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lundi 10 février 2014
par  Fleuriel Sébastien
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Vachée | Vadot | Valeriano | Van Hootegem | Venco | Ventrici | Vermeerbergen | Vézinat | Ville | Vincent | Viudes de Freitas | Vivant | Vives


Vachée Cécile, Dansac Christophe, Gontier Patricia | Atelier 3, Session A

Le service civique volontaire : un cadeau empoisonné pour le monde associatif ?
L’emploi associatif est atypique. Les salariés associatifs pouvant être amenés à travailler avec des bénévoles et des volontaires, les questions d’engagement et de non-lucrativité les font évoluer dans un monde de l’entre-deux, aux interstices du travail et du bénévolat. Les travaux de Hély (1) et de Simonet (2) montrent combien il est difficile de différencier, sur le marché du travail, un bénévole d’un salarié et à plus forte raison d’un volontaire : statut hybride entre ces deux extrêmes du « halo du travail associatif » (3). Le travail présenté explore les transformations de ce travail associatif que la mise en place du « service civique volontaire » contribue à accentuer et légitimer. A partir d’une enquête par questionnaires auprès de volontaires et d’entretiens avec des salariés et des bénévoles d’associations, nous montrons que, loin d’ajouter des ressources humaines pour l’action, la présence de volontaires modifie le travail associatif et complexifie les rapports au travail. Les espaces de décision et de délibération de l’association sont recomposés, de nouvelles modalités d’échanges entre membres s’actualisent. Des difficultés à gérer cette ressource humaine plurielle naissent de nouvelles répartitions des tâches. Des postes salariés sont parfois dédiés à la gestion des volontaires et éloignent ainsi les salariés de leurs missions originelles. Cette dés(ré)organisation du travail s’opère alors que la visibilité des volontaires ne cesse d’augmenter via la rhétorique de l’engagement des jeunes pour l’intérêt général, alors que les difficultés d’emploi touchent une part croissante de cette catégorie de population. Cela contribue à opacifier le rôle joué par les associations dans la régulation macroéconomique. Dans un contexte de réduction des moyens et de craintes pour l’avenir des emplois, le monde associatif fait face à un nouveau défi. Les associations sauront-elles faire preuve d’innovation pour bénéficier de cette hybridation de la ressource humaine ?


Vadot Maude | Atelier 8, Session C

Structuration du domaine de la formation linguistique des migrants et conditions de travail des formateurs
Le champ de la formation linguistique et de base à destination des migrants s’est progressivement constitué, en France, comme un domaine institutionnel, professionnel et universitaire à part entière. Du réseau associatif des années 60, très peu subventionné, peu formé et peu professionnalisé, on a abouti à une structuration plus élaborée, composée d’organismes aux statuts variés, financés par des acteurs institutionnels à différents niveaux et employant des salariés en général formés (Adami 2009 et 2012 ; Leclercq 2010 et 2012). Les universités se sont elles aussi inscrites dans ce mouvement, développant des formations spécifiques. Enfin, les orientations des formations font désormais l’objet de réflexions à l’échelle institutionnelle, en lien avec les politiques d’immigration et d’intégration définies par l’Office Français de Immigration et de l’Intégration ainsi que la Direction de l’Accueil, de l’Intégration et de la Citoyenneté, dont témoignent par exemple la création par décret du label Français Langue d’Intégration (FLI) en octobre 2011 : on assiste à la promotion du « droit à la langue » (Etienne 2011).
Cependant, si les conditions d’apprentissage du français semblent s’être améliorées pour le public bénéficiaire, de grandes difficultés semblent demeurer pour les formateurs intervenant dans ces dispositifs ; sans que ces difficultés aient jamais fait l’objet d’une description tendant à l’exhaustivité et basée sur une enquête méthodique.
S’appuyant sur des entretiens menés avec dix-sept formateurs entre mars et mai 2013, ainsi qu’un relevé d’offres d’emploi effectué sur l’ensemble de l’année et une description des mécanismes actuels de fonctionnement du champ professionnel concerné, la communication proposée ici vise à combler ce manque. Elle s’attachera à décrire, en s’inscrivant la proposition dans l’axe 4 de l’appel à communications, comment la structuration du champ de la formation linguistique des migrants, basée sur le système des marchés publics depuis une dizaine d’années, influe sur les conditions de travail et le vécu professionnel et personnel des formateurs linguistiques. A travers la confrontation des données recueillies, on interrogera la notion de « norme » : les conditions de travail qui règnent dans le champ de la formation linguistique des migrants en font-elles un espace professionnel situé à la marge du domaine de la formation en général ? Quelle perception de la norme du travail les acteurs de ce domaine ont-ils ? On montrera d’autre part comment l’extension de ce système de marchés publics constitue une forme de sous-traitance des missions étatiques instaurées par la généralisation, en 2006, du Contrat d’Accueil et d’Intégration.


Valeriano Maya | Atelier 4, Session A

Le contrat de stage au Brésil : entre politiques d’insertion et sous-traitance des jeunes travailleurs.
Notre recherche vise l’analyse des transformations des politiques d’insertion de la jeunesse au monde du travail à travers d’une étude sur le travail d’étudiants stagiaires au Brésil. Nous avons l’intention d’évaluer le sens que le stage d’étudiant acquiert au fil du temps - l’impact sur la structure du marché du travail des jeunes, le rôle des stages pour les entreprises, et l’influence sur les stratégies de placement de ces jeunes dans un marché du travail en constante transformation. Comment définir un concept de stage, compte tenu de son double caractère : une activité de travail et de formation ? En comprenant les stagiaires comme des travailleurs qui sont en situation marginale en matière de protection juridique, il est mis en évidence dans notre analyse la transformation d’une législation spécifique. Crée en 1967 la loi du stage au Brésil a passé pour diverses processus de codification, jusqu’à une nouvelle loi en 2008.
La situation de l’emploi pour les jeunes au Brésil est caractérisée par une augmentation de la flexibilité contractuelle, accompagnées par un chômage élevé. Le stage incarne une contradiction, qui est le conflit entre la nécessité d’accroître le marché du travail et le modèle d’exclusion adopté pour atteindre cet objectif. Entre les politiques de l’emploi pour les jeunes au Brésil, se distingue la diffusion des contrats spéciaux : trainees, apprentissages, estagiaires, premier emploi. Le stage est défini comme une activité de formation, mais il a été intensivement utilisé par les entreprises, ce qui peut indiquer une distorsion de sa fonction éducative pour une relation de travail déguisée avec les droits réduits. Dans le contrat de stage, il n’y a pas de liaison de la relation d’emploi, et donc il n’inclut pas les jeunes travailleurs dans des relations de travail stables, ce qui leur permet d’élaborer des plans pour l’avenir.


Venco Selma | Atelier 6, Session D

La chaîne internationale de la soustraitance : nouvelle tendence de la division internationale du travail ?
L’objectif de cette communication est de discuter les nouvelles nuances de la division internationale du travail qui sont présentés au Brésil en prenant comme base de l’analyse deux types de travail très différentes en ce qui concerne à l’organisation du travail et aux qualifications professionnelles, à savoir : le télémarketing et la medicine. L’hypothèse de départ qui a guidé la recherche qualitative, était que seulment le travail répétitif et ceux qui nécessitent des travailleurs peu qualifiés seraient soustraité au Brésil . Cette communication visait à capturer un double mouvement présent dans ce processus : d’une part , de comprendre la participation des entreprises brésiliennes sur les marchés étrangers, en offrant des avantages commerciaux surtout à cause de la pratique des bas salaires et de la flexibilisation des contrats et des heures de travail ; de l’autre , d’analyser les entreprises étrangères , en cherchant à réduire les coûts par l’externalisation de certaines étapes du travail dans les pays semi- périphériques. Aux centre d’appels, les entreprises offrant le service au Brésil dans une langue étrangère ; et ont été analysés un laboratoire médical brésilien qui fournit des rapports médicaux par une clinique au Portugal.
Dans ce contexte, la dimension du genre est notement analysée : le télémarketing est largement féminisée au Brésil (89 %). Toutefois , on observe que lorsqu’elle est pratiquée dans une langue étrangère, car il est plus valorisé socialement et mieux payés, il est un metier plus masculin. La medicine traditionnellement exercés par des hommes est maintenant plus feminisée, en particulier pour les « spécialités cachés » . C’est à dire , la présence féminine est plus frappant dans les domaines de moindre prestige et de la valeur sociale , comme la pathologie et la radiologie domaines qui relèvent de la division internationale du travail.


Montes Cato Juan, Bosisio Walter, Delfini Marcelo, Picchetti Valentina, Ventrici Patricia | Atelier 11, Session C

Procesos de desindustrializacion y territorio en la ciudad de La matenza Argentinas
El proceso de reestructuración neoliberal dominó las transformaciones socio-económicas durante la década de los noventa en Latinoamérica y en algunos países como en Argentina su impacto fue profundo y desestructurador. A pesar del contexto de hegemonía neoliberal, la movilización obrera logró articular diferentes formas de resistencia y rearticulación de solidaridades tanto en los espacios productivos como por fuera de estos. Para poder dar cuenta de estos procesos de resistencia de los colectivos obreros hemos tomado como caso paradigmático lo sucedido en Argentina –en particular en un territorio empobrecido de Buenos Aires- focalizando el impacto y respuesta de los colectivos desocupados. Estos sectores fueron altamente afectados por el embate de la reestructuración y sin embargo pudieron construir formas alternativas de recomposición de lazos sociales y dar una respuesta desde el mundo del trabajo a los desafíos que el neoliberalismo los enfrentaba en el marco de las relaciones explotación situadas.

La experiencia de estas formas de organización son muestras de la vitalidad y la iniciativa de los sectores subalternos para desplegar respuestas innovadoras a los procesos de reestructuración social y económica de países periféricos.

Esta ponencia busca analizar desde una perspectiva de largo plazo los efectos de las políticas de reestructuración sobre la composición de la fuerza de trabajo en un país latinoamericano y en particular, las respuestas colectivas desarrolladas por los desocupados, en una mirada que permita reflexionar sobre las formas de lucha que llevan adelante estos sectores y el modo en que se despliegan en territorios específicos. El período analizado es 1991-2012, identificando dos sub-fases 1991-2003 y 2004-2012. Las preguntas centrales están destinadas a develar ¿cuáles fueron los modos específicos de recomposición de los colectivos de desocupados frente a la transformación de la relación capital-trabajo de las últimas dos décadas ? y ¿en qué sentido la politización de las clases subalternas en el período de hegemonía neoliberal construyó disposiciones para la acción que se materializaron en conquistas sociales y económicas en el último período de análisis ?


Vermeerbergen Lander, Van Hootegem Geert | Atelier 9, Session B

Ethnic segregation in job content
Objectives – The objective of this paper is to examine ethnic segregation in job content between 1995 and 2010 in the 28 Member States of the European Union. Previous research indicates that in Europe (1) employees are increasingly working in jobs with an unhealthy job content that induces the risk of physical and mental health problems (Greenan e.a., 2013), (2) ethnic minorities work more in jobs with an unhealthy job content than the native population (Diaz-Serrano, 2013) and (3) the composition of job content indicators is differently distributed in European countries (Greenan e.a., 2013). Consequently, the hypothesises of this paper is that ethnic segregation in job content varies across countries and simultaneously varies over time ;

Design – Repeated cross-sectional survey ;

Setting –This paper analyses the European Working and Condition Survey that is conducted between 1995 en 2010. The survey includes questions about the job content of employees ;

Participants – 29.296 employees across the different member states of the European Union ;

Methodology – Multilevel multivariate regression analysis.


Vézinat Nadège | Atelier 4, Session B

Jouer sur le flou : comment le travail d’arbitrage transforme le métier de conseiller financier de La Poste
A partir d’une double approche socio-historique et ethnographique, cette communication vise à analyser comment la libéralisation postale a entériné la coexistence de logiques issues du marché et du service public. Les tensions liées à la gestion de ces exigences contradictoires ont en effet largement été reportées sur les agents de l’entreprise et notamment les conseillers financiers soumis à des impératifs de vente en même temps qu’à une mission d’accessibilité bancaire. L’enquête menée auprès de conseillers financiers de la Banque Postale entre 2006 et 2009 étudie les modalités concrètes de résolution des tensions auxquelles sont confrontés ces agents qui ne réagissent pas de manière uniforme au processus normatif déterminant leur activité de travail.
En profitant des marges pour hiérarchiser les demandes organisationnelles qui leur sont faites et ainsi préserver leurs identités professionnelles et les missions y correspondant le plus, les conseillers financiers subissent un flou organisationnel, tout autant qu’ils peuvent en tirer des bénéfices. Même cette population de commerciaux, et donc de professionnels les plus susceptibles de porter la logique marchande, développe différents rapports au travail. Pour parvenir à respecter le sens donné à leur activité professionnelle, les conseillers financiers ont eux-mêmes la charge de négocier avec le « flou ». Ils jouent ainsi avec les avantages et les inconvénients de ce dernier.
Si le paradoxe et l’ambiguïté des discours et dispositifs de gestion apparaissent en général comme un outil du pouvoir managérial, l’objet de cette communication est de mettre en lumière qu’il existe également pour les agents étudiés des possibilités de tirer bénéfice du flou ou de résister à ce paradoxe par le travail d’arbitrage effectué par chacun, en refusant la double contrainte par exemple et en tranchant en faveur d’un seul des prescrits organisationnels quand c’est possible.


Sarfati François, Mignot-Gérard Stéphanie, Perrin-Joly Constance, Vézinat Nadège| Atelier 7, Session C

L’alternance aux marges de l’emploi. Expériences de cadres de la banqueRetour ligne automatique
Selon les termes de la loi du 28 juillet 2011, les apprentis sont des salariés. A ce titre, ils occupent un emploi et effectuent un travail qualifié puisqu’ils signent un contrat de travail d’une durée d’un à trois ans avec un employeur et suivent concomitamment une formation dans un établissement diplômant habilité. L’alternance est-elle alors perçue, conçue et vécue comme un emploi précaire, comme une modalité d’un parcours de formation et/ou comme un moyen de cumuler études, expérience professionnelle et salaire ? A partir d’une enquête quantitative et qualitative réalisée entre 2011 et 2013 auprès de trois Masters en finance, nous considérerons l’apprentissage comme un dispositif public de formation aux marges du travail et de l’emploi. Retour ligne automatique
Soucieux d’apprendre le plus de choses possible au cours de cette expérience, les apprentis sont amenés à travailler un nombre d’heures dépassant celui indiqué sur leur contrat de travail. Ils réalisent ainsi une socialisation anticipatrice (Merton, 1957, p. 233) au sens où ils se projettent dans le statut de cadre auquel ils aspirent et se conforment aux normes de ce groupe de référence. Ainsi, être diplômé d’un bac+5 dans le domaine de la finance et envisager d’y obtenir rapidement une position valorisée les conduit à s’engager de manière intense dans l’activité de travail.Retour ligne automatique
Cependant, dans le Master étudié, au-delà de l’investissement fourni, un clivage s’installe entre les étudiants selon leur expérience sociale. Les jeunes d’origines populaires, selon leur expérience (direct ou indirecte) de la précarité, prioriseraient l’emploi quand ceux issus des milieux plus favorisés favoriseraient le travail. Les premiers disent vouloir se battre pour rester dans l’entreprise et pour que la proposition qu’on leur fera corresponde bien à leur aspiration, tandis que les seconds, ceux dont le parcours nourri d’autres modèles de carrière, sont plus prompts à candidater dans un second Master, s’investir dans la recherche d’un VIE ou partir une année à l’étranger. Ce projet de report de l’entrée définitive dans la carrière professionnelle est toujours pensé comme un moyen de garnir un CV déjà bien rempli. Ces deux types d’aspiration (insertion immédiate ou prolongation de l’indétermination) ont alors des conséquences directes sur le rapport entretenu avec l’entreprise et le travail effectué en son sein. Pour les uns, la flexibilité offerte aux entreprises est une opportunité d’expérience supplémentaire, tandis que les autres ont conscience de l’existence d’un rapport de force en faveur des entreprises et d’un risque de précarité associé. C’est en ce sens que ces expériences de jeunes cadres de la finance nous permettent d’appréhender dans quelle mesure l’alternance se situe à la marge de l’emploi et du travail et comment la subjectivité des étudiants détermine le sens qu’ils donnent à leur passage par ce dispositif qu’est l’alternance.


Ville Sylvain | Atelier 3, Session A

La codification par le spectacle. Socio-histoire de l’émergence de la boxe professionnelle à Paris à la Belle Époque
La boxe anglaise s’implante en France au début du XXe siècle. Cette pratique d’abord partiellement tolérée et exclusivement amateur devient, rapidement, un sport engageant des sommes considérables. De manière concomitante, la boxe connait une mise en spectacle particulièrement poussée. Si ces éléments sont constatés dans les travaux historiques, ils ne sont pourtant jamais pris pour objet d’étude. De plus, le professionnalisme et la mise en spectacle de la boxe sont systématiquement abordés de manière isolée. A l’aide d’archives issues du monde du spectacle comme du monde du sport, cette communication s’efforce d’analyser ensemble ces deux phénomènes, à Paris à la Belle Époque. Nous montrerons que c’est la codification par le spectacle qui a fait émerger le professionnalisme pugilistique, défini à travers sa monétisation. En boxe, le professionnalisme n’apparaît pas à la suite de revendications des boxeurs eux-mêmes. Ce phénomène est d’abord le résultat de l’action des organisateurs de match qui définissent de plus en plus clairement un secteur jusque-là peu développé et peu exploité économiquement. La mise en spectacle accrue de ce sport conduit donc les organisateurs à la création d’un véritable marché, où les boxeurs peuvent monnayer leurs performances, où les organisateurs de combats louent et aménagent les salles traditionnellement réservées à d’autres spectacles (cirques, music-hall etc.) et où les spectateurs disposent d’un choix varié de catégories de places, jusque-là inexistantes. Ces quelques exemples (non-exhaustifs) tendent à indiquer que c’est bien la codification de l’activité par le spectacle a instauré un professionnalisme.
Au final, notre analyse vise à éclairer la genèse d’une activité professionnelle, située à l’intersection entre les sports et les spectacles traditionnels.


Vincent Fanny | Atelier 8, Session D

Travailler « en 12 heures » à l’hôpital public : phénomène aux marges du cadre normatif de travail ou nouvelle norme d’organisation du temps de travail ?
Depuis une dizaine d’années une forme de travail atypique croît dans les équipes soignantes des hôpitaux (chez les infirmier-e-s et aides soignant-e-s) : le travail en 12 heures d’affilée. Dérogatoires au droit du travail, les 12h bouleversent « la norme du compromis fordiste » qui réglait l’organisation temporelle du travail sur des plannings en 7h36 ou 7h50 pour les soignant-e-s travaillant de jour depuis le passage aux 35h.

Pris dans l’« accélération sociale du temps » , et face à la dégradation des conditions de travail dans un contexte d’austérité , maitriser son temps de travail est un enjeu pour les soignant-e-s de l’hôpital public. Et ce d’autant plus dans ce milieu où temps de travail est souvent synonyme de don de sa personne sans contre-don .

A partir d’une enquête ethnographique menée pendant plus de 3 mois dans divers services hospitaliers, ainsi d’entretiens avec les soignant-e-s, les cadres de santé, les syndicats, les médecins du travail et divers institutionnels, le tout réalisé dans le cadre d’une thèse engagée depuis octobre 2012, nous nous intéresserons aux effets des 12h sur les modes de structuration et de régulation du travail.
Nous montrerons que les 12h, par le fait qu’elles constituent pour de nombreux soignant-e-s un véritable acquis social, contribuent à la vaste désorganisation normative d’un « centre » constitué par des formes « typiques » de travail.
Plutôt qu’à la marge, les 12h seraient au contraire au centre d’une nouvelle relation de travail diluant la frontière entre légal et illégal, et souhaitée par les soignant-e-s pour une meilleure articulation des temps sociaux.


Viudes de Freitas Tais | Atelier 9, Session A

Les changements du temps de travail : une analyse des sphères du travail et de la famille
Le système de gestion adopté par les entreprises, en particulier depuis les années 1990 au Brésil, exige un plus grand engagement, et une plus grande disponibilité de la part du travailleur. L’organisation du temps de travail implique son contrôle strict (la standardisation de l’activité à partir de l’utilisation des systèmes informatiques) autant que son assouplissement (à partir des journées de travail flexibles et individualisées, ajustées en fonction du flux de production). Dans ce contexte, les jours, horaires et durées du temps de travail deviennent imprévisibles et incertaines. Ces stratégies ont une conséquence directe sur la façon dont le travail est ressenti, mais aussi sur la vie en dehors du travail, c’est-à-dire la vie quotidienne et familiale. Cette imprévisibilité est une source de mal-être et de souffrance parmi les travailleurs. Pour les femmes, ces effets sont intensifiés, car elles sont principalement responsables de concilier travail et famille. Cet article a pour but d’analyser les effets de ces stratégies de gestion du temps de travail sur l’activité, mais plus que cela, comprendre comment la demande pour un plus grand engagement et disponibilité du travailleur manipule aussi la vie en dehors du travail, en particulier la dynamique familiale. L’analyse se concentre sur deux activités spécifiques au Brésil : le travail en centre d’appel et en grande surface, en particulier des caissières d’hypermarché. Ces deux activités sont marquées par un contrôle strict (des corps, des gestes et des temps d’activité) et où le temps de travail est de plus en plus soumis à la flexibilité, à partir d’une variété des plannings, des heures supplémentaires, du travail pendant la nuit, les dimanches ou les jours fériés. Les résultats présentés font partie de l’enquête de doctorat en sociologie à l’Université Unicamp/Brésil, réalisée au moyen d’entretiens avec des travailleurs et des travailleuses de centres d’appel et de la grand distribution à São Paulo/Brésil.


Vivant Elsa | Atelier 7, Session D

Les jeunes diplômés autoentrepreneurs
Le régime de l’auto-entrepreneur, par ses ambigüités, ses conditions d’usage et d’accès interroge la notion de marge de plusieurs manières. Est-il un outil pour créer son entreprise par la marge ? un mode marginal d’insertion professionnelle ? l’instrument d’un confinement aux marges de l’emploi par le détournement du code du travail ? Cette communication présente les résultats d’une enquête menée auprès d’une population particulièrement exposée aux formes atypiques d’emploi dans un contexte de resserrement du marché du travail : les jeunes diplômés en insertion professionnelle. Ils ont recours au régime de l’auto-entrepreneur pour accéder à l’emploi, sans avoir d’expérience professionnelle préalable. Comment font-ils face à cette situation qu’ils n’ont, pour la plupart, pas choisie et qui est en décalage avec leur projet professionnel initial : devenir salarié ? L’enquête révèle les sentiments ambivalents de ces jeunes auto-entrepreneurs, reflétant les ambiguïtés du régime, de ses principes et objectifs originels. L’analyse des discours et accommodements qu’ils se construisent permet de comprendre le sens que ces auto-entrepreneurs donnent à leur travail et à leur situation. Les conditions d’entrée dans le régime, les modalités d’organisation du travail, les modalités et conditions d’exercice de l’activité, les projets professionnels, les etc… permettent d’identifier différentes significations du régime. Trois profils idéaux-typiques sont dégagés : auto-entrepreneurs subordonnés ; en insertion ; indépendants. Ils se distinguent par des rapports au travail et à l’emploi différents qui produisent des identités pour soi et pour autrui parfois divergentes entre salariat, activité, indépendance et professionnalisme.


Pillon Jean-Marie, Vivès Claire | Atelier 4, Session A

La formalisation de l’accompagnement des demandeurs d’emploi et ses transgressions.
Les évolutions des politiques d’emploi à la fin du XXe siècle ont conduit à faire de l’accompagnement des demandeurs d’emploi un levier jugé déterminant du retour à l’emploi. En France, l’accompagnement fait l’objet de prescriptions précises dans les textes législatifs et conventionnels et au sein des opérateurs publics et privés. Cette formalisation témoigne du rôle assigné aux intermédiaires du marché du travail et aux demandeurs d’emploi par les pouvoirs publics. Dans le cadre de différents programmes « d’activation », les opérateurs publics et privés de placement sont commandités pour mettre en œuvre un encadrement des demandeurs d’emploi fondé sur l’aide et sur le contrôle de la recherche d’emploi. En retour, il est attendu des demandeurs d’emploi qu’ils s’approprient ces dispositifs pour construire une recherche d’emploi « positive », qui n’est pas nécessairement synonyme de « retour à l’emploi ».
La prescription du volume d’activité (corrélée au nombre de demandeurs d’emploi) se double d’une prescription de la qualité attendue de ce travail d’accompagnement (personnalisation, mises en relation, prestations etc.). Ces injonctions sont contrôlées par des indicateurs de performance pour l’opérateur public et par des mécanismes d’encadrement marchands pour les opérateurs privés.
Notre communication analyse conjointement la formalisation de l’activité d’accompagnement par les prescripteurs et les transgressions de ces prescriptions par les accompagnateurs. Ces derniers – aussi bien privés que publics – en réponse aux dispositifs de formalisation de la quantité et de la qualité de l’accompagnement des demandeurs d’emploi, élaborent des procédures destinées aussi bien à prouver à leurs tutelles qu’ils mettent en œuvre les prescriptions, qu’à contourner cette formalisation et mettre en place un suivi des demandeurs d’emploi plus approprié à leurs moyens humains et matériels.
Ce travail montre finalement la difficulté pour l’Etat de rationnaliser le traitement des franges marginales de la population des chômeurs, ceux dont l’employabilité est jugée la plus faible.


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vendredi 27 juin 2014

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