattrapés par une réalité sociale particulière. En effet, l’intégration d’un CFF ne signifie aucunement l’assurance de devenir footballeur, puisque 90% d’entre eux seront évincés sans parvenir au professionnalisme.
Nous nous évertuerons donc à mettre en exergue, les conséquences de cette éviction dans le devenir socioprofessionnel d’ex-apprentis footballeurs.
Comment vivent-ils leur reconversion professionnelle en marge du secteur du football professionnel, auquel ils aspiraient ? Comment les institutions sportives (clubs, fédération et ligues) perçoivent-elles ces jeunes individus ? Mais surtout, pourquoi une telle invisibilité sociale pour cette population supérieure numériquement au nombre de footballeurs professionnels en activité ?
Par l’intermédiaire de ces trois niveaux de réflexion, nous tenterons de comprendre et d’analyser à travers notre communication, comment les critères sociaux de réussite et/ou d’échec sportif sont le plus souvent évalués à l’aune d’une visibilité et/ou d’une invisibilité sociale générale et spécifique au champ du football.
Pour ce faire, nous présenterons les résultats d’entretiens qualitatifs menés auprès d’ex-apprentis footballeurs, de formateurs, d’entraîneurs et de dirigeants d’instances, mais aussi auprès d’apprentis actuellement en formation.
Cela nous permettra de déterminer les conséquences de l’imbrication du phénomène de visibilité/invisibilité sociale à celui de réussite/échec socio-sportif, dans le processus de reconversion d’ex-apprentis footballeurs.


Tillard Bernadette | Atelier 2, Session C

Le "tiers digne de confiance", un "assistant familial" informel ?
Dans le cadre de la protection de l’enfance, un enfant retiré à ses parents peut être confié à un membre de la parenté par le juge des enfants. Cette personne est alors nommée officiellement « tiers digne de confiance ». Sans être dépositaire de l’autorité parentale qui, dans la grande majorité des cas, reste l’apanage des parents, le tiers effectue tous les actes éducatifs nécessaires à l’enfant, comme le ferait à titre professionnel l’assistant familial. Ce dispositif est peu répandu en France (7% des placements), contrairement à d’autres pays comme la Belgique, la Grande-Bretagne ou l’Espagne.
Le plus souvent, en l’absence de tiers, le juge confie l’enfant au service départemental de protection de l’enfance qui désignera une famille d’accueil ou une maison d’enfants à caractère social (MECS) chargée de l’accueillir. La comparaison entre deux modes d’accueil familial, l’un par le tiers, l’autre par l’assistant familial met en exergue le statut particulier du tiers. Considérée comme relevant de la responsabilité de la famille, le travail éducatif revenant au tiers semble ne pas mériter salaire ! A contrario durant le courant du XXe siècle et plus particulièrement depuis le début des années 2000, un mouvement de professionnalisation des « nourrices » s’est mis en place, nous constatons donc une asymétrie importante entre personnes remplissant la même fonction de suppléance familiale. La communication présentera d’une part le statut de « tiers digne de confiance » en France et d’autre part, elle abordera les principaux résultats de la littérature britannique sur ce sujet en vue de la préparation d’une étude sur les placements chez des tiers dans la région. Quels sont les différences entre soutiens financiers et accompagnement des tiers par rapport à l’assistant familial ? Qu’est-ce qui mérite ou non un dédommagement ? Comment cette forme de solidarité familiale est-elle soutenue ou non par les travailleurs sociaux ?


Tilman Alexandra | Atelier 8, Session C

Aux Confins du travail industriel et des free parties. Quelques questions autour d’un film sociologique sur le travail industriel en recul et l’émergence d’une nouvelle marge

La thèse que je soutiendrai en février 2014, interroge les liens entre le travail industriel au Havre et l’émergence du mouvement des free parties et de la musique techno industrielle qui se sont développées dans les brèches de la désindustrialisation dans les années 1990. Cette thèse s’inscrit dans un travail de sociologie visuelle et filmique (groupe de recherche fondé par Joyce Sebag, qui est aussi ma directrice de thèse, et reconnu par l’AFS depuis septembre 2012). Elle comporte deux volets : un film documentaire et un travail écrit.
J’aimerais, dans le cadre de cette intervention, présenter une séquence de mon film, Cadences (38 minutes), qui traite de manière esthétique, sonore et visuelle, des liens entre un père ouvrier chaudronnier au Havre et de son fils, qui a choisi de s’investir dans la marge et de faire de la musique techno au sein du mouvement pirate que sont les free parties, ces fêtes techno clandestines. Il s’agit, au travers de ce travail, de penser les rapports de rupture et de transmission qui se sont tissés entre ce père fortement marqué par son identité d’ouvrier-chaudronnier, et son fils qui s’est construit en dehors du travail industriel auquel il était pourtant destiné de par sa trajectoire scolaire et qui a choisi de tenter de se réaliser ailleurs que dans ce schéma. Pourtant, cet environnement industriel et ouvrier se retrouve dans ses créations sonores, comme dans l’esthétique des fêtes pirates, comme on peut le voir dans le film. Il s’agira alors de questionner les différentes façon de « faire avec » un environnement marqué par le recul industriel lorsque l’on est soi-même issu d’un milieu ouvrier, dans l’opposition ou la résilience.


Torres Beatriz | Atelier 9, Session B

Vivencias cotidianas de jóvenes trabajadores en los servicios
La precarización laboral que se ha adueñado del mundo del trabajo global adquiere especificaciones en los espacios nacionales y regionales concretos. El objetivo de esta ponencia es presentar y discutir información empírica correspondiente a 150 entrevistas semiestructuradas, realizadas a trabajadores (as) de diversos grupos ocupacionales de los servicios en la ciudad de Mérida, Yucatán, localizada al sur de la república mexicana.
Se trata de un grupo de trabajadores muy heterogéneo en cuanto a su actividad : meseros, recepcionistas, cultoras de belleza, profesores de idiomas, entrenadores físicos, vigilantes, etc. Sin embargo, comparten las características de ser trabajadores asalariados o subordinados y pertenecer al grupo etario de los jóvenes.
El guión de entrevista utilizado para el acopio de información se centra, sobre todo, en captar las situaciones de trabajo, su quehacer laboral, sus condiciones de contratación y sus vivencias cotidianas respecto a su trabajo y sus expectativas de futuro. Se adelanta que, salvo pocas excepciones, todas ellas apuntan a una lejanía -en los márgenes- respecto a las características del trabajo asalariado.
Cabe señalar que las entrevistas forman parte de la fase de acopio de información del proyecto “Los trabajadores del terciario en la Mérida globalizada” que la autora lleva a cabo en la Universidad de Yucatán, México.


Messaoudi Ahmed, Touahri Miloud | Atelier 11, Session C

Gestion des conflits et liberté syndicale en Algérie
La question de la liberté syndicale et le droit de grève revient régulièrement sur le devant de la scène et interroge les professionnels du syndicalisme dans leur pratique quotidienne.
En Algérie le bouleversement organisationnel et technologique, auxquels les entreprises font face depuis une trentaine d’années, a profondément reconfiguré leur tissu social, mettant en question des formes traditionnelles de relations sociales et donnant naissance à des nouvelles formes de liens. Ces évolutions conduisent à s’interroger sur leur impact sur les différentes formes relations sociales. En assiste à un changement des pratiques dans la scène syndicale de la part des chefs d’entreprises (publics ou privé) et des acteurs syndicales (organisation). Celles-ci, dans un contexte de changement perpétuel, sont-elles source d’incertitude ou constituent-elles une sorte d’ancre ? Dans quelle mesure les acteurs ont-ils provoqué ces changements relationnels et comment les perçoivent-ils ?
La recherche présentée ici visait identifier les nouvelles caractéristiques dans ce sujet, soit une nouvelle structure de la division internationale du travail syndicale, laquelle contient des éléments historiques dans leurs processus, mais devient innovatrice au moment où elle s’appuie sur le réel. Sur fond de changement organisationnel permanent qu’il engendre, la configuration des relations sociales en entreprise joue un rôle non négligeable sur leur performance et permettra de mieux comprendre les transformations frappant le monde du travail. Cette question est le produit d’un constat de la part des chercheurs concernant les atteintes aux libertés syndicales et les conflits sociaux qui en découlent.
L’hypothèse présente dans cette recherche, de nature qualitative, a été basée sur la marge de liberté que dispose l’acteur syndical non seulement dans l’entreprise mais aussi dans l’organisation syndicale dans la gestion des conflits ?
S’attachant à décrire l’évolution du conflit social au cours des dernières années et à en reconnaître les traits spécifiques à l’époque contemporaine, l’intervention essaye de plaider pour l’intérêt de renouvelé la vision d’une dimension de la vie sociale qui non seulement reste d’actualité, mais prend des formes nouvelles, et qu’il convient de l’étudier.
- Comment les principes de la liberté syndicale sont-ils déclinés dans les différents établissements publics ?
- Quelle place occupe actuellement le conflit dans les rapports de travail ?


Garabige Alexandra, Trabut Loïc | Atelier 6, Session A

Les associations de l’aide à domicile face à la rationalisation budgétaire : comment agir pour préserver la qualité de l’emploi ?
Cette communication a pour objet l’analyse des conditions d’emploi et de travail dans un secteur situé au cœur d’un paradoxe : l’aide à domicile, plus spécifiquement dans les structures associatives. Alors même que ce secteur est présenté comme répondant à un enjeu politique majeur – fournir des services de qualité et faire face à des besoins croissants – les associations sont confrontées depuis plusieurs années à une contraction des financements publics et une demande de rationalisation de leur organisation. Quels sont les effets de ces injonctions des pouvoirs publics sur la qualité de l’emploi (conditions d’emploi, de travail...) dans ces structures dont l’activité est majoritairement dépendante des financements publics ? En particulier dans quelle mesure direction et représentants des salariés s’adaptent-ils pour maintenir une activité de qualité auprès des personnes dépendantes tout en évitant une dégradation de leurs conditions d’emploi et de travail ?
A partir de l’étude des formes de mobilisation et des stratégies d’adaptation de ces acteurs (dans leur activité concrète mais aussi face aux pouvoirs publics), nous mettrons en évidence les tensions et la difficulté pour concilier ces deux enjeux (qualité de l’emploi/du service), autour d’une réflexion sur leur capacité d’action et les niveaux d’intervention pour influer sur le centre de décision politique. Si les acteurs politiques jouent sur des dimensions qu’ils considèrent aux marges dans la rationalisation des dépenses, ces éléments émergent de manière centrale dans le travail des salariés.
Cette communication prend appui sur une enquête de terrain en cours menée dans une dizaine de structures associatives dans deux départements français. L’enquête est composée d’entretiens avec la direction et les représentants du personnel et d’une analyse documentaire (compte, bilans sociaux) permettant de mesurer l’impact des transformations dans les modes de financements sur l’emploi et les conditions de travail dans ce secteur.


Florin Bénédicte, Troin Florence | Atelier 1, Session C

Les récupérateurs de déchets à Casablanca : l’inclusion perverse de travailleurs à la marge
Après un travail, mené depuis 2007, sur les pratiques professionnelles des chiffonniers du Caire et leurs stratégies d’adaptation ou de résistance à la réforme du système de gestion des déchets, nous avons initié, en 2011, un nouveau terrain sur les pratiques des récupérateurs de Casablanca : ayant peu communiqué ou publié sur ce terrain, il nous semble intéressant de pouvoir le présenter aux JIST. Ce travail se fonde sur des entretiens qualitatifs conduits auprès des bouâra (terme dérivé d’« éboueur ») qui sillonnent la ville, à pied, en charrette ou camionnette, pour y récupérer, avant le passage des camions-bennes municipaux, les déchets recyclables qu’ils transportent dans les golssas, espaces de travail et d’habitat spécifiques qui ont fait l’objet de relevés cartographiques.
Ces récupérateurs, du fait de leur activité liée au déchet et des caractéristiques de leur espace de vie, sont clairement à la marge et considérés comme tels. Pour autant, leur travail est étroitement imbriqué au secteur formel qui fonctionne grâce à cette main-d’œuvre à bas prix dans une forme d’ « inclusion perverse » où l’exclu est pourtant à l’intérieur du système (Sawaia, 1999). D’autres bouâra récupèrent sur la grande décharge de la ville — qu’ils délestent d’une partie de ses déchets — où ils sont tolérés par les pouvoirs publics.
Nous analyserons dans notre communication les relations entre les acteurs (récupérateurs, secteur privé et pouvoirs publics) en mettant en exergue ce qui, dans les pratiques professionnelles et les façons de faire, brouille les frontières entre le formel et l’informel. La dimension spatiale — itinéraires des récupérateurs et des déchets, configurations de leurs espaces de vie/travail — appuiera également notre propos.


Tropia Patricia | Atelier 10, Session A

Avant qu’ils ferment les magasins il faut les occuper - formes de mobilisations et conflictualité dans le secteur du commerce
Considéré de manière inexacte comme un désert syndical, le commerce est un secteur dont les rapports sociaux et de classes, les modes d’emploi et de travail ainsi que les conflits existants au quotidien du travail sont peu connus. On ignore aussi les conflits « extraordinaires », c’est-à-dire les actions, luttes, mobilisations et grèves qui dénoncent les multiples aspects de la précarité et pénibilité du travail. Cette communication entend d’analyser le processus de mobilisation mené par les travailleurs du commerce d’un grand magasin de produits culturels en 2013, en mettant en relief la dynamique et les formes de conflictualité utilisées. Il s’agit de la lutte des travailleurs de Virgin, en raison du processus de liquidation de l’entreprise et du licenciement de plus de 1.000 salariés en France. En plus de la création d’une intersyndicale, les salariés ont mis en œuvre quelques formes de mobilisations : défilés, assemblées, grèves, culminant avec l’occupation des magasins dans plusieurs villes françaises. Les formes de luttes (d’abord l’occupation des entreprises des actionnaires et après l’occupation intégrale de 8 magasins, pendant 10 jours ; la pratique quotidienne de discussion, de faire des assemblées dans les magasins), misés en œuvre par les salariées, sont, par rapport les luttes traditionnelles dans le secteur, plus radicales. Même si les raisons « de vie ou de mort » puissent expliquer cette volonté de lutte, la dynamique des mobilisations, le travail des délégués, l’intersyndicale, l’expérience de quelques représentants syndicaux conduisent à la radicalité. Ces formes de luttes mettent en évidence le conflit capital et travail, la révolte accumulée des travailleurs, l’incertitude de l’avenir, mais aussi deux aspects importants : la disposition des militants d’organiser « les inorganisés » et aussi l’émergence de nouveaux animateurs pendant l’occupation, beaucoup plus disposés au combat, même après le fait accompli, c’est-à-dire la fermeture des magasins.


Ubbiali Georges | Atelier 10, Session A

Quand les marges sont au centre. Eléments sur la conflictualité à la Poste
L’entreprise publique est soumise depuis de nombreuses années à de multiples restructurations, sous l’injonction des décisions politiques nationales d’insérer les services publics dans un cadre néolibéral européen, visant à mettre en concurrence l’ensemble des entreprises relevant de cette catégorie (chemin de fer, poste…). Cette reconfiguration de l’entreprise, parallèle par ailleurs au déclin de l’activité courrier entraîne au niveau des différents services de multiples réorganisations de services, tendant vers une diminution des effectifs et une augmentation des charges de travail. C’est notamment le cas pour les facteurs qui perçoivent négativement l’évolution de leur métier et de son cadre organisationnel. De très nombreux micro-conflits émaillent la vie sociale de l’entreprise postale. A partir d’une étude localisée dans le Doubs (25), cette communication vise à mieux appréhender les reconfigurations de la conflictualité. A partir du cas de deux grèves assez atypiques, l’objectif est de saisir en quoi les marges de la conflictualité peuvent se traduire par des formes inédites de mobilisation de la part des facteurs. En effet, en l’espace de quelques mois, deux grèves localisées, impliquant un nombre réduit de personnel (moins de dix dans chacun des cas) mais de très longue durée ont émaillé ce département. La première s’est déroulée dans le canton de Quingey (périphérie de Besançon), durant 39 jours, en 2011. La seconde à Valentin (banlieue de Besançon) a duré 69 jours. L’objectif cette communication est de dessiner l’économie politique de cette forme de conflictualité (rôle des organisations syndicales, de la population et des élus, réaction de la direction de l’entreprise, mouvement de solidarité) afin de mieux saisir si l’on assiste à un épuisement de la contestation ou si ou contraire ces formes marginales peuvent être comprises comme annonciatrices d’un répertoire d’action renouvelé.


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vendredi 27 juin 2014

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